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Manifestation à Montréal pour les 9 ans de détention de Raif Badawi

Des gens debout et tenant chacun une pancarte avec comme message : Libérez Raif Badawi.

Une trentaine de personnes se sont rassemblées au centre-ville de Montréal jeudi midi pour demander la libération du blogueur saoudien Raif Badawi.

Photo : Radio-Canada / Alexie André-Bélisle

Radio-Canada

Des manifestants se sont réunis jeudi au centre-ville de Montréal pour souligner l’emprisonnement, il y a aujourd’hui neuf ans, du blogueur saoudien pour avoir critiqué l’islam et le gouvernement de son pays.

Raif Badawi, marié et père de trois enfants qui vivent aujourd’hui avec leur mère à Sherbrooke, au Québec, avait été arrêté et condamné en 2012 à 10 ans de prison, 1000 coups de fouet et à l’équivalent de 300 000 $ canadiens d’amende pour délit d’expression.

Les propos critiques que le blogueur a tenus sur le site Internet Free Saudi Liberals au sujet du gouvernement saoudien et de la façon dont les femmes sont traitées dans le pays lui ont attiré la colère de la monarchie qui règne sur le pays depuis les années 1930.

Dans exactement un an, Raif Badawi aura purgé les 10 années de sa peine. Quant aux coups de fouet, il n’en a reçu qu’une cinquantaine après le tollé international soulevé par la publication de photos montrant ses blessures infligées lors de la première séance de flagellation.

Le blogueur Raif Badawi

Le blogueur Raif Badawi

Photo : Radio-Canada

Or, même s’il purge l’ensemble de sa peine, Raif Badawi ne sera pas autorisé à se rendre au Canada pour y retrouver sa famille qui y a obtenu l’asile politique en 2013.

Des conditions qu’ont dénoncées jeudi les manifestants qui ont répondu à l’appel d’Amnistie internationale. Cette ONG réclame des efforts supplémentaires d’Ottawa pour faire libérer Raif Badawi et veiller à ce qu’il ait le droit de quitter son pays dès sa sortie de prison.

Bien qu’il soit difficile, voire presque impossible pour Ottawa de faire fléchir le gouvernement saoudien, Colette Lelièvre, responsable des campagnes et des actions chez Amnistie internationale, croit que le Canada peut en faire davantage pour M. Badawi et ses proches.

Le Canada peut faire des pressions à plusieurs niveaux. À travers les instances internationales, il peut s’allier avec d’autres pays membres des Nations unies, explique Mme Lelièvre.

Certes ce n’est pas simple, car l’Arabie saoudite n’a plus d’ambassadeur au Canada et nous n’avons plus d’ambassadeur en Arabie saoudite, mais ce ne serait pas la première fois qu’on pourrait travailler par le biais d’autres pays, par exemple.

Une citation de :Colette Lelièvre, responsable des campagnes et des actions chez Amnistie internationale

On a gagné que Raif ne soit pas flagellé dans son pays. Même si on n’a pas gagné qu’il sorte de prison, on veut qu’il soit libéré de l’obligation de vivre en Arabie saoudite, a souligné pour sa part une manifestante.

Michel-Marc Bouchard parle devant des sympathisants vêtus de dossards jaunes à l’effigie d’Amnistie internationale.

Le dramaturge Michel-Marc Bouchard a pris la parole lors de l'événement.

Photo : Radio-Canada / Alexie André-Bélisle

Parmi les manifestants, le dramaturge Michel-Marc Bouchard a pris le temps d’assister à l’événement.

On l’a condamné à 1000 coups de fouet, à 10 ans de prison, à payer 300 000 $ d’amende et surtout à ne pas voir sa famille. Tout ça pour avoir osé poser des questions sur son État ou la condition des femmes.

Une citation de :Michel-Marc Bouchard, dramaturge

Rappelons qu’en janvier dernier, la Chambre des communes a adopté à l’unanimité une motion qui demande au ministre fédéral de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Marco Mendicino, d’accorder la citoyenneté canadienne à Raif Badawi.

Le 4 juin dernier, c’était au tour du Sénat d’adopter une résolution semblable. La motion 80, déposée par la sénatrice indépendante Julie Miville-Dechêne, demandait au ministre Mendicino d'utiliser son pouvoir discrétionnaire lui permettant d'attribuer la citoyenneté à toute personne afin de remédier à une situation particulière et inhabituelle de détresse.

Des efforts louables, mais vains dans la mesure où l’Arabie saoudite ne reconnaît pas la double citoyenneté, à plus forte raison celle d’un dissident politique connu.

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