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Il meurt d’une méningite à 19 ans, sa famille se pose des questions

Les quatre personnes dans un salon. La mère tient une photographie de son fils décédé.

La soeur de Kai, Vea Matthews, son père Norrie Matthews, sa mère Kari Matthews et sa copine Paige Meagher.

Photo : CBC/Paul Palmeter

Radio-Canada

La famille d’un jeune homme d'Halifax emporté par une méningite s’interroge sur le temps qui s'est écoulé avant que ce dernier ne reçoive le diagnostic et les soins appropriés.

Kai Matthews, 19 ans, est mort le 1er juin dans un hôpital à Halifax. Il a succombé à une infection au méningocoque de type B. Sa famille ignore comment il a pu contracter cette bactérie.

Tout s’est déroulé incroyablement vite, affirme son père, Norrie Matthews, qui est toujours sous le choc des événements. Ce qui est arrivé, dit-il, est incompréhensible pour des parents.

Deux fois au service des urgences

Kai venait tout juste de terminer sa première année d’étude en kinésiologie à l’Université Acadia, à Wolfville. Il a subitement commencé à frissonner de fièvre le 30 mai.

La famille a communiqué avec le service 811 à quelques reprises. Comme son état s’aggravait, ses parents l’ont transporté au service des urgences d’un hôpital. Ils n’ont toutefois pas pu l’accompagner à l’intérieur en raison des précautions entourant la COVID-19. Le jeune homme est retourné attendre avec eux dans la voiture parce qu’il éprouvait une trop grande douleur pour rester assis dans la salle d’attente.

Kai a pu consulter un médecin peu avant minuit. Un médecin lui a fait subir un test de dépistage de la COVID-19 et un test sanguin, puis il lui a conseillé de rentrer chez lui et d’attendre les résultats des tests le lendemain.

Mais l’état de Kai s’aggravait d’heure en heure, selon son père. La famille a appelé le 911. Des ambulanciers ont examiné le jeune homme et n’ont rien noté d’alarmant, selon la famille. Ils ont dit qu’ils ne pouvaient pas l’amener à l’hôpital avant qu'il ait un résultat négatif au test de dépistage de la COVID-19.

Portrait de Kai Matthews.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Kai Matthews avait décroché son diplôme d'études secondaires en 2020.

Photo : CBC/Paul Palmeter

Le lendemain matin, vers 6 h 30, Kai ressentait une douleur si forte qu’il ne pouvait tenir debout. Ses parents l’ont à nouveau conduit au service des urgences. Encore une fois, déplore son père, on lui a interdit d’accompagner son fils à l’intérieur.

Quelques heures plus tard, Kai a encore reçu son congé d’hôpital. Une fois dans la voiture, ses parents ont remarqué une éruption cutanée violette très effrayante sur son cou et sa poitrine.

Norrie Matthews affirme qu’il a couru à l’intérieur et convaincu une infirmière de sortir pour jeter un coup d’œil à cette éruption cutanée. Le jeune homme a alors été transporté d'urgence à l’intérieur.

Une heure plus tard, M. Matthews a eu l’autorisation d’entrer pour voir son fils. Les médecins ont expliqué que Kai combattait une infection. Selon son père, ils ont découvert plus tard que c’était une méningite.

Norrie Matthews dit avoir informé un médecin que son fils avait reçu tous les vaccins recommandés durant son enfance. Mais on lui a dit que celui contre le méningocoque de type B n’était pas couvert par le programme provincial de vaccination.

L’équipe médicale a fait tout ce qu’elle pouvait pour tenter de sauver son fils, reconnaît Norrie Matthews, mais il est mort le 1er juin.

La famille, ajoute M. Matthews, est reconnaissante d’avoir eu l’autorisation de voir Kai à l’hôpital. Malgré le choc des événements, explique-t-il, c’était une occasion de rappeler à leur fils qu’ils l'aimaient et qu’ils le soutenaient.

Souvenez-vous de ces symptômes, recommande la famille

Norrie Matthews recommande à tout parent d’un jeune qui aurait des symptômes similaires à ceux de son fils de ne pas quitter le service des urgences avant d'avoir un test de dépistage de cette maladie.

Il dit qu’il s’est écoulé 16 heures entre le moment où son fils est arrivé aux urgences la première fois, le dimanche soir, et celui où il a commencé à recevoir un traitement antibiotique, vers lundi midi.

Le temps était crucial, souligne M. Matthews.

Montage photographique de Kai Matthews quand il était un bébé, puis un enfant et enfin un adolescent.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Kai Matthews, selon sa mère, avait un bon caractère, il aimait jouer au soccer au sein du club Halifax County United et il aimait faire de la planche à neige. Il a d’ailleurs fait partie de l’équipe de la Nouvelle-Écosse aux Jeux d’hiver du Canada en 2019.

Photo : CBC/Paul Palmeter

La famille a lancé sur les médias sociaux et un site web une campagne intitulée B for Kai afin d’informer les gens que la méningite de type B peut être rapidement mortelle. La famille demande à la province de couvrir le vaccin contre cette maladie.

La Régie de la santé ne fait pas de commentaire sur le cas de Kai Matthews, mais elle offre ses condoléances à la famille et elle assure que toute leçon tirée des événements servira à améliorer les soins.

Qu'est-ce que la méningite?

La méningite est une infection des tissus autour du cerveau et de la moelle épinière. Elle peut être causée par un virus, un champignon ou une bactérie.

La méningite peut être provoquée par une variété de virus. Il ne faut pas confondre cette forme de la maladie avec celle causée par la bactérie méningocoque de type B. Dans la plupart des cas, les gens se rétablissent de la méningite virale à l'intérieur de deux semaines.

Une porte-parole du ministère de la Santé, Marla MacInnis, indique que la province a un programme de vaccination contre le méningocoque de type B destiné aux personnes à risque élevé.

Lorsqu’un cas de cette maladie survient, une enquête est déclenchée dans le but de trouver la source de l’infection et de déterminer s’il faut prendre d’autres mesures comme la vaccination des contacts rapprochés, explique Mme MacInnis.

Le ministre de la Santé promet un suivi

Le ministre de la Santé, Zach Churchill, lui-même père de deux enfants, affirme que la famille Matthews a vécu le pire cauchemar et que son histoire a de quoi bouleverser toute la population. Il dit que cette famille veut des réponses à ses questions et que les procédures en vigueur vont lui en donner.

Le ministre précise que l’enquête de la Régie de santé porte sur les décisions cliniques prises en matière de traitement de ce jeune patient.

Zach Churchill donne une conférence de presse.

Le ministre de la Santé de la Nouvelle-Écosse, Zach Churchill

Photo : CBC/Robert Short

L’entreprise Emergency Medical Care, qui gère le service ambulancier pour le compte de la province, doit lancer sa propre enquête également et en informer la famille Matthews, souligne le ministre Churchill.

Les enquêtes visent aussi à déterminer comment les procédures en vigueur pour la COVID-19 ont pu exercer un effet sur les soins dans ce cas.

En réclamant du changement pour la couverture du vaccin et en racontant publiquement l’histoire de Kai, la famille espère que quelque chose de positif découlera de cette tragédie inimaginable, ajoute Norrie Matthews.

La famille doit maintenant vivre son deuil et c’est un moyen d’y parvenir, dit-il.

Avec les renseignements de Haley Ryan, Paul Palmeter et Jean Laroche, de CBC

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