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Doit-on devancer le déconfinement de l'Ontario? Des experts se prononcent

Vue d'ensemble d'une terrasse à Ottawa. On y voit un serveur portant le masque.

Certains experts croient que la province ne devrait pas devancer la deuxième étape du déconfinement en Ontario.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Theriault

Anne-Marie Trickey

La province a atteint deux cibles nécessaires pour passer à la deuxième étape du déconfinement, mais les experts en santé restent partagés sur la pertinence d'accélérer la réouverture.

Plus de 75 % des Ontariens âgés de 18 ans et plus ont reçu une première dose de vaccin et plus de 20 % sont maintenant entièrement vaccinés. La province a donc atteint les cibles mises en place pour la deuxième phase du déconfinement, fixées à 70 % des adultes ontariens ayant reçu une dose de vaccin et 20 % ayant reçu deux doses.

Le directeur du programme de santé publique et de médecine préventive à l’Université de Toronto, le Dr Barry Pakes, indique que les cibles du gouvernement sont bonnes, mais ne reflètent plus tout à fait la situation actuelle.

Nous devons prendre en compte que ces cibles ont été fixées sous les conditions du variant Alpha, ou variant britannique, et non du variant Delta. Le variant Delta est plus transmissible et dangereux que le variant Alpha, explique le médecin.

La situation change rapidement pendant cette pandémie. Présentement, nous ne sommes pas dans une position pour rouvrir la province davantage sans avoir plus de personnes vaccinées.

Une citation de :Le Dr Barry Pakes, directeur du programme de santé publique et de médecine préventive à l’Université de Toronto

Il indique que les autorités peuvent garder les dates prévues pour la deuxième phase du déconfinement, mais qu’il faudrait peut-être repenser les cibles pour la troisième phase.

Nous devons essayer d’avoir 85 % des adultes vaccinés avec une dose de vaccin et 50 % avec deux doses, dit-il.

La Dre Valérie Sales, spécialiste des maladies infectieuses de l’Hôpital Markham-Stouffville, abonde dans le même sens.

Avant de déconfiner un peu plus, il faudrait qu'un plus grand pourcentage de notre population ait reçu deux doses de vaccin contre la COVID-19, soutient-elle.

Pour elle, vu la présence accrue du variant Delta, le gouvernement devrait apporter des changements au processus de déconfinement.

Il faudrait réviser un peu les cibles liées au déconfinement et décider quelles sont les activités intérieures qui posent moins de risques, explique-t-elle. Aller chez le coiffeur pose moins de risques que s'entraîner dans un gym, par exemple.

Pour sa part, le Dr Santiago Perez Patrigeon, spécialiste des maladies infectieuses à l’hôpital général de Kingston, constate qu’il faut aussi considérer la situation dans différentes régions avant de passer à la deuxième étape.

Ce serait dommage de perdre tous les efforts de la province à cause d’une réouverture trop rapide.

Une citation de :Le Dr Santiago Perez-Patrigeon, spécialiste des maladies infectieuses à l’hôpital général de Kingston

Il y a des régions qui ne sont pas prêtes pour la deuxième phase. Si on décide de rouvrir plus tôt que prévu, il faudra que ce soit par régions, et nous avons vu par le passé que cette stratégie n’empêche pas les gens de se déplacer, constate-t-il.

Comme la Dre Sales, le Dr Perez-Patrigeon rappelle aussi l'importance d’avoir assez de temps entre les phases de déconfinement pour permettre de mesurer l’impact de la réouverture sur le nombre de cas dans la province.

Pour le Dr Neil Rau, spécialiste en maladies infectieuses et microbiologiste, l’Ontario pourrait avancer beaucoup plus rapidement.

Je ne comprends pas pourquoi on hésite autant en Ontario. Il y aura beaucoup d'effets néfastes sur les entreprises si nous ne rouvrons pas, indique-t-il.

Selon lui, les cibles du gouvernement sont toujours en mouvance. Il affirme que le but initial de la vaccination a été oublié.

Le but du programme de vaccination était d’empêcher le débordement du système hospitalier, soutient-il. Maintenant, on vise l’élimination de la transmission du virus – et c’est impossible avec l’arrivée des nouvelles souches.

Le Dr Rau affirme qu'il faudra apprendre à accepter la transmission du virus, qu'il juge possible si la province entame la deuxième phase de réouverture.

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