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L’Église qui conteste les ordres sanitaires est une secte, disent d’anciennes membres

Une femme de dos, vêtue d'une longue robe noire, marche près de l'église.

Les femmes membres de l'Église Church of God Restoration doivent respecter un code vestimentaire strict portant notamment sur la longueur des robes et la couleur des bas, selon d'anciennes membres.

Photo : Radio-Canada / Austin Grabish

Radio-Canada

Deux anciennes membres de l’Église Church of God allèguent que l’organisation contrôlait plusieurs aspects de leur vie et attendait des membres qu’ils se dénoncent les uns les autres en cas de manquements aux règles.

L’Église Church of God a fait les manchettes récemment pour avoir défié les règles sanitaires du Manitoba.

Je pense que cette Église est une secte, affirme une ancienne membre, Tina Wall. Vous ne pouvez pas penser par vous-même, il faut juste suivre ses dirigeants.

En 2019, Tina Wall a quitté l’Église Church of God Restoration, située au sud de Steinbach, au Manitoba, après en avoir été membre pendant près de huit ans.

Cette Église, qui se targue d’être ouverte et transparente, dit qu’elle fonctionne sur un système de croyances. Ceux qui sont en accord avec elle restent, et ceux qui ne le sont pas partent.

Tina Wall est tombée sous le charme de la congrégation il y a une dizaine d'années. Elle se souvient de discours longs et passionnés au sujet de l’amour de Dieu qu’elle entendait pendant les services. Il ne lui a pas fallu beaucoup de temps pour mordre à l’hameçon.

En un court laps de temps, on se dit simplement : "Si je veux aller au paradis, c’est ici qu’il faut être!", raconte la jeune femme de 30 ans.

L’Église, une secte apocalyptique qui croit que la fin du monde est imminente, a fait les manchettes l’automne dernier alors qu’elle contestait les restrictions sanitaires imposées en raison de la pandémie.

Elle est dirigée par 11 apôtres répartis autour du monde, dont celui d’Aylmer, en Ontario. Son apôtre en chef, Ray Tinsman, est responsable de l’ensemble de la congrégation et est établi en Ohio.

Une Église un peu antimédecine moderne , selon son dirigeant

L’Église Church of God Restoration impose à ses membres des règles strictes et spécifiques portant, par exemple, sur les vêtements qu’ils doivent porter. Les sous-vêtements des femmes doivent être blancs, et ces dernières doivent porter des bas de couleur sombre en tout temps quand elles sont à l’extérieur de leur chambre à coucher.

L’Église a aussi des règles concernant les soins médicaux que reçoivent les adultes qui souffrent de maladies graves et promeut une doctrine fondée sur la guérison divine.

Tina Wall est assise sur un banc dans un parc.

Tina Wall a quitté l'Église en 2019.

Photo : Radio-Canada / Austin Grabish

Tina Wall allègue que l’Église décourage le recours à la médecine en cas de maladie grave et qu’elle fait plutôt la promotion de la guérison divine.

Elle se souvient qu’en 2013 une membre de la congrégation manitobaine a reçu un diagnostic de cancer et qu'elle est morte après avoir choisi de ne pas suivre de traitement.

Elle souffrait terriblement, raconte Tina Wall. C’était horrible à voir. Je me souviens, quand je l’ai vue, oh... ma peur des maladies a augmenté à un tel point… Je me disais tous les jours : qu’est-ce qui arrivera si j’ai un cancer? Qu’est-ce qui arrivera si je n’ai pas de traitement, pas d’aide, rien?

Tina Wall et une autre ancienne membre, Gloria Froese, disent qu’elles pouvaient consulter des dentistes ou des chiropraticiens, mais qu’en cas de maladie grave, obtenir une aide leur aurait été défendu. Le site Internet de l’Église indique qu’une personne malade doit appeler les aînés de l’Église et les laisser prier.

L’apôtre en chef, Ray Tinsman, n’a pas répondu aux multiples demandes d’entrevues de CBC faites au cours du mois dernier. Dans un discours public lors d’une assemblée à Greenville en Ohio, en 2019, il a parlé des doctrines de l'Église et des appels aux aînés qui emploient des prières et de l’huile pour la guérison d’une personne malade.

