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Le parti de Poutine se réunit en pleine campagne de répression contre l'opposition

Vladimir Poutine.

Le président russe Vladimir Poutine.

Photo : Getty Images / MIKHAIL KLIMENTYEV

Agence France-Presse

Le parti Russie Unie de Vladimir Poutine tient samedi son congrès en vue des élections législatives de septembre, dont la principale force d'opposition, celle d'Alexeï Navalny, a été exclue après des mois de répression.

Le maître du Kremlin s'exprimera en personne lors de l'évènement aux côtés de Dmitri Medvedev, chef officiel du parti et ancien président russe.

Malgré une flambée des cas de COVID-19 dans la capitale, le parti a maintenu le congrès, mais a divisé par trois le nombre de représentants attendus, environ 500, qui devront disposer d'un test négatif et pourront se faire vacciner sur place.

Lors du congrès, le parti doit annoncer les lignes directrices de son programme et la liste de ses candidats, après la tenue de primaires internes au printemps.

Ces dernières années, Russie Unie, qui contrôle la majorité de la Chambre basse du Parlement, a vu sa popularité déraper sur fond de stagnation économique, de lassitude des électeurs et d'affaires de corruption.

Selon l'institut public de sondages Vtsiom, sa cote de popularité tourne autour de 30 %, soit 10 % de moins qu'avant les législatives de 2016. La chambre des députés, où le parti est ultra-majoritaire, a tout juste 34 % d'opinions favorables contre 60-65 % pour Vladimir Poutine.

Le pouvoir se dit néanmoins serein. C'est une bonne base de soutien que nous pourrons encore augmenter lors de la campagne, a assuré début juin Dmitri Medvedev.

Les trois partis de l'opposition parlementaire, généralement dociles et soutenant les initiatives du Kremlin (les communistes, le parti ultranationaliste LDPR et la formation Russie Juste) réuniraient environ 30 % des suffrages, d'après Vtsiom.

Campagne de répression contre l'opposition

Les autorités ont, à l'approche de la campagne électorale, multiplié les attaques contre leurs vrais détracteurs, en particulier les organisations d'Alexeï Navalny, qui ont été déclarées extrémistes et interdites le 9 juin. Ses membres ont en outre été bannis des législatives.

M. Navalny, incarcéré en janvier, purge une peine de deux ans et demi de prison dont il a écopé peu après avoir survécu à un empoisonnement en août 2020 qu'il attribue au Kremlin.

Le principal opposant à M. Poutine s'est fait un nom avec ses enquêtes retentissantes sur la corruption des élites russes, visant en particulier les élus de Russie Unie.

Alexeï Navalny.

L’opposant russe Alexeï Navalny au tribunal de Moscou, le jour où il a été condamné à trois ans et demi de prison.

Photo : Reuters

Les partisans de M. Navalny comptent encore pouvoir promouvoir un vote intelligent, appelant à voter pour n'importe quel parti pouvant battre Russie Unie.

Cette tactique a déjà remporté un certain succès lors d'élections locales. Mais elle pourrait être mise à mal par la liquidation de l'important réseau de bureaux régionaux de l'opposant.

Par crainte de poursuites, plusieurs alliés de Navalny ont dû quitter le pays ces derniers mois tandis que la répression touche aussi d'autres opposants et des médias indépendants.

Récemment, la police a arrêté Dmitri Goudkov, qui a finalement fui en Ukraine et renoncé aux législatives. L'ancien responsable du mouvement Open Russia, Andreï Pivovarov a été arrêté, tout comme un élu local de Saint-Pétersbourg, Maxime Reznik.

L'opposant tient un microphone devant des manifestants.

L'ancien responsable du mouvement Open Russia, Andreï Pivovarov, lors d'une manifestation en 2017.

Photo : Reuters / IGOR RUSSAK

Les trois hommes ont en commun d'avoir annoncé vouloir se présenter aux élections de septembre.

Lors du vote, le parti Russie Unie pourra en outre compter sur son implantation à tous les échelons du pouvoir. L'opposition l'accuse ainsi à chaque élection de forcer les fonctionnaires à voter pour lui.

Le scrutin doit se tenir du 17 au 19 septembre, officiellement pour assurer une sécurité optimale face à la COVID-19. Mais des critiques du Kremlin y voient un moyen de faciliter la triche, l'observation du vote et des urnes pendant trois jours et deux nuits étant très difficile.

À l'été 2020, un référendum constitutionnel ayant autorisé Vladimir Poutine à rester au pouvoir jusqu'en 2036 s'était déjà déroulé sur une semaine. Des urnes de fortune avaient alors été installées en extérieur, sur des bancs publics ou dans des cours d'immeubles.

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