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Stratégie maritime : les grandes espérances de l’Est-du-Québec

Un bateau au port de Matane.

Dans l'Est-du-Québec, la stratégie maritime était très attendue. (archives)

Photo : Radio-Canada / Luc Paradis

Québec entend investir 967 millions de dollars d’ici 2024-2025 dans sa nouvelle stratégie maritime intitulée Avantage Saint-Laurent. Dans les trois régions maritimes de l'Est-du-Québec, plusieurs projets sont déjà sur la table.

On a besoin de rêver grand. C’est par ces premiers mots que la ministre déléguée aux Transports, Chantal Rouleau, a commencé l’annonce jeudi matin de la nouvelle stratégie maritime du gouvernement Legault.

Dans les régions côtières que sont le Bas-Saint-Laurent, la Côte-Nord, la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine, cette injonction de la ministre a été bien entendue. Ce qui a été vraiment clair ce matin, c’est que le développement maritime va être un des piliers de la relance économique du Québec avec des investissements importants dans les infrastructures, commente le maire de Matane, Jérôme Landry.

Des ports en attente

Québec va effectivement injecter 300 millions de dollars pour moderniser les infrastructures de transport maritime.

De tels investissements sont souhaités depuis longtemps, notamment à Matane où le port est en état de désuétude avancée.

Il y a trois ans, presque jour pour jour, le port de Matane, comme ceux de Gaspé, de Cacouna et de Rimouski ont été rétrocédés à Québec par Ottawa avec une enveloppe de 168 millions de dollars pour la mise à niveau et l’exploitation.

Le port de Matane.

Entrée du port de Matane (archives)

Photo : Radio-Canada

À l’époque, la mise à niveau des quatre ports était évaluée à 100 millions, dont 60 millions pour les travaux au port de Matane, le plus délabré des quatre.

Trois ans plus tard, le maire de Matane indique que les besoins sont entre 85 et 95 millions de dollars.

Outre les travaux de reconstruction du quai, le projet inclut maintenant un prolongement, la construction d’un nouveau poste à quai et l’ajout d’aires d’entreposage. Le projet est déposé et en analyse.

Les sommes supplémentaires qu’annonce Québec pour les infrastructures sont donc les bienvenues. On est très optimiste à une concrétisation des besoins pour le port de Matane, indique Jérôme Landry.

D’autant plus qu’interrogée sur la place des quatre ports dans la nouvelle stratégie, la ministre Chantal Rouleau a brièvement parlé d’une annonce pour bientôt.

Le cabotage tant espéré

La mairesse de Cacouna, Ghislaine Daris, aurait espéré entendre déjà cette annonce.

Des quatre ports rétrocédés et maintenant gérés par la Société portuaire du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie, celui de Cacouna a toujours été bien entretenu par le fédéral, indique la mairesse. Comme à Gaspé, la mise à niveau y sera moins importante.

La mairesse Daris attend aussi d’en savoir plus sur les 394 millions destinés au financement de projets pour les communautés maritimes.

Installations au Terminal maritime de Gros Cacouna.

Installations au Terminal maritime de Gros Cacouna.

Photo : Radio-Canada

Même chose à Matane où le maire Landry compte sur l’argent que Québec a annoncé pour le développement de projets pour stimuler l’activité portuaire. C’est de développer de nouveaux marchés, c’est le transport courte distance. Il va s’agir de trouver des façons d’aller chercher notre part dans ce développement. Les perspectives sont très bonnes.

Déjà, ajoute le maire, le transport de courte distance est une réalité tangible au port de Matane avec du transbordement de marchandises pour le Nord-du-Québec, la Côte-Nord et les Îles-de-la-Madeleine. On est vraiment un carrefour intermodal qui a tout ce qu’il faut pour se développer.

À Gaspé, un des enjeux est de relier le port de Gaspé au parc industriel des Augustines où de nombreux terrains sont à développer. De nouveaux investissements sont prévus notamment dans les zones industrialo-portuaires.

Le maire, Daniel Côté, voit donc dans l’annonce de Québec une opportunité pour le développement industriel de sa ville.

À Sept-Îles, le maire Réjean Porlier se montre plus sceptique. Est-ce que cette fois-ci est la bonne? demande M. Porlier. Il rappelle que ce n’est pas la première fois que Québec tente un virage vers le cabotage et le transport maritime de courtes distances.

Les projets sont là depuis un moment, souligne Réjean Porlier. On a à côté de nos routes, le plus beau corridor pour transporter des marchandises et c’est le Saint-Laurent, et c’est à peine utilisé, alors que le potentiel est énorme.

Une grue soulève un wagon de train au port de Sept-Iles.