Quand, dans la foule, on lui a demandé si un membre voulant des soins médicaux pouvait être sanctionné, Ray Tinsman a répondu que cela se produirait seulement dans le cas où quelqu’un renoncerait à quelque chose qu’il avait défendu auparavant.

J’ai des membres de ma famille qui sont morts et qui ont fait ça en raison de leurs convictions personnelles. Et s'ils n'avaient pas personnellement senti qu’ils devaient le faire, je ne l’aurais jamais, jamais encouragé ni demandé, a-t-il déclaré à l'assemblée.

Ray Tinsman a dit que, si l’Église est un peu antimédecine moderne, un enfant qui tomberait gravement malade recevrait cependant des soins médicaux.

Une Église qui instille la peur de l’enfer, selon une ancienne membre

Tina Wall allègue avoir fait face à des mesures plus restrictives quatre à six mois après avoir rejoint les rangs de l’Église.

Il y a beaucoup de lavage de cerveau là-bas, dit-elle, en alléguant que l’Église fait une interprétation de la Bible qui convient à ses doctrines. Il n’a pas fallu beaucoup de temps pour qu’elle commence à voir les Écritures du point de vue de l’Église, raconte-t-elle.

Elle allègue que, quelques mois après son entrée dans la congrégation, le discours des pasteurs a changé et qu’ils se sont mis à instiller la peur de l’enfer et à forcer les membres, quel que soit leur âge, à obéir aux dirigeants.

Plusieurs personnes sont rassemblées à l'entrée d'un bâtiment.

Des membres de l'Église Church of God Restoration ont participé à un service près de Sarto, au Manitoba, le dimanche 6 juin 2021. Le pasteur Tobias Tissen, situé au centre sur la photo, a fait l'objet d'un mandat pour violation des ordonnances sanitaires.

Photo : Radio-Canada / Austin Grabish

Des membres qui ont parlé à CBC disent avoir vécu dans la peur des apôtres. Ces derniers affirment avoir le pouvoir de priver quelqu’un de son salut, explique Tina Wall.

Si vous remettez les apôtres en question, on vous prive de votre salut, alors vous n’osez pas les remettre en question.

Elle dit qu’on l’encourageait à couper ses relations avec toute personne extérieure à l’Église, y compris ses parents.

On vous dit qu’ils sont mauvais, qu’ils sont le diable et, vous savez, ne pas pouvoir les voir, c’est un sentiment horrible, c’est vraiment douloureux, dit-elle.

Nous n’utiliserions pas la coercition, dit l’apôtre en chef

Une autre question posée à Ray Tinsman pendant l’assemblée publique tenue en 2019 portait sur l’utilisation par l’Église d’un processus d’endoctrinement ou de persuasion appelé lavage de cerveau.

On est probablement coupable de ça, a-t-il déclaré. Mais CNN et Fox News en font autant, ainsi que tout le monde.

L'approche de l’Église, dit-il, exclut la coercition. Nous n’utiliserions pas la coercition, a-t-il déclaré.

On a aussi demandé à Ray Tinsman de répondre aux préoccupations voulant que l’Église soit une secte. Il faudrait définir ce qu'est une secte, a-t-il répondu.

Selon moi, l’église chrétienne ou le Livre des actes [des apôtres] sont des explications assez larges d’une secte.

Mais, encore une fois, c’est assez large. Et le fait que nous pensons que des gens qui partagent les mêmes idées se rassemblent, c'est comme dans le Parti républicain, c’est le cas dans le Parti démocrate, c’est le cas dans plein d’autres choses.

Tina Wall dit que, pendant qu’elle grandissait en tant que membre de la congrégation, on lui défendait d’aller sur Internet en l’absence d’un pasteur. Elle allègue que son téléphone était verrouillé par l’Église à l’aide d’un code.

Ray Tinsman a déclaré en 2019 que les membres doivent habituellement se tenir loin d’Internet, à l’exception des entreprises, et qu'il est défendu aux enfants d’aller en ligne.

Tina Wall allègue que, dans la congrégation manitobaine, les enfants qui vont à l’école de l’Église ont constamment peur de l’enfer.

Ils leur montrent, parfois avec des objets, comment les enfants vont tomber en enfer, dit-elle.

D’anciens membres de la congrégation ont déclaré à CBC qu’ils se sentaient dans l’obligation d’obéir à l’Église.

