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La police d’Ottawa se dotera d’un conseiller en violence faite aux femmes

Police d'Ottawa

Le Service de police d'Ottawa souhaite embaucher une personne maîtrisant le français et l'anglais. (archives)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Au Québec, 13 femmes ont été tuées depuis le début de 2021. Mardi, à Ottawa, Hanadi Mohammed a perdu la vie aux mains d’un homme qui l’aurait poignardée et aurait sérieusement blessé une autre femme. Pour lutter contre la violence faite aux femmes, le Service de police d’Ottawa (SPO) est en voie de se doter d’un conseiller spécialisé dans le dossier.

La personne qui obtiendra le poste permanent deviendra une ressource experte en matière de violence faite aux femmes.

L’idée de ce poste, ce n’est pas d’avoir quelqu’un qui peut complètement changer la culture, explique Erin Leigh, directrice générale de la Coalition d’Ottawa contre la violence faite aux femmes. Cette personne [pourra] avancer des projets pour mieux répondre aux incidents de la violence faite aux femmes.

L’objectif du SPO est d’améliorer et de renforcer la prévention, l’intervention et le soutien aux victimes.

Parmi les critères d’embauche, il y a le bilinguisme, soit la maîtrise des langues française et anglaise tant à l’oral, qu’à la lecture et à l’écrit.

Depuis longtemps, il y a des problèmes avec la police qui ne donne pas de services en français, soutient Mme Leigh. Dans une ville comme Ottawa, une ville bilingue, et ainsi avec beaucoup d’autres familles qui parlent beaucoup d’autres langues, c’est un vrai problème pour les survivantes.

Selon elle, pouvoir s’exprimer dans sa première langue pour dénoncer la violence est une question d’égalité. Même si une survivante parle bien anglais […] qu’elle veut rapporter à la police ce qui est arrivé, être forcée de faire ça dans une deuxième langue, ce n’est pas vraiment juste, dit-elle.

Il faut croire les femmes. Il faut croire les survivantes. Si on ne les croit pas, on ne peut pas prévenir un féminicide.

Une citation de :Erin Leigh, directrice générale de la Coalition d’Ottawa contre la violence faite aux femmes

L’ajout de ce poste fait partie des objectifs du Plan d’action équité, diversité et inclusion 2020-2022 du SPO.

On doit prendre plus soin des survivantes comme communauté, et il faut faire beaucoup plus et trouver des options qui ne sont pas seulement d’appeler le 9-1-1, rappelle Mme Leigh. Il faut que la femme subisse la violence pour que la police réponde. Il y a un problème avec ça.

Un pas dans la bonne direction

L’ajout d’un poste au sein du SPO en matière de violence faite aux femmes est un premier pas dans la bonne direction, selon Maïra Martin, directrice générale d’Action ontarienne contre la violence faite aux femmes.

La violence conjugale, partout dans la société, est très mal comprise et il y a encore beaucoup de stéréotypes. C’est vrai chez le public […], mais c’est aussi vrai dans les services policiers où il peut y avoir une tendance à minimiser certains comportements.

Si l’intervention de femmes est importante auprès des victimes du même sexe, selon l’organisme, la question de la langue l’est tout autant.

La femme est interviewée sourit devant des drapeaux.

Maïra Martin, directrice générale d'Action ontarienne contre la violence faite aux femmes (Archives)

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

C’est extrêmement important que ce soit une personne qui parle parfaitement français, parce que pour une femme francophone, ne pas avoir le sentiment d’être comprise pleinement […] ça peut couper la ligne de communication, fait valoir Mme Martin. Ça peut mener à des ratés des services de police.

Action ontarienne contre la violence faite aux femmes a d’ailleurs complété une cartographie des services offerts en français aux femmes à travers la province. Il y a des manques de services partout, à Ottawa, dans la région de l’est, mais aussi dans les autres régions.

La pandémie, une recette pour la violence faite aux femmes

La pandémie de COVID-19 a eu pour effet d’augmenter la violence conjugale, selon Mme Martin.

Toutes les mauvaises recettes pour la violence étaient réunies dans le cadre de la pandémie, estime-t-elle. Ce sont des femmes qui se sont retrouvées chez elles, avec un conjoint violent ou avec un membre de leur famille violent et elles se sont retrouvées enfermées littéralement 24 h sur 24 avec cette personne-là et avec très peu de contact avec l’extérieur.

Le nombre de femmes tuées par un conjoint ou un ex-conjoint en Ontario est en augmentation.

Depuis le mois de janvier, en Ontario, on a comptabilisé 22 féminicides, et cette liste est très très partielle. […] Ce serait possible que ce soit plus, ajoute Mme Martin. C’est extrêmement élevé, et extrêmement inquiétant.

C’est une augmentation de 69 % par rapport à l’an dernier, à la même date, où 13 féminicides avaient été recensés par l’Association des maisons de transition et d’hébergement de l’Ontario.

Avec les informations de Nafi Alibert

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