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Linda O'Leary avait consommé de l'alcool à l'arrivée de la police

On ignore toutefois si Mme O'Leary a consommé de l'alcool après ou avant l'accident.

Kevin O'Leary et Linda O'Leary posant l'un à côté de l'autre pour une photo.

Kevin O'Leary en compagnie de son épouse, Linda O'Leary.

Photo : Reuters / Danny Moloshok

Jean-Philippe Nadeau

Une policière affirme vendredi au procès de Linda O'Leary à Parry Sound que l'accusée était hostile et qu'elle avait bu le soir où la police l'a rencontrée après l'accident mortel du 24 août 2019.

L'épouse de Kevin O'Leary est accusée de conduite imprudente relativement à une collision entre deux bateaux, qui a fait deux morts sur le lac Joseph près de sa résidence dans les Muskoka. Aucune accusation de conduite avec les facultés affaiblies n'a été déposée à son endroit.

La policière Breanne Marr, de la Police provinciale de l'Ontario, affirme qu'elle est arrivée à la résidence des O'Leary vers 0 h 20, soit 45 minutes environ après la collision entre le bateau des O'Leary et l'embarcation des deux victimes.

Les O'Leary avaient réussi à ramener leur bateau chez eux, d'où ils ont appelé le 911, parce que certains de leurs amis avaient été légèrement blessés lors de l'accident.

Mme O'Leary avait des douleurs au pied droit et Allison Whiteside avait une lacération sur le front. Une ambulance avait été dépêchée chez les O'Leary, et une autre un peu plus loin sur la rive du lac, où les deux victimes ont reçu en vain les premiers soins.

Illustration judiciaire du juge Humphrey.

Le juge Richard Humphrey, de la Cour de justice de l'Ontario, préside les audiences, en personne, au palais de justice de Parry Sound.

Photo : Radio-Canada / Pam Davies

L'agente Marr souligne que le fils de l'accusée, Trevor O'Leary, l'a rencontrée dans l'entrée de garage et l'a conduite auprès de son père qu'elle a aussitôt interrogé sur le quai, seul, pendant 10 minutes.

Elle explique qu'elle interrogera finalement M. O'Leary à trois reprises cette nuit-là au sujet de ce qui s'était passé, en le prévenant que tout ce qu'il lui confierait pourrait être retenu en preuve contre lui.

L'agente Marr affirme qu'ils ont discuté notamment de la vitesse à laquelle sa femme conduisait ce soir-là et de la visibilité de l'embarcation accidentée au moment de la collision.

État et attitude de l'accusée

Dès son arrivée, la policière rapporte avoir vu Mme O'Leary entourée de quatre jeunes adultes dans le hangar à bateaux, mais indique qu'elle ne lui a pas parlé.

J'avais d'autres témoins à voir et à interroger et nous attendions l'ordre de boucler les lieux pour les fins de l'investigation et l'inspection de leur bateau, dit-elle.

L'agente Marr affirme qu'elle a ensuite rencontré Mme O'Leary, qui était alors allongée sur le lit à l'étage du hangar à bateaux.

Il y avait un verre de vodka au 3/4 vide à son chevet et elle a expliqué qu'on lui avait conseillé de boire un verre après l'accident pour s'en remettre, se souvient-elle.

Une résidence secondaire luxueuse dans les Muskoka.

Le hangar à bateaux chez les O'Leary avec leur résidence principale en hauteur.

Photo : Radio-Canada / CBC

Elle assure que la jambe droite de Mme O'Leary était sortie du lit, hors des couvertures, et que son pied paraissait enflé. Elle précise avoir vu un alcootest sur le lit, lequel affichait une alerte rouge, signe qu'elle avait bu de l'alcool.

J'ai compris que l'agente Michelle Ingham lui avait fait passer en mon absence un test d'alcoolémie, poursuit-elle en précisant qu'elle était restée dans le cadre de porte et qu'elle ne pouvait dire si l'accusée sentait l'alcool ou non.

Mme O'Leary nous a dit que c'était un mélange d'eau et de vodka, mais j'ignorais la quantité d'alcool qui s'y trouvait, poursuit-elle.

La policière ajoute néanmoins que Mme O'Leary était hostile par le ton de sa voix, qu'elle ne voulait plus parler à la police et qu'elle ne souhaitait plus rien dire.

Elle déclare qu'elle a ensuite interrogé, vers 3 h 30, un des passagers qui étaient à bord du bateau des O'Leary. Allison Whiteside était revenue de l'hôpital, où elle avait été traitée pour une blessure à la tête.

Alison Whiteside était intoxiquée, elle sentait l'alcool et avait de la difficulté à parler, elle a refusé de terminer sa déposition, déclare-t-elle en ajoutant que la femme ne voulait plus avoir affaire avec la police.

Une illustration judiciaire de l'avocat Brian Greenspan.

L'avocat Brian Greenspan représente Linda O'Leary.

Photo : Radio-Canada / Pam Davies

Dans son contre-interrogatoire, la défense de Mme O'Leary a pris soin de rappeler l'heure à laquelle l'agente Marr a rencontré toutes les personnes qu'elle dit avoir interrogées cette nuit-là.

L'avocat Brian Greenspan laisse ainsi entendre que Mme O'Leary a pris un verre après l'accident, une fois qu'elle était revenue chez elle.

L'agente Marr a effectivement reconnu qu'il s'était écoulé 52 minutes entre le moment où elle avait vu Mme O'Leary une première fois dans le hangar à son arrivée et le moment où elle l'avait vue étendue sur le lit.

Témoignages des secouristes

Deux ambulanciers avaient témoigné plus tôt qu'ils n'avaient rien senti d'anormal dans l'haleine ou sur les vêtements de Mmes O'Leary et Whiteside, lorsqu'ils ont examiné leurs pupilles de près avec une mini lampe de poche.

Un de ces ambulanciers, Kyle Dasovic, a expliqué que Mme Whiteside avait accepté de se rendre à l'hôpital par ambulance pour s'assurer qu'elle n'avait pas subi de commotion ou de traumatisme crânien.

Il affirme en revanche que Mme O'Leary a refusé d'aller à l'hôpital avec eux : Je lui ai alors fait signer la décharge d'usage sur le non-consentement des patients, se souvient-il.

Il ajoute que Mme O'Leary et son conjoint lui ont assuré qu'elle se rendrait à l'hôpital plus tard pour voir si son pied était cassé.

Plusieurs témoins à bord de l'embarcation accidentée ont par ailleurs affirmé cette semaine au cours du procès que les lumières de leur bateau étaient bien allumées et que Mme O'Leary conduisait vite juste avant la collision mortelle, entre 35 et 48 km/h.

Le procès reprendra à la mi-juillet après une pause d'un mois.

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