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Technique d'étranglement : Legault réclame « que ça ne se fasse plus »

Le premier ministre Legault, debout à un lutrin lors d'une conférence de presse tenue à l'extérieur.

À Laval, le premier ministre François Legault, appelé à commenter les images d'une arrestation effectuée par le SPVM, a affirmé ne pas avoir aimé ce qu'il a vu, et il réclame du service de police qu'il revoie ses pratiques.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

La vidéo montrant un policier du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) posant son genou sur le visage et le cou d'un jeune Noir ébranle la classe politique. Le premier ministre du Québec, François Legault, demande à ce « que ça ne se fasse plus ».

Cette intervention du SPVM date du 10 juin et elle a été filmée, en partie, par des passants.

Comme beaucoup de Québécois, j'ai vu la photo, je n'ai pas aimé voir cette photo-là, a déclaré M. Legault en référence à la vidéo d'un peu moins d'une minute et demie.

Donc, j'ai demandé qu'on regarde avec le SPVM, effectivement, comment on fait pour s'assurer qu'on ne voie plus ça, a-t-il expliqué vendredi à Laval, où il procédait à une annonce.

Les policiers répondaient à un appel de la direction de l’école secondaire Georges-Vanier, dans l'arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension. Il y avait effectivement une bagarre. On parlait d'une quinzaine de jeunes possiblement contre un autre [...], a déclaré l'inspecteur David Shane du SPVM.

Les policiers ont procédé à l'arrestation de deux jeunes en possession d'armes, a précisé M. Shane. Ils feront l'objet d'une dénonciation auprès du Tribunal à la jeunesse et le procureur verra s'il autorise ou non des accusations.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, demande à ce que toute la lumière soit faite sur cet événement.

Comme tout le monde, j'ai été choquée par les images qui ont circulé [...], a-t-elle déclaré vendredi.

Le conseil municipal a voté à l'unanimité une motion l'année dernière pour mettre fin aux techniques d'étranglement, a-t-elle rappelé. Alors, pour nous, c'est quelque chose d'important sur lequel il y a consensus [...].

Le conseil municipal avait adopté cette motion dans la foulée du décès de George Floyd à Minneapolis. Cependant, cette motion n’est pas contraignante pour la police montréalaise, puisque les règles de celles-ci sont régies par le gouvernement provincial.

Or, vendredi, le premier ministre Legault a clairement exprimé sa désapprobation relativement aux images contenues dans la vidéo. Je souhaiterais que ça ne se fasse plus, a-t-il répété, en référence à la technique qu'a employée le policier pour maîtriser le jeune homme.

Deux policiers agenouillés, dont un pose son genou sur le cou de la personne arrêtée, près d'un abribus.

Les images montrant, en partie, une arrestation dans Villeray ont incité le premier ministre Legault à réclamer du SPVM qu'il revoie ses pratiques d'intervention.

Photo : Radio-Canada

Faire la lumière sur ce qui s'est passé

La mairesse Plante affirme qu'il y a une enquête en cours et qu'ensuite il faudra poser les gestes nécessaires pour mettre de côté des techniques qui n'ont peut-être pas leur place aujourd'hui.

On a besoin de faire la lumière, on a besoin de savoir ce qui s'est passé, a fait valoir de son côté Denis Coderre, candidat à la mairie de Montréal pour le scrutin du 7 novembre prochain.

Celui qui fut maire de Montréal de 2013 à 2017 réclame une enquête indépendante. Ce à quoi la mairesse Plante réplique qu'elle n'est pas en faveur de la surenchère des enquêtes.

Monsieur Legault et moi avons émis la même opinion, à savoir qu'il y a un processus en cours et il est très important, a-t-elle affirmé. Il faut voir ce qui va ressortir de cette enquête-là.

Questionné par Radio-Canada pour savoir si une enquête interne était en cours au sein du SPVM au sujet de cette intervention controversée, l'inspecteur Shane affirme qu'enquête interne est un terme fort. Je pense que c'est une analyse, précise-t-il.

Un policier qui emploie la force, il rédige un rapport, poursuit-il. C'est un processus de gestion [...]. Si l'emploi de la force n'est pas justifié, le gestionnaire va prendre les actions requises [...].

La mort de George Floyd

La technique dite d'étranglement respiratoire, qui consiste à maîtriser un suspect en posant le genou sur son cou, n'est plus enseignée à l'École nationale de police depuis 1985. La Gendarmerie royale du Canada (GRC) en a interdit l'utilisation en 1979. Toutefois, elle n'est pas bannie pour autant sur le terrain.

Cette technique est présente dans toutes les mémoires depuis que son utilisation, également filmée sur vidéo, a conduit à la mort de George Floyd.

Au terme d'un procès très médiatisé, l'ex-policier Derek Chauvin a été condamné pour meurtre pour avoir causé la mort de cet Afro-Américain de 46 ans. Les jurés ont été convaincus par les experts des procureurs, qui ont attribué la mort du quadragénaire afro-américain à la force létale disproportionnée employée par l'accusé et à un manque d'oxygène.

En juin 2020, quelques jours après la mort de M. Floyd, les deux services de police les plus importants du Québec, c'est-à-dire le SPVM et la Sûreté du Québec (SQ), avaient dénoncé les actes des quatre policiers impliqués dans cette arrestation brutale.

Québec solidaire indigné

Comment expliquer que cette pratique inacceptable ait encore lieu après ce qui s’est passé lors de l’arrestation de George Floyd?, s'est insurgé Andrés Fontecilla, responsable en matière de lutte contre le racisme pour Québec solidaire (QS).

Les images de l'arrestation du 10 juin, qui est survenue dans Laurier-Dorion – circonscription de M. Fontecilla – sont extrêmement troublantes, selon lui.

Une telle intervention exige une enquête indépendante le plus rapidement possible, dit-il. Si on veut repartir sur de nouvelles bases entre nos services policiers et les communautés racisées, ce genre d’intervention policière doit cesser.

Avec la collaboration de Romain Schué

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