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39 000 poulets envoyés « à la poubelle » : « Ça me dégoûte! »

Des plumes de poulet jonchent le sol d'un bâtiment agricole à l'intérieur duquel est stationné un tracteur.

Jean-Gabriel Fortier a dû faire euthanasier ses 39 000 poulets.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Tanguay

Victime collatérale du conflit de travail à l’usine Exceldor de Saint-Anselme, un éleveur de poulets de Saint-Malachie, dans la région de Chaudière-Appalaches, a dû se résigner jeudi à euthanasier ses 39 000 poulets.

Je suis jeune, mais j'espère ne jamais revivre ça. Puis je ne souhaite ça à personne, parce que l'image d'ouvrir les portes du bâtiment pis de voir le plancher qui est blanc [en raison des plumes] c'est dur de s'enlever ça de la tête en maudit, confie en entrevue à Radio-Canada Jean-Gabriel Fortier, propriétaire de la ferme Aviporc.

Jeudi matin, un camion rempli de gaz s’est présenté à l’établissement agricole pour procéder à l’élimination des oiseaux. Une demi-heure plus tard, les poulets avaient tous été asphyxiés.

Jean-Gabriel Fortier accorde une entrevue à Radio-Canada devant un bâtiment agricole.

Même si ses poulets n'ont pas pris le chemin de l'abattoir d'Exceldor, Jean-Gabriel Fortier recevra une compensation financière de la part de la coopérative, dont il est membre.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Tanguay

L’éleveur de volailles a du mal à accepter que tout le travail qu’il a consacré à ses animaux au cours des derniers mois n’ait servi à rien.

En tant que producteur, ça me dégoûte. Il n’y a pas de mot [...] C'est dur à expliquer. T'élèves des oiseaux pour nourrir le monde et non pour les envoyer à la poubelle.

Une citation de :Jean-Gabriel Fortier, éleveur de poulets

Grève générale

Les 600 employés de la coopérative Exceldor de transformation de poulets de Saint-Anselme ont déclenché une grève générale le 23 mai. Ils réclament de meilleurs salaires.

Jusqu’ici, le conflit de travail a forcé les producteurs québécois de volailles à euthanasier plus d’un million de poulets.

Des plumes de poulet jonchent le sol d'un bâtiment agricole à l'intérieur duquel est stationné un tracteur.

Jean-Gabriel Fortier a dû faire euthanasier ses 39 000 poulets.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Tanguay

La ministre fédérale de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau, s'impatiente de voir le conflit perdurer. Elle presse les parties d'en arriver à une entente.

Ça ne peut plus durer, franchement c'est intolérable de laisser des animaux destinés à l'alimentation être abattus pour aucun usage, a-t-elle dénoncé jeudi.

Arbitrage

Mardi, Exceldor a accepté l’arbitrage proposé par le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale du Québec, Jean Boulet.

Cet arbitre-là, c'est une personne neutre, objective, qui rendrait une décision selon l'équité et la justice, fait valoir le ministre.

Le ministre en conférence de presse.

Le ministre Jean Boulet a proposé de nommer un arbitre pour régler le conflit de travail à l'usine Exceldor de Saint-Anselme (archives).

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Le syndicat qui représente les travailleurs en grève a toutefois indiqué jeudi qu’il rejetait la demande d’arbitrage.

D’autres conflits à venir?

L’économiste Sylvain Charlebois s’attend à ce que des conflits semblables à celui qui paralyse l’usine de Saint-Anselme éclatent ailleurs au pays.

Les problèmes qu'on voit à Exceldor sont les mêmes ailleurs, alors c'est certain qu'on regarde attentivement ce qui se passe à Saint-Anselme, et si on a à augmenter les salaires, ou si on veut augmenter les salaires, on va regarder Saint-Anselme comme une étude de cas, fait valoir le professeur en politiques agroalimentaires à l'Université Dalhousie, à Halifax.

La poursuite du conflit de travail à l’usine Exceldor pourrait finir par se répercuter sur le prix du poulet à l’épicerie et en restaurant.

Avec les informations de Sébastien Tanguay et de Pascal Poinlane

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