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Que faire des milliers de panneaux de plexiglas?

À l'heure du déconfinement, le ministère québécois de l'Environnement n'a aucune stratégie pour les recycler.

Un panneau de plexiglas devant le comptoir d'une boulangerie.

Le gouvernement du Québec cherche une façon de se débarrasser des milliers de panneaux de plexiglas indispensables pendant la pandémie.

Photo : Getty Images

Ils sont transparents, mais on les voit partout!

Depuis le début de la pandémie, les panneaux de plexiglas ont pris d'assaut les commerces, les usines et les espaces de bureau.

À l'heure du déconfinement, ils représentent un défi pour le ministère de l'Environnement : C'est même difficile d'évaluer à ce stade-ci la quantité de plexiglas qui a pu se vendre, donc c'est un gros défi, on ne s'en cache pas, dit le ministre Benoit Charette.

Aucune entreprise au Québec, ni même au Canada, ne recycle ce type de plastique. Recyc-Québec et le ministère de l'Environnement n'ont pas d'idée pour l'instant de la façon de disposer de ces panneaux dont les entreprises et les commerces voudront bientôt se débarrasser.

En toute transparence, il n'y a aucune option présentement qui nous permet de dire qu'on va revaloriser l'entièreté du plexiglas qui a été mis sur le marché québécois au cours de la dernière année.

Une citation de :Benoit Charette, ministre de l'Environnement
Portrait de Benoit Charette.

Benoit Charette, ministre de l'Environnement

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roussel

Pourtant, le plexiglas est un plastique qui se recycle par la chaleur ou par dépolymérisation, mais ça ne se fait pas, [...] ce n'est pas un marché extrêmement payant, dit Karel Ménard, directeur général du Front québécois pour une gestion écologique des déchets.

Il faut dire qu'avant la pandémie, il n'y avait pas cette abondance de plexiglas dont on ne sait plus quoi faire. Même s'il était possible de le recycler, la question se posait alors moins.

Il faut trouver un marché, parce que c'est bien beau de récupérer et de recycler, mais s'il n'y a pas de marché et si on ne crée pas de la demande, on va rester pris avec, explique Karel Ménard.

On va espérer, au cours de la prochaine année, pouvoir développer des marchés, mais actuellement, en toute honnêteté, ces marchés-là sont inexistants non seulement au Québec, mais sur la planète, affirme pour sa part Benoit Charette.

Assurer une bonne collecte, un premier pas

En attendant de trouver une solution de revalorisation du plexiglas, le ministère de l'Environnement peut, à tout le moins, créer des incitatifs pour les recycleurs, dit Karel Ménard. Il faut s'assurer d'une bonne collecte. Actuellement, il y a des panneaux dans à peu près tous les magasins de la province.

Regrouper les panneaux et les entreposer en grande quantité serait un premier pas pour susciter l'intérêt de potentiels recycleurs : L'approvisionnement est un élément important, si on arrive à avoir du plexiglas en quantité suffisante et de qualité, il y a certainement des entreprises qui vont se montrer intéressées, affirme-t-il.

Là encore, aucune décision n'a encore été prise. On envisage différents scénarios, [dont] de l'entreposage, oui. Est-ce que ce sera centralisé? Ça reste à voir, parce que les quantités sont importantes, précise Benoit Charette.

Par ailleurs, le plexiglas étant un plastique résistant, si l'option du recyclage tarde à se mettre en place, sa réutilisation semble une avenue à explorer. Comme il est transparent, on peut penser à en faire des abribus, des tunnels urbains pour se protéger de la pluie, des auvents, des parcs, suggère Karel Ménard.

C'est peut-être des choses auxquelles on aurait dû penser avant, conclut-il.

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