Tina Wall porte les vêtements sombres exigés par l'Église.

Tina Wall est vue ici à une époque où elle était membre de l'Église Church of God Restoration.

Photo : Gracieuseté Tina Wall

Ils ne nous disaient jamais : "Vous devez faire ceci", mais avec le temps, si on ne faisait pas ce qu’ils attendaient de nous, on savait qu’on irait en enfer, explique Tina Wall.

Cette conviction était tellement forte. On ne les remet pas en question, et c’est comme ça qu’ils arrivent à vous faire obéir aux règles.

Les conjoints amenés à se dénoncer l’un l’autre, selon une ancienne membre

Tina Wall et Gloria Froese allèguent qu’on apprend aux enfants à dénoncer les parents qui ne se conforment pas aux règles.

Il faut faire très attention si vous avez des doutes ou des questions, en particulier avec votre conjoint, à moins que vous sachiez qu’il a les mêmes sentiments que vous, parce que l’attente, c’est que ce soit rapporté, explique Gloria Froese.

Elle avait 9 ans quand elle a rejoint les rangs de la congrégation avec ses parents, qui en sont par la suite devenus des ministres.

Tina Wall dit qu’il est difficile de quitter l’Église. Elle craignait d’être méprisée en le faisant.

Ils vous ignorent simplement… Les gens dont vous pensiez qu'ils étaient vos meilleurs amis, vous découvrez qu’ils n’en ont rien à faire de vous. Ils vous abandonnent complètement.

Ils vous questionnent sur votre vie sexuelle

Ray Tinsman a déclaré que l’Église croit en l’excommunication dans le cas de personnes qui tenteraient d’attirer des gens vers peut-être un style de vie que nous n’approuvons pas.

Tina Wall affirme qu’aucun détail de la vie n'est hors limite pour les dirigeants de l’Église.

Quand vous êtes mariés, ils vous questionnent sur votre vie sexuelle – par exemple, ils veulent savoir "comment" elle se déroule. Ils veulent savoir ce qui se passe, dit-elle.

Gloria Froese raconte que, adolescente, on lui interdisait d’avoir un faible pour quelqu’un, que c’était un péché. Dieu lui montrerait son partenaire au moment opportun, lui disait-on.

Ils nous demandaient d’être parfaits. Ils nous enseignaient une vie sans péché, et cela commençait dès le berceau, dit-elle.

On ne pouvait pas répondre. On ne pouvait pas se rebeller. Il ne fallait pas faire les choses de la mauvaise façon, tout devait être comme les gens au pouvoir le voulaient, dit-elle.

Une Église qui recherche l’attention

Gloria Froese, qui est partie à la faveur d’une scission de l’Église en 2000, exprime une certaine frustration au sujet de l’attention médiatique que la congrégation a reçue au Manitoba et en Ontario, où elle a défié les ordonnances sanitaires.

C’est leur jeu. C’est ce qu’ils veulent, dit celle qui est aussi en contact avec d'anciens membres de l’Église au Canada et aux États-Unis.

Je pense qu’ils croient que, s’ils attirent l’attention, s’ils peuvent amener les gens à voir qui ils sont, les gens vont se précipiter vers eux.

Elle dit que les autres confessions religieuses sont discréditées et que la secte se présente comme la seule voie menant au paradis.

Ray Tinman a déclaré que son église non seulement n’a pas de dénomination, mais est antidénomination.

Il a déclaré que les membres subissent beaucoup de pression pour y rester. À l'assemblée en Ohio, on lui a demandé s’il pouvait exister des motifs légitimes de quitter l’Église et si les membres l’ayant fait sont toujours dans leur tort d’être partis, s’ils sont négatifs ou même le diable.

Ray Tinman a répondu : Oui.

Une histoire controversée

La section manitobaine de l’Église a été enregistrée en 1994 auprès de la province en tant qu’organisme sans but lucratif et a obtenu un statut d'organisme de bienfaisance de l’Agence du revenu du Canada en 1996. Elle est l’une des sept églises ayant récemment contesté les ordonnances sanitaires devant la cour.

Une enseigne à l'extérieur de l'église porte sur le fait que la vente d'alcool et les avortements sont permis alors que les églises ont du cesser leurs messes en personne pendant la pandémie.

