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Un PDG unilingue au Musée canadien de l’histoire?

Vue du Musée canadien de l'histoire.

Le Musée canadien de l'histoire est dans la tourmente depuis le dépôt d'une plainte pour harcèlement déposée contre le PDG Mark O'Neil qui a remis sa démission en avril.

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

Le candidat qui est favorisé par le gouvernement Trudeau pour prendre les rênes du Musée canadien de l’histoire à Gatineau suscite la controverse à l’interne, notamment en raison de craintes quant à sa connaissance du français, selon ce qu’a appris Radio-Canada.

Des sources nous ont affirmé que le conseil d’administration du Musée était fortement divisé quand est venu le temps d’approuver le candidat en question, dont l’identité n’a pas encore été dévoilée.

Le candidat a rencontré le CA et sa nomination a été approuvée par une très courte majorité, selon des sources qui ont requis la confidentialité étant donné le caractère secret du processus de sélection.

En particulier, ces sources affirment que le candidat favorisé par le gouvernement est loin d’avoir impressionné le CA du Musée en ce qui a trait à son niveau de bilinguisme.

Le candidat en question serait issu de la diversité, selon deux de nos sources.

Selon une autre source, le gouvernement a cherché à amener du renouveau en optant pour un candidat externe. Le Musée est encore aux prises avec une crise interne découlant d’allégations de climat de travail toxique au sein de la haute direction.

Daniel Leblanc

Dans l’offre officielle d’emploi, le gouvernement annonçait qu’il tiendrait compte du bilinguisme et de la diversité des postulants. Il était aussi mentionné que la maîtrise des deux langues officielles serait préférable.

Le cabinet du ministre du Patrimoine canadien Steven Guilbeault dit que le gouvernement fédéral s’est engagé à pourvoir des postes dans les hautes sphères de la fonction publique avec des candidats qui reflètent la diversité du Canada en ce qui concerne les groupes linguistiques, régionaux et d'équité en matière d'emploi (femmes, peuples autochtones, personnes handicapées et membres des minorités visibles), ainsi que les membres de groupes issus de la diversité.

La sélection officielle du candidat n’a pas encore franchi toutes les étapes du processus et devra encore être approuvée par le Conseil des ministres.

Bilinguisme obligatoire?

Située du côté québécois de la rivière des Outaouais, l’institution est vue par plusieurs comme le plus important musée au Canada. Le Musée de l’histoire est aussi l'une des principales attractions touristiques au pays, attirant plus d’un million de visiteurs par année avant d’être forcé de fermer ses portes par la pandémie de la COVID-19.

Ce ne serait pas la première fois que le gouvernement Trudeau opte pour un candidat qui n’est pas parfaitement à l’aise dans les deux langues officielles pour diriger une de ses principales institutions culturelles.

En 2019, le gouvernement a choisi Sasha Suda pour diriger le Musée des beaux-arts du Canada, situé en face du Musée de l’histoire, directement de l’autre côté de la rivière des Outaouais. Mme Suda affirmait alors qu’elle allait suivre des cours de français et se donnait cinq ans pour devenir parfaitement bilingue.

Une femme regarde droit dans la caméra.

Sasha Suda, directrice générale du Musée des beaux-arts du Canada

Photo : Radio-Canada / Pierre-Paul Couture

L’an dernier, elle a suscité de nombreuses critiques en offrant une visite virtuelle du Musée des beaux-arts uniquement en anglais.

Les libéraux fédéraux ont pourtant récemment investi de nombreux efforts pour redorer leur image en matière de protection des langues officielles. Avec le projet de loi C-32, déposé cette semaine, le gouvernement propose de rendre obligatoire le bilinguisme pour les juges de la Cour suprême du Canada, par exemple.

Un Musée en état de crise

Le prochain PDG du Musée de l’histoire héritera d’une institution en crise. Non seulement l’institution a-t-elle dû composer avec les bouleversements causés par la pandémie depuis plus d’un an, mais elle a été fortement marquée par une enquête interne entourant des allégations de climat de travail toxique.

En avril dernier, Mark O’Neill annonçait son départ en tant que président-directeur général du Musée, alors qu'il n’était qu’à deux mois de la fin de son mandat. M. O’Neill avait fait l'objet d’une plainte pour harcèlement en milieu de travail l’été dernier, et l’enquête dans ce dossier avait été terminée en janvier.

Mark O’Neill en entrevue à Radio-Canada

Mark O’Neill, président-directeur général du Musée canadien de l'histoire (archives)

Photo : Radio-Canada

Différentes démarches entreprises l’an dernier pour assainir le climat de travail ne sont pas encore terminées, ayant fait l’objet de consultations à l’interne au cours des derniers mois.

Le Musée procède à d’autres consultations pour l’avenir, à partir des observations reçues. L’équité et l’inclusion dans le milieu de travail demeurent des priorités absolues du Musée, affirme le porte-parole Bill Walker.

M. Walker a refusé de commenter le processus de sélection du nouveau PDG, expliquant que toutes les discussions internes à ce sujet et sur d’autres affaires du conseil [d’administration] sont légalement strictement confidentielles.

Avec les informations de Kevin Sweet

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