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« On n’oublie pas les francophones du reste du Canada », dit Legault

Portrait de François Legault en conférence de presse.

Le premier ministre du Québec, François Legault (archives)

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Benjamin Vachet

Le sommet sur le rapprochement des francophonies canadiennes s’est terminé, ce jeudi, en présence du premier ministre du Québec, François Legault.

Je suis très conscient du rôle que le gouvernement du Québec a à jouer pour protéger et promouvoir le français au Québec, mais aussi au Canada, a lancé le premier ministre québécois en conclusion du sommet.

Depuis samedi dernier, organismes et membres de la société civile étaient réunis virtuellement pour renouveler le dialogue entre les communautés francophones. Des communautés qui se sentent parfois oubliées par le Québec et que M. Legault a voulu rassurer.

Je veux vous dire que même si on est passé de Canadiens français à Québécois, puis à Nation québécoise, on n’oublie pas les francophones du reste du Canada, en particulier ceux de l’Acadie. On comprend très bien qu’il faut travailler.

Ce que je nous souhaite, c’est de continuer, tous ensemble, cette belle histoire du français en Amérique.

Une citation de :François Legault, premier ministre du Québec

Le travail de consultation mené ces derniers jours doit inspirer le renouvellement de la Politique du Québec en matière de francophonie canadienne.

La présidente du Conseil du Trésor Sonia LeBel.

La ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, Sonia LeBel (archives)

Photo : The Canadian Press / Jacques Boissinot

C’est une mine de richesse, ces conversations. On va s’en inspirer pour la suite de nos actions, a indiqué la ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, Sonia LeBel.

Depuis 10 ans, plus de 15,2 millions de dollars ont été investis par le Québec dans la francophonie canadienne, surtout dans les domaines de la culture et de l’éducation. Québec souhaite y ajouter un volet économique.

Des retombées espérées

Présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), Anne Vinet-Roy a participé à plusieurs ateliers lors de ce sommet. Elle espère voir la collaboration entre toutes les communautés francophones en éducation se renforcer.

Une des attentes qu’on a toujours par rapport à nos collègues de la francophonie, c'est d’être là avec nous et de partager ce qu’ils ont. Et nous aussi, on a des choses à partager. [...] On a tous à gagner à partager nos ressources, dit-elle en entrevue à Radio-Canada.

Venue en citoyenne engagée, dit-elle, l’ancienne présidente de l’Assemblée communautaire fransaskoise, de 2012 à 2018, Françoise Sigur-Cloutier, espère surtout plus d’échanges pour permettre le rapprochement annoncé.

Il faudrait qu’il y ait des échanges systématiques entre les jeunes des écoles secondaires de l’ouest et le Québec pour qu’à un très jeune âge, ils créent ces liens. [...] Car pour l’instant [...] on se connaît peu, on se connaît mal et jusqu’à un certain point, on finit par s’ignorer.

Françoise Sigur-Cloutier dans le studio de Point du jour.

Françoise Sigur-Cloutier, ancienne présidente de l'Assemblée communautaire fransaskoise (archives)

Photo : Radio-Canada

Le travail réalisé dans le domaine des arts et de la culture pourrait inspirer certains projets, car la relation existe déjà, affirme Marie-Christine Morin, directrice générale de la Fédération culturelle canadienne française (FCCF).

Le milieu artistique et culturel est très actif avec les homologues du Québec, toutes disciplines confondues. On a beaucoup d’échanges culturels, de projets communs, de discussions.

 Marie-Christine Morin a choisi d'envoyer ses enfants dans un programme spécial.

Marie-Christine Morin, directrice générale de la Fédération culturelle canadienne française (archives)

Photo : Radio-Canada

Avant même le sommet, la FCCF avait d'ailleurs présenté un projet de Table sur l’avenir des Arts, conjointement avec le Conseil québécois du théâtre.

Mais pour être efficaces, ces collaborations doivent être plus durables, selon Mme Morin.

C’est important sur des questions, par exemple, de découvrabilité, donc notre capacité à retrouver les contenus et les artistes francophones sur les différentes plateformes. C’est important qu’on puisse travailler ensemble pour accroître cette visibilité, dit-elle.

Se donner les moyens

Toujours est-il qu’il faudra davantage de moyens pour concrétiser les idées lancées, ajoute la directrice générale de la FCCF.

À la veille du sommet, la ministre LeBel, en entrevue à Radio-Canada, n’a pas fermé la porte à injecter plus d’argent.

Il va falloir qu’on se donne les moyens de nos ambitions et qu’on mette les ressources.

Une citation de :Marie-Christine Morin, directrice générale de la Fédération culturelle canadienne française

Le président de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, Jean Johnson, estime que ce serait sans doute nécessaire, mais il insiste sur le fait que le Québec doit aussi développer sa politique autour du par et pour les communautés francophones minoritaires.

Un succès encore à mesurer

Selon les organisateurs, 146 fiches de prises de notes ont été remplies lors des trois jours d’ateliers. Pour Mme LeBel, ce sommet a été un succès.

Il y a eu une prise de conscience collective [...] On fait partie d'une grande famille [...] On est des complices pour l'avancement de notre langue et de notre culture.

Une citation de :Alain Dupuis, directeur général de la FCFA

Le président de la FCFA abonde dans le même sens. Pour lui, l’événement est historique, puisque les dernières rencontres de ce genre remontent à des décennies. Il souhaite que de telles initiatives soient reconduites au moins tous les deux ou trois ans.

Gros plan sur le visage d'un homme.

Le président de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada, Jean Johnson (archives)

Photo : Radio-Canada

Le succès [de ce sommet] va se prononcer au cours des prochaines 10, 15, 20 ans, ajoute-t-il. Parce que là, on vient de mettre la table, et on a très bien mis la table. [...] La différence va être la continuité et la suite des choses.

Mme Morin apporte toutefois une nuance : Le sommet a donné lieu à des idées concrètes, maintenant il va falloir qu’on active ça. [...] Nous nous jugerons et on sera jugé sur la suite.

La ministre LeBel doit présenter la nouvelle politique du Québec en matière de francophonie canadienne d’ici la fin de l’année.

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