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Les sans-abri qui habitent dans les parcs de Toronto se disent inquiets

Le portrait d'un homme

Jimmy Pudjunas, dans son campement du parc Trinity Bellwoods.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Radio-Canada

Jimmy Pudjunas, 41 ans, est assis dans un campement de sans-abri dans un parc du centre-ville de Toronto et gratte une guitare.

Il ne s'est jamais senti aussi bien depuis des années, dit-il, mais il se dit inquiet en pensant à l'endroit où il pourrait se retrouver dans un avenir proche.

Samedi, la Ville de Toronto a émis des avis selon lesquels les gens qui campent dans les parcs de la Ville étaient en situation d’intrusion. Selon l’avis, ils pourraient bientôt être expulsés et risquent une amende de 10 000 $ s'ils sont reconnus coupables.

M. Pudjunas s'attend à ce que des employés de la Ville et des policiers se présentent d'un jour à l'autre pour l’expulser du parc.

Les autorités ont tenté d’expulser des sans-abri d’un parc le mois dernier, mais sont reparties après une confrontation tendue avec des activistes.

C'est chez nous, dit-il en parlant de l'endroit où il vit avec sa petite amie depuis l'été dernier. Je n'ai pas eu de maison pendant des années. Je serai anéanti si je perds [mon logis].

M. Pudjunas dit avoir lutté contre des problèmes de santé mentale et de dépendance pendant des années. Il a vécu dans des refuges, mais ils sont trop violents pour lui, dit-il.

Si j'y retournais, je craquerais.

Des centaines de personnes ont fui les refuges pour sans-abri de Toronto par crainte de contracter le COVID-19 lorsque la pandémie a frappé. Depuis, des campements de sans-abri occupent des dizaines de parcs de la ville.

Des données récentes obtenues par La Presse canadienne montrent également une augmentation significative des incidents violents dans le système de refuges de Toronto au cours des cinq dernières années.

La Ville maintient que le système de refuges est sûr et affirme qu'elle éliminera les campements de sans-abri.

La Ville appliquera les règlements municipaux aux campements après avoir épuisé toutes les options pour aider les gens à quitter les campements pour des espaces intérieurs plus sûrs, déclare le porte-parole de Toronto Brad Ross. De l'espace reste disponible dans les refuges et dans le programme hôtelier de la Ville.

La Ville a entrepris un effort massif pour reloger ceux qui vivent dehors. Elle a ouvert des places dans les refuges, a loué des immeubles d'habitation et offert aux sans-abri des chambres d'hôtel.

Selon M. Ross, la Ville fournit des options de logement à plus de 1670 personnes depuis avril 2020.

Il dit également que la Ville espère mettre à disposition au moins 1248 nouvelles unités de logement abordables et supervisées cette année.

Mais certains sans-abri ne veulent pas faire partie de ce système. Ils ne veulent pas subir de contrôles de la part des employés de la Ville. Certains refuges ont des couvre-feux, et certains sans-abri ne veulent pas vivre selon ces règles.

M. Pudjunas, lui, ne veut pas être limité sur le nombre de biens qu’il peut avoir. Il affirme que les refuges ne peuvent apporter que deux sacs.

Nos biens ne sont peut-être pas importants aux yeux des autres, mais ils le sont pour nous, explique M. Pudjunas.

Le campement de M. Pudjunas comprend un abri miniature construit par un charpentier local, une tente, une bâche, un canapé et un piano droit.

Puis il a monté une tente beaucoup plus grande à côté, maintenue en hauteur par des poteaux, qui couvre un espace avec un canapé et un piano sur pied.

Chaque jour, M. Pudjunas joue de la musique, dessine, peint et répare des bicyclettes.

Je vis ici gratuitement, je ne paie pas d'impôts, je comprends, mais je suis bénéficiaire du POSPH (Programme ontarien de soutien aux personnes handicapées), j'ai des problèmes et je ne peux pas me permettre de vivre ailleurs, alors je suis ici , conclut-il.

Avec les informations de La Presse canadienne

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