•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Archives

La démarche de Stanley Vollant

Stanley Vollant en 2011.

Stanley Vollant, par son parcours de médecin, est devenu un modèle pour beaucoup de jeunes Autochtones au Canada.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le docteur Stanley Vollant est le premier chirurgien issu des communautés des Premières Nations du Québec. Le médecin s'efforce de redonner confiance aux jeunes Autochtones et de bâtir des ponts entre les Premières Nations et les populations allochtones canadiennes.

Une première au Québec

En 1994, Stanley Vollant ouvre une porte longtemps fermée aux jeunes Autochtones.

Il deviendra, cette année-là, le premier chirurgien issu des Premières Nations dans la province de Québec.

Les temps modernes, 11 mai 1994

Le 11 mai 1994, l’animatrice de l’émission Les temps modernes, Isabelle Craig, interviewe le jeune médecin qui se prépare à faire ses examens finaux de spécialisation quelques semaines plus tard.

Né en 1965, Stanley Vollant a grandi dans la communauté innue de Pessamit sur la Côte-Nord au Québec.

Son grand-père lui inculque l’importance de l’éducation.

Sa grand-mère, qui possède des dons de guérisseuse, lui transmet le respect des médecines traditionnelles autochtones.

Pourtant, le jeune Stanley Vollant ne songeait pas initialement à devenir médecin.

Il faut dire qu’à l’époque, comme il le raconte à Isabelle Craig, il avait peur du sang!

Il a surmonté sa phobie et a décroché son diplôme de médecin généraliste en 1989.

Stanley Vollant croit qu’être un médecin autochtone lui conférera un énorme avantage lorsqu’il soignera des personnes des communautés innues auxquelles il veut se consacrer.

Beaucoup d’Innus, notamment chez les plus âgés, ne s’expriment pas en français. Souvent, pour être soignés, ces derniers doivent parler à des médecins blancs par l’intermédiaire d’un interprète.

Selon le chirurgien, cette étape brise la dynamique de confiance qui doit absolument être établie entre le médecin et le patient.

Son respect pour la médecine chamanique pratiquée chez les Innus renforce Stanley Vollant dans cette conviction.

Stanley Vollant affirme par ailleurs qu’il se croit investi d’une mission auprès de sa communauté.

Il déplore l’absence d’estime de soi qui est trop fréquente chez les jeunes Autochtones.

Dans un monde dominé par les Blancs, les jeunes Autochtones considèrent qu’ils font face à des obstacles infranchissables pour réussir.

Stanley Vollant offre son parcours comme modèle pour montrer que ce n’est pas vrai.

Franchir les obstacles

Les obstacles sont là pour nous faire grandir. Ils sont là pour être franchis. Lorsqu’on les franchit, on en sort grandis.

Une citation de :Stanley Vollant, 2001

Le médecin pratique la chirurgie à Baie-Comeau, à Chicoutimi, à Montréal et à Ottawa.

En 2001, Stanley Vollant devient président de l’Association médicale du Québec.

Il est le premier Autochtone en Amérique du Nord à occuper une telle fonction.

Enjeux, 5 février 2002

Cette première est soulignée dans un reportage de l’animateur Alain Gravel de l’émission Enjeux présenté le 5 février 2002.

Ce reportage examine les difficultés, mais aussi les espoirs et les prises de conscience des jeunes dans les communautés autochtones.

L’extrait montre le docteur Stanley Vollant lorsqu’il accepte de diriger l’Association médicale du Québec.

Dans la salle dans laquelle il prononce son discours se trouvent plusieurs étudiants autochtones.

Stanley Vollant s’adresse directement à eux. Il leur rappelle que les obstacles existent pour être vaincus et nous aider à cheminer.

Le médecin souligne en entrevue que lui aussi, il vient de loin.

Il a été élevé par ses grands-parents, car son père était inconnu et sa mère était devenue alcoolique après un passage dans les pensionnats autochtones.

Il a donc dû développer ses habiletés sociales en cours de route.

La cérémonie d’investiture se termine de manière touchante.

Stanley Vollant entreprend une danse innue au son du teweikan, le tambour traditionnel de sa communauté. Les médecins blancs se lèvent et se joignent à lui.

C’est un moment fort de la soirée.

Marcher pour donner confiance

Si vous rêvez d’être pilote d’avion, vous serez pilote d’avion. Si vous rêvez d’être médecin, vous serez médecin.

Une citation de :Stanley Vollant

En 2008, Stanley Vollant effectue un pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne.

Il voit en rêve son grand-père Xavier qui l’exhorte à entreprendre une marche pour rassembler les différentes communautés autochtones du Canada.

8e feu, les Autochtones et le Canada, le sentier de l’avenir, 27 janvier 2012

Le 27 janvier 2012, le journaliste Charles Bender présente un reportage dans le cadre de la série documentaire, 8e feu, les Autochtones et le Canada, le sentier de l’avenir.

Voici un extrait dans lequel nous voyons ce que Stanley Vollant a entrepris à la suite de la vision qu’il a eue de son grand-père.

En 2010, le médecin commence une aventure qu’il appelle Innu Meshkenu (le chemin innu).

C’est une marche de 6000 kilomètres à travers les territoires du Labrador, du Québec et de l’Ontario qu’il réalisera en plusieurs étapes en cinq ans.

Le but est de transmettre aux jeunes Autochtones le goût de la réussite scolaire et de saines habitudes de vie.

Stanley Vollant veut aussi que cette démarche valorise les cultures autochtones et le savoir intergénérationnel.

Dans cet extrait, on voit l’arrivée de Stanley Vollant dans la communauté de Nutashkuan, sur la Côte-Nord du Québec. On l’y accueille en héros.

C’est l’occasion de parler aux jeunes du village. Il réitère que leurs rêves et leurs ambitions sont réalisables. Si certains d’entre eux veulent devenir médecins, il est là pour les aider.

Stanley Vollant est fait chevalier de l’Ordre national du Québec en 2014.

Il reçoit en 2017 la Médaille du Lieutenant-gouverneur du Québec pour les services exceptionnels qu’il a rendus à sa communauté.

Encore plus de nos archives

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.