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Atteinte d'un cancer et privée de revenus

Le bras d'un patient recevant un traitement de chimiohtérapie.

De nombreux patients qui souffrent du cancer vivent aussi des stress financiers. (archives)

Photo : iStock

Radio-Canada

Une femme de Sherbrooke atteinte d'un cancer du sein à un stade avancé déplore le manque d'accès à de l'aide financière. Comme elle était travailleuse autonome, elle n'a pas droit au chômage et se retrouve aujourd'hui sans revenu. Elle lance un cri du cœur. 

Jacynthe Anctil, âgée de 48 ans, était auparavant propriétaire d’un studio d’entraînement et offrait des services de kinésiologie. Au début de la pandémie, elle a dû fermer ses portes, en croyant que ce serait temporaire.

L’été dernier, elle a toutefois appris qu’elle souffrait d’un cancer du sein. En raison de ses traitements, elle n’a pas pu recommencer à travailler.

De plus, son médecin lui a récemment annoncé que des métastases s’étaient développées dans ses poumons, et qu’il ne lui restait plus longtemps à vivre.

J'ai rencontré le médecin quelques jours après, l’oncologue. Je lui ai demandé le meilleur et le pire des scénarios. Le pire des scénarios, c’est quelques mois à vivre, le meilleur des scénarios, c’est un an ou un an et demi, si la chimiothérapie qu’ils me font actuellement fonctionne, raconte-t-elle.

Jacynthe Anctil doit aussi vivre avec les troubles financiers entraînés par sa maladie.

Je n’ai pas de revenu du tout. Quand mon studio a fermé en raison de la COVID, puis du cancer simultanément, j’ai dû déclarer faillite. Je n’ai pas droit au chômage, je n’ai pas droit au B.S. [assistance sociale], car mon chum gagne de l’argent, souligne-t-elle.

Probablement qu’un salarié régulier aurait eu une assurance quelconque ou au moins du chômage, ou quelque chose. Travailleur autonome, tu es malade, tu t’organises.

Une citation de :Jacynthe Anctil
Jacynthe Anctil sourit.

Jacynthe Anctil a décidé de changer de mode de vie pour tenter de combattre la maladie.

Photo : Radio-Canada

D'autant plus que pour tenter de combattre le cancer, elle a radicalement changé de mode de vie. En plus de sa chimiothérapie, elle a notamment coupé le sucre, en plus de commencer à prendre de nombreux suppléments et à manger bio. Je veux tout changer, je n’ai pas le temps de dire "on va essayer ça, on va essayer ça”, explique-t-elle.

Si ce n’était pas du changement que je veux faire, on réussit à arriver les deux avec un salaire, mais avec tous les suppléments que je veux aller chercher, avec toute l’aide que je veux aller chercher, je ne peux pas réussir à faire ces changements-là si je n’ai pas les moyens de le faire financièrement.

Je ne veux pas attendre de mourir, je veux vivre. 

Une citation de :Jacynthe Anctil

Pour tenter de passer au travers de cette épreuve financière, elle et sa fille ont lancé une campagne de sociofinancement.

Un problème fréquent

Le cas de Jacynthe Anctil est loin d'être unique, déplore la députée de Sherbrooke de Québec solidaire Christine Labrie. 

Malheureusement, ça arrive beaucoup trop souvent que des familles, des personnes se retrouvent dans une situation très inconfortable financièrement à cause de la maladie. 

Une citation de :Christine Labrie, députée de Sherbrooke

Dans ce cas-ci, c’est le cancer, parfois c’est la maladie d’un enfant. C’est pour ça qu’à Québec solidaire, on pense qu’un revenu minimum garanti nous permettrait de nous assurer que vraiment personne ne passe entre les mailles du filet, ajoute-t-elle.

La coordonnatrice aux événements et aux communications de la Rose des vents de l’Estrie, qui vient en aide aux personnes atteintes du cancer, croit aussi que le gouvernement devrait intervenir.

Si nous, dans notre quotidien, il nous arrive un petit imprévu, on est désespérés parce que financièrement, ça change nos choses. Imaginez quand vous avez une maladie comme ça, des traitements à l’hôpital, et en plus vous n’avez pas de revenu, vous vous cassez la tête avec ça, remarque France Cardin.

Oui, je pense qu’il y aurait quelque chose à faire avec les gens du gouvernement, d’avoir un fonds d’aide pour les travailleurs autonomes qui vivent une maladie comme le cancer ou une maladie grave comme ça, conclut-elle.

Avec les informations de Marie-Hélène Rousseau

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