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Commémoration de l’ancien pensionnat : un devoir de mémoire appelé à être bonifié

Un monument et une affiche en commémoration des pensionnats autochtones.

Le lieu de commémoration est situé directement sur le site de l'ancien pensionnat, à l'entrée du chemin du Domaine-des-Rêves, près du lac La Motte.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Martin Guindon

Le lieu de commémoration de l’ancien pensionnat autochtone de Saint-Marc-de-Figuery a été aménagé en 2013 pour ne pas oublier. Un devoir de mémoire appelé à être bonifié au cours des prochaines années.

Ce lieu de commémoration s’inscrit dans le processus de guérison des anciens du pensionnat. D’ailleurs, il est né lors de l’événement Kike8in Mikana, qui signifie le Chemin de la guérison. Il a été aménagé sur une parcelle de terrain acquise par le Conseil de la Première Nation Abitibiwinni, directement sur le site de l’ancien pensionnat. Un monument commémoratif rappelle le passage des Anishinabeg et des Atikamekw au pensionnat, de 1955 à 1969.

On avait fait le monument et on voulait l’installer à Pikogan. Mais tous les gens du pensionnat disaient: c’est là-bas que ça s’est passé, c’est là-bas qu’il sera. Alors on l’a installé là-bas, se souvient Johnny Wylde, coordonnateur des anciens au Centre de santé de Pikogan.

Un monument en granit noir avec des inscriptions en français et en anishnabe.

Le monument en granit noir rappelle en quelle occasion il a été dévoilé, puis reprend une phrase de l'Atikamekw Richard Niquay. On y retrouve aussi le logo de l'événement créé par Isabelle Mapachee.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Un site à bonifier

Un comité d’une dizaine de personnes, dont des anciens du pensionnat de Pikogan et de Lac-Simon, cherche des façons de bonifier le site et ses enseignements. Depuis 2013, deux panneaux d’interprétation jettent un peu de lumière sur la réalité des pensionnats. Mais ils n’ont pas l’intention d’en rester là.

Il va se passer quelque chose. On travaille là-dessus. On veut que ce soit bien fait. Le but, c’est de dire la vérité à eux autres, que les gens sachent c’est quoi les pensionnats. Depuis ce qui s’est passé là-bas, à Kamloops, les gens commencent à dire: c’est tu vrai? Ils voient quelque chose. C’est terrible, explique Johnny Wylde.

On envisage notamment la tenue d’une activité annuelle autour du solstice d’été. Ce sera aussi le point de départ de la marche symbolique qui rendra hommage demain aux 215 enfants dont les restes ont été découverts sur le site de l’ancien pensionnat de Kamloops.

Pour Johnny Wylde, il est important de ne pas oublier. Il faut se souvenir. Si tu lis le monument, c’est ça que ça veut dire. On essaie de ne pas être rancuniers à cause de ça, mais il faut essayer de ne pas le mettre dans l’oubli non plus, essayer de se souvenir de ça. C’est tout écrit, c’est pour ça qu’on a mis cette phrase-là d’un Atikamekw. Il faut garder en souvenir, ne pas oublier, pareil comme l’armée, on n’oublie pas, affirme-t-il.

La Municipalité en soutien

La Municipalité de Saint-Marc-de-Figuery est prête à jouer un rôle dans le développement du lieu de commémoration. Un rôle plus effacé, en soutien et à l’écoute des besoins de la communauté de Pikogan, comme elle le fait depuis 2013. Elle est ouverte à analyser toutes les demandes qu’elle recevra.

Un panneau historique avec texte et images sur les pensionnats pour Indiens.

Deux panneaux d'interprétation jettent un éclairage sur la réalité des pensionnats autochtones, dont celui de Saint-Marc-de-Figuery.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Déjà, elle redirige les gens qui cherchent le site de l’ancien pensionnat, puisque celui-ci ne fait encore l’objet d’aucune signalisation routière. Les gens s'arrêtent à notre attrait, qui est le parc Héritage, et on est en mesure de les diriger. On voit déjà un engouement des gens d’en savoir plus et de vouloir aller sur le site, explique Jocelyne Bilodeau, agente de développement local à la Municipalité.

Pour sa part, le maire Daniel Rose ne cache pas qu’il aimerait bien voir la part du terrain du pensionnat qui n’appartient pas à Pikogan être aussi mise en valeur. Moi, je verrais, vu que c’est zoné forestier, un beau parc là. Je pense que ça se prêterait bien à ça. Sauf qu’il faudrait acheter le terrain. Je souhaiterais que ce soit ça qui se fasse dans ce secteur-là. Avoir ça à Saint-Marc, ça serait gagnant. Et la parcelle de Pikogan pourrait très bien s’intégrer, croit-il.

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