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GNL Québec : tir groupé contre Pêches et Océans Canada

Une affiche d'Énergie Saguenay avec deux personnes en arrière-plan qui consultent des affiches.

Sur cette photo prise en 2019, l'actuel président de GNL Québec, Tony Le Verger, donnait des informations sur le projet.

Photo : Radio-Canada / Gilles Munger

Les réactions ont fusé rapidement au Saguenay-Lac-Saint-Jean à la suite de la publication des avis défavorables au projet d'usine de liquéfaction de gaz naturel de GNL Québec par Pêches et Océans Canada (MPO) et Parcs Canada.

L'entreprise elle-même, le député fédéral de Chicoutimi-Le Fjord, la mairesse de Saguenay et la Chambre de commerce et d'industrie Saguenay-Le Fjord ont fait part de vives critiques.

Dans son avis final expédié à l'Agence d'évaluation d'impact du Canada (AEIC), Pêches et Océans Canada statue que la mesure la plus efficace devant être priorisée pour contrer les effets du bruit demeure l’évitement (absence de chevauchement entre les navires bruyants et le béluga).

Pour sa part, Parcs Canada recommandait d'éviter toute prise de décision qui pourrait potentiellement avoir des effets irréversibles sur l'environnement marin du fjord du Saguenay et de l'estuaire du Saint-Laurent.

Contre l'innovation, affirme GNL Québec

En après-midi, le promoteur, GNL Québec, a été le premier à réagir en ciblant Pêches et Océans Canada. Par communiqué, l’entreprise a dit déplorer vivement le manque de considération dont témoigne du même coup l’organisme à l’égard des meilleures pratiques internationales mises de l’avant dans le cadre du projet. Selon GNL Québec, cet avis pourrait avoir des conséquences importantes, qui vont bien au-delà du projet Énergie Saguenay.

Lors d'une entrevue accordée ensuite à Radio-Canada, le président de GNL Québec, Tony Le Verger, était déçu de voir que Pêches et Océans Canada ne considérait pas les efforts consentis pour réduire le bruit des navires. GNL Québec avait d'ailleurs réitéré cet engagement par communiqué mercredi matin. On est très surpris par l'avis de Pêches et Océans, car pour nous c'est vraiment de rejeter du revers de la main des innovations technologiques qui peuvent être utiles, a-t-il commenté.

L'économie sur pause, soutient la mairesse

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, a prétendu que Pêches et Océans Canada mettait en péril le développement économique et touristique de la ville. Si on suit les recommandations, on met tout le développement économique et touristique de notre ville et de la région, sur pause. Qu'est-ce que je fais avec les navires de BlackRock? Qu'est-ce que je fais avec les navires d'Arianne Phosphate? Ce sont des projets qui ont obtenu leur certification d'autorisation. Qu'est-ce que je fais avec tout le développement touristique, avec ce qui se prépare également au niveau de la rénovation du quai de Rio Tinto?, a-t-elle énuméré.

Métaux BlackRock, un projet de ferrovanadium, possède les autorisations gouvernementales depuis mai 2019, mais n'est pas allé de l'avant encore. Pour ce qui est d'Arianne Phosphate, un projet de mine d'apatite avec construction d'un port sur la rive nord du Saguenay, le décret environnemental a été accordé en 2015. Rio Tinto, une multinationale de l'aluminium, a annoncé des investissements de 105 M$ en février dernier à ses installations portuaires de Saguenay.

La mairesse de Saguenay et cheffe de l'ERD, Josée Néron, sollicitera un deuxième mandat à la mairie.

La mairesse de Saguenay, Josée Néron

Photo : Radio-Canada / Titouan Bussiere

Une attaque contre la région pour la Chambre de commerce

Pour la Chambre de commerce et d'industrie Saguenay-Le Fjord (CCISF), l'avis de Pêches et Océans Canada représente ni plus ni moins la fermeture du Saguenay à toute nouvelle navigation sur le fjord et donc le rejet de tout projet de diversification économique nécessitant l’accès à une voie navigable, a fait savoir par communiqué la directrice générale, Sandra Rossignol. Cet avis constitue une véritable tentative de couper notre lien avec le monde et de paralyser notre région, a-t-elle poursuivi.

La CCISF déplore également l'avis final de Parcs Canada.

Le président de la chambre de commerce, Carl Laberge, est également le président-directeur général de l'Administration portuaire du Saguenay, où serait construit le terminal. Cet organisme impliqué dans le processus a aussi remis son avis final à l'AEIC.

Aberrant, selon Richard Martel

Pour sa part, le député conservateur de Chicoutimi-Le Fjord, Richard Martel, a également réagi promptement. C'est aberrant pour la région, ça ne fait pas de sens. Ça veut dire que pour les projets de développement économique, qu'est-ce qu'on va pouvoir faire s'il faut éviter un bateau de plus?, a-t-il demandé tout haut. Par communiqué, il a assuré qu'il continuera à se battre pour faire valoir un équilibre logique entre la préservation de l’environnement et le développement économique et le futur de la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean.

Huit personnes dans une rencontre Zoom.

En avril dernier, le président du conseil d'administration de GNL Québec, Jim Illich (en bas à gauche), avait rencontré, par vidéoconférence, le député conservateur de Chicoutimi-Le Fjord, Richard Martel, et le chef du parti, Erin O'Toole.

Photo : Tirée de Facebook

Les groupes environnementalistes applaudissent

Dans un communiqué conjoint, la Coalition Fjord, Greenpeace et Nature Québec ont dit se réjouir de l’avis final (Nouvelle fenêtre) défavorable au projet de GNL Québec de Parcs Canada. Ils soulignent également les conclusions de l'avis de Pêches et Océans Canada.

Les avis rendus publics par Parcs Canada et Pêches et Océans vont à l’encontre des communications faites aujourd'hui par GNL Québec et démontrent bien que cette opération est un dernier effort désespéré du promoteur face à la décision prochaine du gouvernement. Il ne fait aucun doute que la panique s’est emparée de l’équipe de projet de GNL Québec, a commenté par communiqué Camille-Amélie Koziej Lévesque, co-porte-parole de la Coalition Fjord.

Après le BAPE, Parcs Canada et Pêches et Océans s'ajoutent aux institutions gouvernementales qui rejettent le projet de GNL Québec en raison des impacts dévastateurs qu'il aurait sur le climat et des risques qu'il poserait pour les bélugas. Ces avis défavorables plantent un autre clou dans le cercueil de GNL Québec, a ajouté Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie à Greenpeace Canada.

Rappelons que le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) avait estimé en mars que le projet représentait plus de risques que d'avantages.

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