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La vie nocturne montréalaise se prend en main avec le 1er sommet de la nuit

Le groupe Boulevards a donné une prestation sur la grande scène du 39e Festival international de jazz de Montréal.

Boulevards

Photo : Spectra/Benoit Rousseau

Radio-Canada

Festivals, bars, spectacles, boîtes de nuit… Les villes vivent de plus en plus la nuit depuis une vingtaine d’années. Alors que les nuits montréalaises se déconfinent, la Ville de Montréal et l’organisme MTL 24/24 ont organisé en ligne mardi et mercredi un premier sommet de la nuit.

L’objectif de cet événement était de fédérer les parties prenantes de la vie nocturne montréalaise afin de la valoriser et de lui développer une politique, comme c’est déjà le cas à Londres où un tsar de la nuit a été nommé ou encore à Paris qui a son maire de la nuit. 

Montréal en décalage

Si, depuis l’époque de la prohibition, la fête et la culture nocturnes font partie de l’ADN de la métropole, cette réputation historique est en décalage avec le retard pris par Montréal sur d’autres villes en matière de gestion des activités nocturnes, selon Anouk Bélanger, professeure au département de communication sociale et publique de l’UQAM et membre du Centre de recherches interdisciplinaires en études montréalaises. 

Vancouver a déjà avancé sur de nouveaux mécanismes de gouvernance, Toronto s’est donné une charte de gouvernance alors qu’à Montréal, on est en train de mettre en place des consultations, a-t-elle expliqué en entrevue avec Catherine Richer, chroniqueuse culturelle à l’émission Le 15-18

Pour faire évoluer la situation, Mathieu Grondin, DJ et réalisateur, a créé MTL 24/24, qui vise notamment à structurer la vie nocturne dans la métropole. L’an dernier, MTL 24/24, qui dit entretenir une excellente relation avec la Ville de Montréal, s’est doté d’un conseil de nuit, où siègent 12 personnes issues de la recherche universitaire ou encore actrices des milieux de la nuit et de la culture. 

Le conseil de nuit, la police de Montréal, les paliers de gouvernement, le développement économique, la culture, les groupes sociocommunautaires, les résidents de Montréal… Il faut que tout le monde se parle, a déclaré Mathieu Grondin au micro d’Eugénie Lépine-Blondeau, chroniqueuse culturelle à l’émission Tout un matin

Voir la vie nocturne autrement

Pour mieux valoriser et intégrer la vie nocturne, l’enjeu est notamment de la déstigmatiser. 

Il y a l’idée que la nuit est un espace-temps surtout lié aux excès, aux crimes, aux inégalités et donc à la répression, a indiqué Anouk Bélanger, qui a participé mardi à l’une des conférences données dans le cadre de Montréal au sommet de la nuit. 

Il s’agit de trouver un équilibre, de comprendre la nuit comme étant un espace des possibles qui doit être gouverné et sécuritaire, mais qui n’est pas juste un espace d’excès, a-t-elle ajouté. C’est aussi un espace de création et un espace qui permet aux personnes vivant différentes marginalités de s’exprimer et de trouver une place qu’elles ne trouvent pas en mode diurne.

Faire participer les nuits ordinaires aux nuits spectaculaires

Autre enjeu : inclure les nuits ordinaires, car la vie nocturne montréalaise ne se résume pas à ses grands événements comme les festivals. 

Comparé à d’autres villes, Montréal n’est pas une ville où toute la vie culturelle ou festive se concentre au Quartier des spectacles, a souligné la chercheuse. Tous les quartiers montréalais ont une vitalité et une singularité nocturnes.

Le mouvement vers la mise en place d’une gestion de la vie nocturne à Montréal comme ailleurs s’explique notamment par la prise de conscience de l’ampleur du potentiel économique que représentent les activités de nuit. 

C’est à la fin des années 1990 que le concept d’économie de la nuit s’est développé en Europe, selon Anouk Bélanger. On s’est rendu compte que la nuit était un territoire économique demeuré insoupçonné. Du moment où on s’aperçoit que la nuit est un terreau fertile pour développer l’économie, c’est un territoire qu’on prend au sérieux, qu’on équipe, qu’on structure.  

À l’heure où Montréal souhaite se relancer économiquement après plus d’un an de pandémie, se concerter autour de la gestion de la vie nocturne montréalaise est donc d’actualité. La Ville de Montréal mène donc présentement des consultations avec les milieux de la nuit, de la recherche universitaire, de l’urbanisme ou encore avec le secteur communautaire.

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