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Élections en Iran : les bureaux de vote ont fermé à 2 h du matin

Un groupe d'hommes assis par terre dépouillant des bulletins de vote

Dépouillement de bulletins de vote après la fermeture des bureaux à Téhéran

Photo : via reuters / WANA NEWS AGENCY

Radio-Canada

En Iran, les bureaux de vote ont fermé à 2 heures dans la nuit de vendredi à samedi (heure locale). Les résultats devraient être annoncés samedi.

Leur fermeture a été reportée exceptionnellement à trois reprises en raison des mesures sanitaires qui ont retardé l’opération de vote et de l’afflux des électeurs en après-midi et en soirée.

Le ministère de l’Intérieur a refusé la demande du candidat réformateur Abdolnaser Hemmati de prolonger l’ouverture des bureaux de vote pour une quatrième fois.

Les Iraniens devaient choisir vendredi un nouveau président lors d'une élection qui, selon les sondages, sera remportée par le conservateur Ebrahim Raïssi, sur fond de grogne quant à la grave crise économique et sociale qui ronge le pays.

Selon les médias locaux, le scrutin s'est déroulé sans incident.

Chef de l'autorité judiciaire, M. Raïssi, 60 ans, fait figure d'archifavori, faute de concurrence réelle après la disqualification de ses principaux adversaires. Il pourrait être élu dès le premier tour.

Ce sont 59,3 millions d'électeurs qui étaient appelés à choisir entre les quatre candidats en lice pour diriger le pays.

Les rares sondages disponibles avant le vote présageaient d'un record d'abstention, autour de 60 %, mais selon l'agence Fars, la participation pourrait dépasser la barre des 50 %.

Le ministère de l'Intérieur, qui devra annoncer le taux de participation dans la nuit, a démenti les chiffres qui circulaient en soirée.

Des sept candidats au départ de la campagne électorale, trois se sont retirés en cours de route, en laissant ainsi quatre se partager les voix des électeurs.

Tous les candidats ont promis de redresser la situation économique du pays, qui est soumis à des sanctions américaines asphyxiantes.

La solution passe par la levée de ces sanctions, objet de négociations pour sauver l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien en y réintégrant les États-Unis.

Les Iraniens partagés

Une femme portant une rose et un document à côté d'un homme montrant un document.

Un couple d'Iraniens montre leur document après avoir accompli leur vote à Téhéran

Photo : via reuters / WANA NEWS AGENCY

Dans une rue de Téhéran, une infirmière drapée dans un tchador noir dit vouloir voter pour M. Raïssi qui a lutté résolument contre la corruption. J'espère qu'il saura épargner à la population les privations, a-t-elle dit à l'AFP.

Zahra Farahani, femme au foyer, raconte s'être rendue dans un bureau trop plein. Elle est déterminée à aller voter plus tard pour M. Raïssi, dont elle dit aussi apprécier la performance à la tête de la justice.

Hossein Ahmadi, lui, n'ira pas voter. Ce menuisier accuse les autorités de n'avoir rien fait pour le pays.

Pour lui, la situation est telle que nous n'avons d'autre choix que de garder le silence et de rester à la maison en espérant ainsi faire entendre nos voix.

Saïd Zarii, commerçant, s'abstiendra aussi, car, que je vote ou non, a-t-il dit à l'AFP, quelqu'un a déjà été élu : ils organisent les élections pour les médias.

L'ancien président Ahmadinejad a boycotté le scrutin

En 2017, le président Hassan Rohani, un modéré prônant une politique d'ouverture avec l'Ouest et plus de libertés individuelles, avait été réélu au premier tour. La participation avait atteint 73 %. Cependant, l'espoir qu'il incarnait a fait place à la désillusion.

Devant les appels au boycottage lancés par l'opposition en exil et par quelques dissidents en Iran, l'ayatollah Khamenei a multiplié les appels à participer en masse au scrutin.

Les élections sont importantes quoi qu'il arrive et, malgré les problèmes, nous devons aller voter, a déclaré M. Rohani après avoir glissé son bulletin dans l'urne, en faisant référence aux candidats disqualifiés.

L'un des plus célèbres d'entre eux, l'ancien président Mahmoud Ahmadinejad, a publié vendredi un message vidéo dénonçant une élection organisée contre les intérêts du pays. Je ne veux pas participer à ce péché, a-t-il dit.

Échec de la politique d'ouverture de Rohani

Le président sortant Hassan Rohani dans un bureau de vote à Téhéran

Le président sortant Hassan Rohani dans un bureau de vote à Téhéran

Photo : via reuters / OFFICIAL PRESIDENTIAL WEBSITE

Outre M. Raïssi, qui avait obtenu 38 % des voix face à M. Rohani en 2017, trois candidats sont en lice : un député peu connu, Amirhossein Ghazizadeh-Hachémi, un ex-commandant en chef des Gardiens de la révolution, le général Mohsen Rézaï, et le technocrate Abdolnaser Hemmati, ex-président de la Banque centrale.

Le bilan de M. Rohani, qui ne peut se présenter pour un troisième mandat de suite, est entaché par l'échec de sa politique d'ouverture après le retrait des États-Unis, en 2018, de l'accord sur le nucléaire iranien conclu avec les grandes puissances.

Ce retrait et le rétablissement de sanctions américaines punitives qui a suivi ont plongé le pays dans une violente récession en faisant fuir les investisseurs étrangers et en privant le gouvernement de ses recettes pétrolières à l'exportation. En décembre et janvier 2017-2018 et en novembre 2019, deux vagues de contestation ont été violemment réprimées.

Pour l'opposition en exil et les défenseurs des droits de la personne, M. Raïssi est l'incarnation de la répression et son nom est associé aux exécutions massives de détenus de gauche en 1988, drame auquel l'intéressé nie toute participation.

Avec les informations de Agence France-Presse

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