Une enseigne à l'extérieur de l'Église porte sur le fait que la vente d'alcool et les avortements sont permis alors que les églises ont dû cesser les messes en personne pendant la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Austin Grabish

L’Église Church of God Restoration a des sections au Mexique, aux Philippines, en Autriche, en Bolivie et en Irlande. Elle a été plusieurs fois au cœur de controverses.

En 2001, elle a fait les nouvelles nationales quand des travailleurs sociaux et des agents de police ont retiré sept enfants de leur maison d’Aylmer, en Ontario, après avoir appris que leurs parents, membres de l’Église, les punissaient à coups de ceinture, de tapettes à mouches et de câbles électriques.

Les enfants ont été placés en foyer d'accueil pendant trois semaines avant d'être remis à leurs parents à la suite d’une entente approuvée par le tribunal, selon les reportages du Toronto Star.

En 2001, une fillette de 11 mois, Julia Wiebe, est morte dans une banlieue de Los Angeles des suites d’une méningite qui aurait pu être soignée. Ses parents, un couple d’Aylmer, en Ontario, se sont fiés aux prières plutôt qu’à la médecine et ont été condamnés à 364 jours de prison après sa mort, selon le journal Press-Enteprise.

Selon ce qu’a rapporté par la suite l'Associated Press, le fondateur de l’Église, Danny Laine, permettait que les parents d’enfants malades consultent un médecin. Les parents pouvaient aussi punir les enfants sans faire usage de violence.

Un article du Hamilton Spectator de 2001 a documenté le contrôle strict que Danny Laine exerçait sur les membres.

Selon le quotidien, Danny Laine, mort en 2011, disait avoir été héroïnomane dans les rues de San Francisco pendant 19 ans. Il a prêché à Guthrie, en Oklahoma, dans les années 1980, avant de fonder des congrégations en Ohio, dans l’État de Washington, au Manitoba, en Ontario et en Californie.

Au Manitoba, l’Église a 29 dirigeants, selon le registre des entreprises de la province. Parmi eux, 20 ont un adresse américaine, dont Ray Tinsman, qui vient parfois dans l’église située près de Steinbach.

Le pasteur Jacob Braun est le président de l’Église, selon ces documents. Il était responsable de la congrégation à l’époque où Tina Wall en était membre, mais est, depuis, parti vivre aux États-Unis.

Le pasteur Heinrich Hildebrandt a été un porte-parole de l’Église et est maintenant la personne-ressource de la congrégation manitobaine, selon le bulletin d’information du site Internet. Il a décliné une demande d’entrevue.

Les choix personnels sont l’essence de la liberté, selon l’avocate de l’Église

Le pasteur Tobias Tissen est devenu le visage public de l’organisation au cours des derniers mois alors qu’il a publiquement combattu les restrictions sanitaires de la province. Il a lui aussi décliné les demandes d’entrevue.

Dans une déclaration envoyée par le biais de son avocate, Tobias Tissen déclare ne pas avoir de relations avec Tina Wall et Gloria Froese.

Quiconque a une question sincère au sujet de notre position comme Église [peut m’écrire], et nous serons heureux d’y répondre, affirme Tobias Tissen.

Son avocate est Allison Kindle Pejovic, du Centre de justice pour les libertés constitutionnelles, un organisme qui s’est adressé à la cour pour contester les ordonnances sanitaires dans plusieurs provinces, dont le Manitoba. Elle déclare qu’il est normal que des églises et d’autres organismes aient leur propre système de croyances.

Les personnes qui adhèrent à ce système de croyances vont rejoindre l’organisation tandis que celles qui sont en désaccord ne se joindront pas ou la quitteront, écrit-elle dans une déclaration, le 11 juin.

Les choix personnels sont l’essence même de la liberté fondamentale d’association.

Une église en guerre contre le monde séculier, selon un expert

Selon les confidences d’un ancien pasteur du de la section manitobaine faites au Hamilton Spectator, le fondateur de l’Église, Danny Laine, s’est mis à ajouter des règlements au début des années 1990, notamment l’obligation de demander la permission pour se marier ou pour voyager et l’imposition d’un code vestimentaire strict.

Selon le quotidien, Danny Laine a aussi imposé une doctrine rigide remplaçant la médecine par la guérison divine et interdisant la vaccination des enfants.

