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Le soutien au Parti progressiste-conservateur en déclin au Manitoba selon un sondage

Brian Pallister est photographié en gros plan; il a un air sérieux et son regard est tourné vers le bas.

La prochaine élection du gouvernement provincial aura lieu en octobre 2023. (archives)

Photo : La Presse canadienne / John Woods

Alexia Bille

La popularité du Parti progressiste-conservateur du Manitoba (PC), actuellement au pouvoir, est en baisse dans la province selon un récent sondage.

Si une élection devait se tenir demain, le PC perdrait la gouvernance de la province au profit du Nouveau Parti démocratique du Manitoba (NPD), mené par Wab Kinew.

C’est ce que révèle un sondage effectué pour le compte du quotidien Winnipeg Free Press par Probe Research Inc. auprès de 1000 Manitobains de profils variés.

Lors des dernières élections provinciales, en septembre 2019, 47 % des Manitobains soutenaient le PC et 31 % se tenaient derrière le NPD.

Ce nouveau sondage, réalisé du 2 au 11 juin, inverse les rôles. Le NPD serait maintenant soutenu par 47 % des électeurs alors que seuls 29 % des répondants ont déclaré toujours favoriser le PC.

Graphique montrant les intentions de vote des Manitobains au fil du temps.

Le NPD est désormais en tête des intentions de vote, devant le PC.

Photo : Radio-Canada / Graphistes

Ce renversement de situation est loin d’être une surprise pour le professeur de sciences politiques à l’Université de Saint-Boniface, Mamadou Ka.

Ce sont des chiffres qui reflètent la frustration des Manitobains devant toutes les politiques avancées dernièrement par le PC, explique M. Ka. Les gens ne sont pas contents.

Le professeur évoque notamment le projet de loi 64 sur l’éducation comme source de mécontentement.

La loi 64 ne fait pas l'unanimité, même chez les francophones à qui l'on donne pourtant le droit de garder leur division scolaire. Il y a encore des éléments confus [...], mais beaucoup de personnes sont prêtes à combattre ce projet, ajoute-t-il.

Mamadou Ka pense également que la gestion de la pandémie est à mettre en cause dans cette baisse soudaine de popularité.

Certains pensent qu’il y a des moments où il aurait fallu fermer, mais où le premier ministre a laissé les commerces ouverts, analyse M. Ka. La situation avec les infirmières au bord de la grève et le transport de nos malades dans d’autres provinces font aussi en sorte que les gens se posent des questions.

À partir du moment où vous savez que la population qui vous a mis au pouvoir n’est pas contente, vous allez en payer le prix. C’est ça la politique.

Une citation de :Mamadou Ka, professeur de sciences politiques à l'Université de Saint-Boniface

Le PC subit une baisse des intentions de vote dans de multiples régions à travers la province, mais notamment à Winnipeg où le NPD est majoritaire dans tous les quartiers.

Le NPD commence à reprendre son fief, la ville de Winnipeg. Le gros risque pour le PC c’est de perdre tous ses sièges en ville et là, ce serait la catastrophe, dit le professeur.

Si vous regardez le sondage, le PC est à 32 % au niveau rural, le fief du parti. Si même dans leur fief le parti n’arrive pas à conserver ses sièges, on risquerait de vivre une situation où le parti sera presque rasé de la carte, prévient-il.

Baisse de popularité auprès des femmes

L’électorat féminin favorise majoritairement le NPD avec 55 % des intentions de vote contre 21 % pour le PC. En comparaison, les hommes de la province soutiennent à 40 % le NPD, et à 37 % le PC.

Tableau montrant les intentions de vote au Manitoba en juin 2021.

Les femmes sont plus nombreuses à soutenir le NPD que les hommes.

Photo : Radio-Canada / Graphistes

Beaucoup d'analystes et de chercheurs vous diront que les femmes ont certains enjeux à cœur tels que l'éducation, la petite enfance et la santé. [...] C'est une sorte de préjugés, mais c’est vrai jusqu’à un certain point, avance Mamadou Ka.

M. Ka estime que la récente opposition à la réforme de l’éducation ainsi que les manifestations pour le financement des garderies jouent un rôle dans la baisse du soutien au gouvernement progressiste-conservateur chez les femmes.

Il faut que le Parti se lance dans des réconciliations politiques avec le milieu de la santé, de la petite enfance et avec son économie sinon ça sera l'hécatombe, suggère le professeur.

Un retour encore possible

La personne même de Brian Pallister ne fait pas l’unanimité et si la tendance se maintient, le parti aura beaucoup de problèmes, anticipe-t-il.

Pourtant, Mamadou Ka ne croit pas que les néo-démocrates devraient se réjouir trop vite. À deux ans des prochaines élections, on en est encore très loin. Le seul sondage qui marche réellement est celui de la journée des élections, déclare M. Ka.

La chose qu’il faut se demander, c’est : est-ce que le PC aura le courage de changer les choses entre aujourd'hui et octobre 2023?

Une citation de :Mamadou Ka, professeur de sciences politiques à l'Université de Saint-Boniface

Pour le professeur, le salut du Parti passe par la fin de la pandémie et la reprise de l’économie, ainsi que le retour sur certaines politiques impopulaires. Il faut enclencher la marche arrière pour certains projets qui sont sur la table et il faut une sorte de réconciliation. Je pense que la relance peut aider à tempérer les esprits, conclut Mamadou Ka.

La prochaine élection du gouvernement provincial aura lieu en octobre 2023.

Méthodologie

Le sondage a été effectué en ligne auprès de 1000 Manitobains et Manitobaines du 2 au 11 juin 2021. La marge d’erreur est de plus ou moins 3,1 %, 19 fois sur 20.

Avec les informations de Patrick Foucault

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