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Pandémie, départ et enjeux locaux pour Pascal Bérubé

Pascal Bérubé entouré de cinq des députés de son caucus.

Le caucus de la troisième opposition à l'Assemblée nationale ne compte plus que sept députés (archives).

Photo : Radio-Canada / Gracieuseté

De retour dans sa circonscription de Matane-Matapédia depuis quelques jours, le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, revient sur la dernière session parlementaire.

Pour M. Bérubé, l’année aura commencé de la même manière que sa fin de session, soit par les bons mots du premier ministre François Legault à son égard.

Animateur d’un jour sur les ondes de la radio communautaire CKMN de Rimouski en janvier dernier, le député y a interviewé le premier ministre.

Vendredi dernier, c’est par les compliments du premier ministre à son égard que s’est terminé son travail parlementaire.

Il admet être toujours courtisé par la Coalition avenir Québec (CAQ), mais attribue surtout les fleurs du premier ministre à la longue amitié qui les unit.

Cette bonne entente lui permet, selon le député péquiste, d’avoir une bonne collaboration de l’ensemble des ministres. Quand c’est moi qui interviens ou quand c’est mon bureau, on a toujours rapidement un suivi. C’est peut-être, rigole-t-il, parce que c’est moi qui pose les questions à l'Assemblée nationale.

Tout ce qui sert ma circonscription, c’est bon.

Une citation de :Pascal Bérubé, député de Matane-Matapédia
Le premier ministre du Québec, François Legault.

Le premier ministre François Legault a eu de bons mots à offrir à Pascal Bérubé au cours de la dernière session (archives).

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Enjeux locaux

Le député se dit heureux de la conclusion de plusieurs dossiers dont l’argent supplémentaire pour la rénovation de l’aéroport de Matane, les nouveaux investissements dans les fonds de revitalisation des trois MRC de sa circonscription ou les fonds obtenus pour la construction du gymnase au Centre matapédien d’études collégiales (CMEC) ou pour augmenter le nombre de places en garderie à Matane et à Amqui.

De l’argent pour des infrastructures a aussi été obtenu pour Saint-Léandre, Saint-René, Les Méchins, pour la Matamajaw de Causapscal, pour le parc municipal à Val-Brillant, pour le carrefour sportif à Amqui, énumère le député. Et nous allons bientôt annoncer que nous avons eu un gain important pour les déplacements des usagers en santé.

Transfert de personnel.

L'aéroport de Matane (archives)

Photo : page Facebook aéroport de Matane

La reconnaissance des divergences entre la situation pandémique de l’ouest du Bas-Saint-Laurent et celle de l’est, soit celle des trois MRC qui composent sa circonscription, est l'aboutissement d'un long débat. La demande a été déposée à l’automne, souligne M. Bérubé. Elle n’a été acceptée qu’à la fin mai. Ce qui était impossible est devenu possible. Ça a permis de démontrer que ça prenait une approche qui tenait compte des données réelles de notre milieu, commente Pascal Bérubé.

Plusieurs élus réclamaient cette distinction, notamment dans la Matapédia où le nombre de cas cumulés depuis mars 2020 est le plus bas des MRC de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent.

Une session teintée par la pandémie

La pandémie aura aussi exigé 50 nuances d’écoute de la part du député. Il faut composer avec autant d’opinions de la gestion de la pandémie qu’il y a de citoyens. Des gens qui sont prudents, qui sont plus rebelles, des gens qui sont volontaires, d’autres qui doutent. J’ai tenu à maintenir le contact avec tout le monde, parce que c’est ma responsabilité. C’était parfois compliqué, avoue M. Bérubé.

Il estime toutefois que lui et son personnel ont su maintenir le cap et accorder le soutien nécessaire à tous ceux qui ont cogné à la porte de son bureau.

Sur le plan parlementaire, l’état d’urgence a eu aussi des conséquences, analyse le chef parlementaire de la troisième opposition. Le gouvernement dispose de tribunes importantes qu’il occupe presque seul. Le rôle de député de l’opposition est particulièrement ingrat.

Pascal Bérubé porte un masque et marche dans un couloir de l'Assemblée nationale.

Le chef parlementaire du Parti québécois Pascal Bérubé arrive masqué à l'Assemblée nationale (archives).

Photo : Courtoisie : Pascal Bérubé

Il explique qu’en Chambre, les députés n’étaient pas si nombreux et que poser des questions au gouvernement était devenu plus ardu.

L’enjeu, c’est l’imputabilité du gouvernement, c’est là qu’on a eu un problème. Le gouvernement a beaucoup profité de l’absence de débats, du confinement.

Une citation de :Pascal Bérubé, député de Matane-Matapédia

Un caucus réduit

Pascal Bérubé a aussi dû gérer un caucus de plus en plus malmené par les départs.