On peut lire dans des infolettres publiées sur son site web que l’Église se prononce contre les vaccins et contre les grandes compagnies pharmaceutiques, qu’elle associe à la crise des opioïdes.

Il semble que Big Pharma soit dans une période très lucrative, indique une récente infolettre du site web. Ce qui pose la question : la population mondiale doit-elle se préparer à bien pire que la crise des opioïdes?

Selon Stephen A. Kent, un professeur de l’Université de l’Alberta qui étudie les religions alternatives et controversées, cette Église est en guerre contre le monde séculier.

Stephen A. Kent dit avoir pris conscience de l’existence de cette Église il y a des années, quand les allégations d’agressions d’enfants ont fait surface en Ontario. Il a surveillé les agissements de l’Église Church of God plus attentivement quand elle a fait les manchettes pendant la pandémie.

Les structures de contrôle qu’il observe dans ce groupe sont typiques de techniques de manipulation et de pression exercées par les sectes, affirme-t-il.

Le professeur définit une secte comme un groupe qui use d’influence indue pour générer l’obéissance et la dépendance. La différence entre une Église et une secte, dit-il, se trouve dans leur relation avec le monde extérieur.

En gros, les églises usuelles se sont intégrées dans la société plus large. Elles sont plus tolérantes envers les personnes qui ont d’autres systèmes de croyances, dit-il.

Les sectes, cependant, imposent des restrictions et des contraintes à leurs membres, et dans les cas plus extrêmes, avec de réels leaders sectaires, elles s’insèrent dans plusieurs aspects de la vie des membres, y compris leur vie privée.

Demander aux membres de rapporter le non-respect des règles à l'intérieur de leur famille est typique de ces organisations manipulatrices qui exercent une forte pression sur leurs membres, affirme Stephen A. Kent.

Inonder d’amour pour mieux recruter

Selon Steven Hassan, un Américain expert des sectes, il est courant de voir ces organisations inonder d’amour les nouveaux membres. Ces derniers sont entourés de tellement d’attention et d’éloges qu’il devient difficile de ne pas rejoindre les rangs de l’organisation. C’est ce qui est arrivé à Tina Wall.

En entrevue depuis le Massachusetts, Steven Hassan explique que les Églises chrétiennes ont une éthique. Elles indiquent d’entrée de jeu ce qu’elles sont, en quoi elles croient et quelles sont leurs attentes envers les personnes qui se joignent à elles.

Dans ces Églises, on s’engage envers Jésus et Dieu et pas envers un leadership et une institution humaine. Et si une personne veut aller dans une autre Église, on ne lui dit pas qu’elle ira en enfer .

Les groupes non éthiques ne veulent pas que les gens réfléchissent par eux-mêmes et aient leur propre conscience, dit-il. Ils recherchent une obéissance aux règles.

Après trois premières tentatives, Tina Wall a atteint un point de non-retour et a quitté l’Église quand, durant les services, le pasteur s’est mis à substituer le nom de Ray Tinsman aux références habituelles à Dieu.

Selon Steven Hassan, c’est un autre élément qu'on trouve couramment dans les groupes autoritaires.

Le leader dit : "Je reçois des révélations de Dieu directement, et donc je suis votre chemin vers Dieu." Dans les Églises typiques, on dit plutôt : "Jésus est votre chemin vers Dieu, pas les humains."

À l’assemblée de 2019, quelqu’un a demandé à Ray Tinsman d’expliquer pourquoi un pasteur avait prié en invoquant son nom.

S’il vous plaît, ne priez pas en mon nom. Parfois, je dors et je ne serai en mesure de répondre, a-t-il dit en riant.

Mais laissez-moi vous dire, pour répondre à la question, que cette rumeur ou cette mauvaise compréhension ont un fondement… Nous pensons en effet que nous devons reconnaître la représentation terrestre de Dieu.

Sa famille l’avait mise en garde au sujet de Church of God, dit Tina Wall. Mais elle a commencé à comprendre qu’elle avait fait partie d’une secte il y a à peine un an.

Ma mère m’en parlait parfois, elle me disait : "Tu sais, ça nous attriste que tu sois membre de cette secte", ou mon frère m’envoyait des messages. À un moment donné, j’ai fini par me demander : "Est-ce que c’est vrai?" Mais je combattais toujours cette idée.

Avec les informations d'Austin Grabish

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