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Le département américain de la Justice abandonne ses poursuites contre John Bolton

Le conseiller américain  à la sécurité nationale John Bolton.

Dans son livre, l'ancien conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche John Bolton critiquait ouvertement son ancien patron Donald Trump.

Photo : The Associated Press / Cliff Owen

Les procureurs fédéraux ont mis un terme, mercredi, à la poursuite engagée contre l'ancien conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche John Bolton et à l'enquête criminelle qui le visait, toutes deux lancées à l'ère Trump.

Les deux procédures étaient liées à la publication de son livre The Room Where It Happened, A White House Memoir (La pièce où c’est arrivé, mémoires de la Maison-Blanche), dans lequel l'ancien collaborateur de Donald Trump dressait un portrait fort peu reluisant de son ancien patron.

Ce dernier ainsi que son département de la Justice accusaient John Bolton d'y avoir révélé des informations liées à la sécurité nationale.

Nous avons fait valoir dès le départ qu'aucune de ces actions n'était justifiable, car elles n'ont été engagées qu'en raison de l'ordre de [l'ancien] président Trump d'empêcher pour des motifs politiques la publication du livre de l'[ancien] ambassadeur avant l'élection de 2020, a réagi par voie de communiqué Charles Cooper, l'avocat principal de celui qui a été conseiller à la sécurité nationale d'avril 2018 à septembre 2019.

Le département de la Justice a tacitement reconnu que le président Trump et ses responsables de la Maison-Blanche ont agi de manière illégitime.

Une citation de :Charles Cooper, avocat de John Bolton

Me Cooper a indiqué que le département de la Justice lui avait signalé qu'il mettait un point final à tous les éléments du dossier.

En septembre, les médias avaient indiqué que l'enquête criminelle du département de la Justice avait franchi l'étape du grand jury, qui avait émis des ordonnances de publication de documents, notamment à l'endroit de l'éditeur du livre, Simon & Schuster.

D'après le Washington Post, John Bolton a dit réfléchir aux mesures qu'il pourrait prendre en lien avec ce qu'il considère comme un abus de pouvoir de la part de Donald Trump et des hauts responsables du département de la Justice. Je pense que les avocats de la Maison-Blanche de Trump et certains des avocats du département de la Justice exécutaient les ordres de Trump, a-t-il déclaré.

À l'époque, Donald Trump réclamait publiquement qu'il soit poursuivi et emprisonné.

Selon le New York Times, qui a été le premier média américain à rapporter l'arrêt des procédures, le département de la Justice a accepté de renoncer à sa plainte sans recevoir d'argent de la part de M. Bolton.

La poursuite avait initialement été lancée – en vain – il y a un an pour empêcher la publication de cet ouvrage explosif et récupérer la somme de 2 millions qu'il avait reçue de son éditeur avant sa sortie.

Un juge fédéral avait donné son feu vert à la publication du livre, statuant qu'il serait futile de bloquer sa sortie prévue trois jours plus tard alors que 200 000 copies avaient déjà été distribuées aux librairies.

Le magistrat avait cependant reproché au défendeur d'avoir mis en péril la sécurité nationale en divulguant des informations classifiées en violation de son obligation d'accord de non-divulgation, faisant écho aux arguments des procureurs de l'époque.

L'administration Trump arguait que John Bolton n'avait pas fait approuver son manuscrit en amont, contrevenant ainsi aux accords qu'il avait signés en tant que conseiller à la sécurité nationale.

Comme c'est l'usage, le manuscrit avait fait l'objet d'un processus de révision au sein du conseil de sécurité nationale afin de s'assurer qu'il ne contenait pas d'informations classifiées.

John Bolton avait soutenu qu'il avait obtempéré, mais une vérification supplémentaire avait été ordonnée.

En septembre dernier, celle qui avait mené le processus de révision initial du manuscrit avait d'ailleurs affirmé par la voix de son avocat que les collaborateurs de la Maison-Blanche avaient pris des mesures sans précédent pour prendre contrôle du processus et avaient prétendu à tort qu'il avait révélé des secrets pour empêcher la publication du livre.

Les mémoires étaient parus le 23 juin, avant l'issue de la vérification finale, mais le Washington Post, le New York Times, le Wall Street Journal et CNN, qui avaient obtenu une copie du livre de 592 pages, avaient publié des extraits, deux jours avant la décision du tribunal de permettre la publication.

Donald Trump ne s'était pas gêné pour qualifier publiquement son ancien collaborateur de malade, dénonçant une compilation de mensonges et d'histoires inventées et affirmant qu'il paierait le prix fort pour son livre.

Un livre dévastateur

Dans ses mémoires, John Bolton accusait entre autres Donald Trump d'avoir sollicité l'aide de la Chine pour être réélu, affirmant que toutes ses actions étaient motivées par son désir d'obtenir un deuxième mandat. Il dépeignait de plus un président erratique, ignorant et manipulable dont les collaborateurs, sans cesse tentés de démissionner, oscillaient en coulisses entre moqueries et angoisse.

Il confirmait par ailleurs les accusations ayant valu à Donald Trump un premier procès en destitution, en 2020. Le républicain était accusé d'avoir abusé de son pouvoir en cherchant à extorquer aux dirigeants ukrainiens la tenue d'enquêtes favorables à sa réélection en utilisant comme levier une aide militaire dont les Ukrainiens avaient désespérément besoin.

Des extraits sur le comportement de Donald Trump dans le dossier ukrainien avaient d'ailleurs émergé dans le New York Times en plein procès, en janvier 2020, sans que cela n'ébranle les républicains, qui l'avaient, à une exception près, acquitté.

Les détracteurs de John Bolton lui avaient reproché son refus de témoigner devant la Chambre des représentants lors de l'enquête en destitution, avançant qu'il avait préféré retirer des profits des informations qu'il détenait.

En mauvais termes avec Donald Trump, John Bolton avait quitté son poste en septembre 2019, le premier évoquant un congédiement et le deuxième parlant plutôt d'une démission.

Avec les informations de New York Times, et Washington Post

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