Il demeure laconique sur la décision du député de Bonaventure, Sylvain Roy, de siéger comme indépendant. On a amélioré notre sort. Il [Sylvain Roy] considère que de quitter [le parti] était la chose à faire et on est d’accord.

Sylvain Roy.

Le député de Bonaventure à l'Assemblée nationale Sylvain Roy qui siège désormais comme indépendant.

Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois

Pascal Bérubé se montre plus prolixe de commentaires quant à l’éventuel candidat du Parti québécois dans Bonaventure, Alexis Deschênes. L’homme, dit-il, est volontaire, positif et travaillant. Je suis plus optimiste pour le Parti québécois maintenant que je l’étais, il y a quelques semaines, dans Bonaventure.

Une nouvelle ministre

Un autre grand changement des derniers mois est la nomination de Caroline Proulx comme ministre responsable du Bas-Saint-Laurent, en remplacement de Marie-Eve Proulx.

Pascal Bérubé ne s’en était jamais caché : Marie-Eve Proulx cumulait, selon lui, trop de mandats pour consacrer l’énergie nécessaire au soutien et au développement des dossiers du Bas-Saint-Laurent. Mme Proulx était responsable de deux régions : Chaudière-Appalaches et Bas-Saint-Laurent. Au début de son mandat, la région Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine s'ajoutait aux tâches de Marie-Eve Proulx. Le premier ministre Legault a par la suite attribué cette responsabilité à Jonatan Julien, ministre de l'Énergie, des Ressources naturelles et député de Charlesbourg.

Il dit offrir son entière collaboration à la nouvelle ministre. Le député rencontrait d’ailleurs Caroline Proulx, jeudi, pour discuter des enjeux de la circonscription, dont l’éolien.

La relance de l'éolien

À Matane, la stagnation du développement de l’industrie fait mal. L’usine Enercon est désertée depuis 2016. Cette année, c’est autour de l’équipementier Marmen de jeter l’éponge. L’usine fermera cet été pour une durée indéterminée.

L’intérêt de Québec pour le projet Apuiat, sur la Côte-Nord, lui semble un signe encourageant. Mais, ajoute le député, il faut une volonté politique pour une vraie relance. Ça nous prend un véritable appel d’offres québécois. J’ai eu quelques conversations avec Patrick Pellerin et c’est ce que ça prend pour relancer l’usine de Matane.

Il y a plein de bonnes raisons, souligne-t-il, pour redémarrer la filière, dont la baisse importante des coûts de production, un modèle d’affaires beaucoup plus profitable pour les communautés locales et la complémentarité avec l’hydroélectricité.

L'usine de Marmen, à Matane.

L'usine de Marmen, à Matane, cessera temporairement ses activités en juillet.

Photo : Radio-Canada

D’autant plus, ajoute le député, que les premiers parcs construits à la fin des années 1990 et au début des années 2000 seront bientôt à remplacer. Tout est réuni pour que ce soit très bénéfique pour le Québec.

Complexe aquatique de Matane

Un autre dossier à l’ordre du jour de la rencontre avec la ministre Proulx est le financement du complexe aquatique de Matane.

Construite en 1967, la piscine de Matane est à rebâtir. Le toit coule, le bassin est percé et son maintien ne tient qu’à un fil.

L'estimation du coût de son remplacement est de 18 à 20 millions de dollars, mais aucun programme de financement ne peut pour le moment aider la Ville de Matane. Le député veut sensibiliser la ministre à l’urgence de trouver une solution.

Traversier, Internet et téléphonie

D’autres questions le préoccupent, dont un éventuel remplacement du traversier F.-A.-Gauthier, toujours incapable, après six ans, d’assurer la stabilité de la liaison maritime entre Matane et la Côte-Nord. Si, pour la CAQ, l’unique lien entre Matane et la Côte-Nord ne vaut pas 200 millions, alors qu’il est prêt à mettre 10 milliards pour un troisième lien à Québec, tout est dit.

Le traversier F.-A.-Gauthier, au quai de Matane.

Le traversier F.-A.-Gauthier est depuis quelques jours en rodage après avoir été à nouveau à l'arrêt au cours des derniers mois.

Photo : Radio-Canada

Le député se dit tout aussi préoccupé par le déploiement de la téléphonie cellulaire et du réseau Internet partout dans sa circonscription, notamment dans la Matapédia. Ces technologies viendraient, croit-il, positionner avantageusement la MRC afin d’attirer de nouveaux arrivants.

Ces nouveaux habitants pourraient même être des fonctionnaires en télétravail. Pascal Bérubé entend bien veiller à la réalisation de la promesse électorale de François Legault de décentraliser 5000 fonctionnaires en région.

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