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Chronique

Agir pour combattre des attaques racistes ciblant les femmes

Une jeune femme blessée.

Plusieurs femmes ont été attaquées à Edmonton et à Calgary ces derniers mois.

Photo : iStock

Je finis par penser que la tentation de s’en prendre à des femmes noires est chose courante à Edmonton et à Calgary, et que c’est un phénomène qui prendra de l’ampleur, à défaut d’actions.

La police d’Edmonton a ouvert une enquête concernant une Canado-Somalienne qui a été violemment poussée par un inconnu contre un trottoir du nord d’Edmonton, la semaine dernière.

À Calgary, la police est à la recherche d’un suspect qui s’en serait pris verbalement à une femme et à ses enfants, mardi.

Ces incidents surviennent quelques jours à peine après l’attaque au camion-bélier qui a décimé une famille musulmane de London, en Ontario. Ils surviennent aussi quelques mois après d’autres attaques de femmes musulmanes noires à Edmonton.

Les attaques médiatisées ont suscité des appels pour combattre des actes racistes à l’échelle des villes, des provinces et du pays, mais, combien d’autres passent inaperçues, notamment parce que les victimes n’ont jamais su comment les porter à l’attention des autorités?

Un cas remonte à ma mémoire et alimente ma colère... Il y a cinq ans, mon épouse a été attaquée par un inconnu, en pleine rue, au centre-ville d’Edmonton.

Terrorisée, elle m’avait appelé au travail, ce jour-là, pour m’en faire part. Elle racontait qu’en revenant de la bibliothèque municipale, elle avait sursauté en entendant quelqu’un surgir de derrière et lui crier dans l’oreille.

Le temps de se retourner, l’individu qui était à vélo lui avait asséné un grand coup au dos, en lui adressant des insultes racistes.

J’ai fait mon possible pour ne pas alimenter sa fureur gratuite contre moi et je ne voyais pas le public réagir. J’ai couru pour rentrer dans la bibliothèque et échapper à cet homme qui paraissait prêt à en remettre, m’avait expliqué mon épouse.

C’était en plein jour. Je n’ose pas imaginer jusqu’où aurait pu aller la violence si l’agression était survenue dans un endroit isolé.

Comment identifier un agresseur qui a surgi inopinément et furtivement avant de s’éclipser? Comment obtenir l’aide d’inconnus qui ne semblent pas avoir réagi sur le moment?

Faute de répondre à ces questions, nous avons renoncé à signaler l’incident à la police. Nous l’avons néanmoins perçu comme une alerte pour redoubler de vigilance lors des sorties.

Nous pensions, à l’époque, qu’il s’agissait d’un incident isolé. Des années plus tard, à la lumière des agressions qui se multiplient, je ne suis plus capable de l’affirmer.

Je suis donc plus qu’intéressé de participer à la pression qui s’accentue pour des actions contre des incidents haineux ou racistes, spécialement ceux qui ciblent des femmes.

Je suis de ceux qui souhaitent des mesures accrues pour sécuriser les lieux publics et les endroits que des familles, et surtout des femmes de couleur, sont susceptibles de fréquenter.

Je joins aussi ma voix pour demander davantage de sensibilisation pour que les différences raciales et religieuses soient davantage acceptées et valorisées dans nos espaces partagés.

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