Le port de Sept-Îles joue déjà un rôle central dans le développement économique du Nord québécois et de la Côte-Nord. (archives)

Photo : Radio-Canada

La Côte-Nord travaille depuis des années à un approvisionnement en gaz naturel. Pour le maire Porlier, la nouvelle stratégie maritime pourrait ouvrir la porte à des installations portuaires pour rediriger cet approvisionnement vers l’autoroute bleue. Je ne demande qu’à y croire et qu’à voir le résultat de tout ça, ajoute le maire.

Recherche et environnement

Une partie de l’argent, 232 millions, sera consacrée à la recherche et à la protection des écosystèmes maritimes.

Le maire de Sept-Îles souhaite que le jeune Centre d’expertise industrialo-portuaire (CEIP), qui constitue le premier centre de recherche dédié aux écosystèmes industrialo-portuaires, puisse profiter de cette aide. Il y a des sommes impressionnantes qui accompagnent tout ça, mais c’est de les attacher, il faut s’assurer que tout le long du Saint-Laurent, tout le monde aura droit à sa part, commente Réjean Porlier.

Sept-Îles, Port-Cartier ont besoin des mêmes outils qu’ailleurs au Québec pour se développer.

Une citation de :Réjean Porlier, maire de Sept-Îles

Le maire de Rimouski, Marc Parent, se montre plus confiant et voit de nombreuses retombées potentielles pour le Bas-Saint-Laurent dans la nouvelle stratégie. J’ai particulièrement porté mon attention, observe M. Parent, sur la deuxième orientation de la stratégie qui est en lien avec la protection de l’environnement, des écosystèmes et de l’avancement technologique. On sait que sur le territoire du Bas-Saint-Laurent, et particulièrement à Rimouski, il y a énormément de travail de recherche, d’applications qui viennent justement répondre à ses objectifs.

Marc Parent a déjà en tête plusieurs projets qui correspondent, selon lui, aux ambitions de Québec de faire du Saint-Laurent un corridor qui soit aussi sécuritaire pour la navigation que pour les mammifères marins et l'ensemble des écosystèmes.

Un quai avec au loin un bateau.

Les infrastructures portuaires de Rimouski ont aussi besoin d'une mise à niveau.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Il cite notamment le projet MARS qui, grâce à l’installation d’une station d’écoute au large de Rimouski, vise à réduire l'impact sonore des navires sur l'environnement et les mammifères marins.

Il rappelle que le secteur maritime occupera une place importante dans le futur centre d’innovation Novarium, présentement en construction à Rimouski.

Le port de Rimouski devra aussi faire l’objet d’importants investissements pour sa mise à niveau. Les sommes supplémentaires annoncées par Québec serviront, là aussi, espère le maire, de nouveau tremplin au développement du transport maritime.

Une bouffée d'air frais pour l'Est-du-Québec

Sur la Côte-Nord, la directrice générale de la Corporation de gestion du Port de Baie-Comeau attendait avec impatience la nouvelle stratégie maritime qui favorisera, selon elle, le développement des zones industrialo-portuaires.

C’était très attendu, pas seulement sur le plan des infrastructures portuaires, mais également sur le plan du développement industriel en général puisque les zones industrialo-portuaires sont des créations des stratégies maritimes antérieures, a lancé Karine Otis, en entrevue à Bonjour la Côte vendredi.

Karine Otis d'ID Manicouagan se dit inquiète de la disqualification de firmes baie-comoises.

Karine Otis, directrice générale de la Corporation de gestion du Port de Baie-Comeau (archives).

Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

Elle ajoute que l'industrie maritime était préoccupée, dans les dernières années, quant à la poursuite des zones industrialo-portuaires, mais que la confirmation de soutien de ces zones de la part du gouvernement soulage.

Je pense que pour Baie-Comeau, Sept-Îles et Port-Cartier c’est une bonne nouvelle parce que nous sommes une région industrielle, nous sommes une région qui, historiquement, a attiré des investissements étrangers structurants. On est bien positionné là-dessus, indique Mme Otis.

En Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent, le retour du projet de cabotage sur le fleuve aura des répercussions positives pour la région, selon la présidente-directrice générale de la Société portuaire du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie, Anne Dupéré.

Elle croit que le transbordement de marchandises permettra notamment d'embaucher des travailleurs locaux et des transporteurs régionaux.

Ça a un impact économique énorme dans chacune des collectivités qui est reliée à un port.

Une citation de :Anne Dupéré, Société portuaire du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie

On n'en a pas toujours conscience, mais un port c'est un peu un parc industriel maritime où il y a beaucoup d'activités. Ça fait vraiment vivre les communautés de façon très importante, a caractérisé Mme Dupéré en entrevue à Info-réveil.

Anne Dupéré précise aussi que la nouvelle stratégie maritime sera riche pour les quatre ports qui appartiennent maintenant au gouvernement du Québec.

Avec la collaboration d'Alice Proulx

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