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Nœud coulant à Grande Prairie : le Dr Wessels attend sa sanction

Un noeud coulant accroché sur une porte.

Un chirurgien de l'hôpital de Grande Prairie a collé sur la porte d'un bloc opératoire un noeud coulant à destination d'un collègue noir, en juin 2016.

Photo : Photo envoyée par la Dre Carrie Kollias

Le Conseil des médecins et des chirurgiens de l’Alberta (CPSA) a entendu des témoignages depuis lundi, afin de déterminer la sanction que recevra le Dr Wynand Wessels pour avoir collé un nœud coulant sur la porte d’un bloc opératoire d’un hôpital de Grande Prairie en 2016.

La sanction doit être connue à une date ultérieure.

Le Collège pourrait forcer le médecin à suivre des formations ou à payer une amende, ou encore lui retirer son permis de pratiquer.

Dans la plaidoirie, le directeur des plaintes du Collège a demandé que le permis de pratiquer du Dr Wessels soit suspendu pour un an. Il s’agirait d’une sanction honorable, en vertu de l’impact de l’incident sur les collègues impliqués, ainsi que l’érosion de la confiance du public, particulièrement des communautés noires, envers l’hôpital et plus largement la profession médicale.

La défense a quant à elle demandé une suspension d’un mois, à laquelle seraient soustraites les deux semaines de suspension que le Dr Wessels a eues après le reportage original de CBC/Radio-Canada. L’avocat du médecin a aussi voulu démontrer le repenti de son client, ainsi que les répercussions négatives qu’il a subies depuis l’événement et sa diffusion dans les médias.

Déterminer l’intention

Pour le Dr Oduche Onwuanyi, qui était le destinataire du nœud coulant selon certains collègues, celui-ci était un symbole de menace. C’est un signe d’avertissement qui dit ‘’vous avez besoin d’être prudent. Je te surveille, a-t-il témoigné lundi.

Dans sa dernière décision, le Collège avait rejeté l’idée que le Dr Wessels ait voulu faire une simple plaisanterie, ou encourager le travail d’équipe, ce qu’il avait avancé dans le passé. Même s’il reconnaît maintenant la symbolique pouvant être associée au nœud coulant, particulièrement pour les personnes racisées, le Dr  Wessels a de nouveau insisté qu’à l’époque, il n’avait pas la connotation violente en tête.

Lors des audiences disciplinaires de lundi, Craig Boyer, l’avocat du directeur des plaintes du Collège, a mis de l’avant à travers plusieurs témoignages que l’incident n’était pas un geste isolé, mais plutôt que le Dr Wessels avait déjà émis des propos racistes ou déplacés dans le passé. Certains ont fait état de commentaires racistes que le Dr Wessels aurait eus avec d’autres collègues, et qui leur auraient été rapportés. Cela a fait dire à la défense qu’il s’agissait surtout de ouï-dire et qu’il était difficile d’en attester la véracité.

Mardi, lors de la défense du Dr Wessels, plusieurs collègues de l’hôpital ont reconnu que ce dernier avait manqué de jugement en accrochant le nœud coulant, mais qu’il ne s’agissait pas d’un geste raciste selon eux.

James Heelan, l’avocat du Dr Wessel, a aussi mis de l’avant que certains collègues ont été influencés à penser que son client était raciste par un autre collègue, le Dr Wienes, qui aurait une dent contre lui. Ce dernier aurait utilisé les révélations faites dans le reportage original de CBC/Radio-Canada afin d’assouvir une vendetta personnelle, selon Me Heelan.

L’avocat a aussi voulu démontrer que le Dr Wienes contribue à un climat toxique au sein du Département de médecine orthopédique, qui effrayait certains de se porter à la défense de son client.

Les répercussions

Depuis le reportage de juillet dernier par CBC/Radio-Canada, le Dr Wessels aurait perdu plusieurs opportunités d’emploi et sa réputation a été entachée, affirme Me Heelan. Même s’il n’a pas été reconnu que son geste était raciste, il est maintenant connu de tous comme ce médecin blanc qui a accroché un nœud coulant à la porte d’un collègue noir, et ce, même si ce n’est pas vrai, a-t-il affirmé lors de sa plaidoirie finale.

La Gendarmerie royale du Canada mène toujours une enquête sur l'incident, à savoir si un crime haineux a eu lieu.

Avec des informations de Charles Rusnell et Jennie Russell

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