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Quel est le but réel du référendum albertain sur la péréquation?

Jason Kenney et Justin Trudeau se sont rencontrés mardi à Ottawa.

Les Albertains voteront lors de ce référendum le 18 octobre, en même temps que pour les élections municipales (archives).

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Le gouvernement albertain tiendra un référendum sur le principe de la péréquation le 18 octobre prochain, dans l’espoir de forcer le gouvernement fédéral à négocier cette clause de la Constitution canadienne. Mais des experts se demandent s’il s’agit du seul but du gouvernement Kenney.

En présentant sa question référendaire récemment, le premier ministre albertain Jason Kenney a affirmé que le but du référendum est de forcer Ottawa à ouvrir les pourparlers avec l'Alberta sur la question de la péréquation.

Selon lui, le fédéral [aurait] une obligation légale de négocier cette question de bonne foi avec la province si les Albertains votent pour retirer le principe de la péréquation de la Constitution canadienne.

Jason Kenney a reconnu que le résultat du référendum à lui seul ne changera pas la Constitution, car aucune province n’en a le pouvoir unilatéralement. Mais ça va hisser jusqu’au sommet les demandes de l'Alberta pour une position plus juste dans la fédération, a ajouté le premier ministre.

De son côté, l’attaché de presse du ministre albertain de la Justice, Blaise Boehmer, a affirmé sur Twitter que le but du référendum est de créer un fait politique en Alberta en posant une seule question simple et de consigner officiellement le résultat.

L'argument du premier ministre selon lequel le référendum forcerait Ottawa à négocier est mis en doute par Trevor Tombe, professeur agrégé du département d’économie de l’Université de Calgary.

L’Alberta est déjà à la table des négociations, explique-t-il, donnant en exemple les rencontres des premiers ministres et divers comités rassemblant les gouvernements fédéral et provincial, dont un dédié exclusivement aux transferts d’argent.

Je ne crois pas que ce référendum est la meilleure manière d'atteindre les buts de l'Alberta.

Une citation de :Trevor Tombe, professeur agrégé du Département d'économie de l'Université de Calgary

Un message « confus »

Duane Bratt, politologue à l’Université Mount Royal de Calgary, croit que le message du gouvernement albertain est confus.

Il estime que ce référendum est bel et bien une manière pour le gouvernement Kenney de se donner plus d’influence sur le gouvernement fédéral, mais il se demande dans quel but.

Est-ce pour retirer le principe de la péréquation de la Constitution ou pour modifier la formule de calcul des paiements de péréquation, demande-t-il.

Le but est-il de critiquer Justin Trudeau? Le but est-il de s’assurer que l’Alberta puisse avoir un pipeline? Justin Trudeau a déjà acheté [le pipeline Trans Mountain], lance-t-il.

Ce référendum semble avoir de multiples buts et ils changent sans cesse.

Une citation de :Duane Bratt, professeur de sciences politiques de l'Université Mount Royal
Des travailleurs sur un chantier.

Le gouvernement Trudeau a racheté le pipeline Trans Mountain lorsque l'entreprise Kinder Morgan a voulu l'abandonner en 2018.

Photo : CBC

Son collègue du Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta Frédéric Boily croit quant à lui que cet exercice permettrait à Jason Kenney de se présenter comme un défenseur de l’Alberta face à Ottawa, particulièrement dans le contexte de possibles élections fédérales cet automne. Il y a une dimension interne et une dimension externe ici, analyse-t-il.

Beaucoup des membres du caucus conservateur uni qui ont critiqué Jason Kenney lui reprochaient d’être trop faible face à Ottawa, d’avoir délaissé cette lutte [pendant la pandémie], explique-t-il. Revenir sur la péréquation va lui permettre de reprendre cette position de défenseur de l’Alberta.

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