•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Gré à gré jusqu'en 2022 : « une ouverture aux dérapages », dit Dominique Anglade

La cheffe libérale s'inquiète du feu vert donné aux contrats sans appel d'offres en santé pour encore 9 mois.

Plan rapproché de Dominique Anglade, en conférence de presse.

La cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

La cheffe de l'opposition officielle demande des explications au gouvernement et interpelle la Vérificatrice générale, au lendemain de la publication d'un décret qui autorise l'achat de biens et services médicaux sans appels d'offres jusqu'au 31 mars 2022.

Pourquoi ça n'a pas été adopté la semaine dernière, quand on était capables d'en débattre à l'Assemblée nationale? s'étonne Dominique Anglade, en entrevue à Radio-Canada.

Le nouveau décret permet au Centre d'acquisitions gouvernementales d'octroyer des contrats par des ententes de gré à gré, quel que soit le montant, pour toute une liste de fournitures médicales et de bureau.

Il y a une ouverture aux dérapages qui est manifeste et on fait passer ça cinq jours après la fin de la session parlementaire.

Une citation de :Dominique Anglade, cheffe de l'opposition officielle

Parmi les produits pouvant être acquis sans appel d'offres, on retrouve des accessoires d'anesthésie et d'inhalothérapie, des fournitures d'angio-radiologie ou encore des produits orthopédiques.

Le gouvernement craint des ruptures de services si ces équipements viennent à manquer. Québec justifie la nécessité du décret par le retard qu'ont pris les gestionnaires de la santé pour se réapprovisionner durant la pandémie.

S'il y a des enjeux d'approvisionnement, on veut savoir où ils sont, dit Dominique Anglade, dénonçant un manque de transparence alors que 145 000 Québécois sont en attente d'une chirurgie.

Qu'est-ce qui est à risque en termes de rupture de stock et d'approvisionnement? Où sont les ruptures de service possibles?

Une citation de :Dominique Anglade, cheffe de l'opposition officielle

Dans un courriel à Radio-Canada, le Centre d'acquisitions gouvernementales explique qu'il cherche à éviter des risques importants dans l’offre de services de soins aux patients ainsi que de la turbulence pour les établissements.

Dominique Anglade s'étonne qu'on ait besoin d'étirer l'autorisation sur encore neuf mois. C'est beaucoup trop long, dit-elle.

Le décret prévoit que les contrats ne devront pas être conclus pour plus de 18 mois ni être renouvelables. Dans des contrats de 18 mois, on peut aboutir avec du stock pour cinq ans, dit la cheffe libérale.

Le ministère de la Santé a d'ailleurs acheté trop de certains équipements de protection individuelle (EPI) durant la pandémie et certains risquent d'être périmés sans être utilisés.

Entre mars et décembre 2020, le Québec a dépensé plus de 3 milliards de dollars en fournitures médicales à travers des contrats sans appel d'offres. Dans l'urgence, des masques ont été payés sept fois le prix normal.

Québec refuse de dévoiler les détails de ses dépenses liées à la COVID-19 et le commissaire de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) s'intéresse aux contrats signés en marge de la pandémie.

Dans la liste des fournitures qui pourront être achetées de gré à gré jusqu'en mars 2022, on retrouve aussi des produits alimentaires, de la vaisselle, de la literie, des uniformes ainsi que des imprimantes, cartouches d'encre et papier.

Le Parti québécois s'étonne aussi

Gouverner sans contraintes, a écrit sur Twitter le leader parlementaire du PQ, Pascal Bérubé.

De son côté, le porte-parole du parti en matière de santé Joël Arseneau se demande s'il s'agit d'une prolongation du pouvoir lié à l'urgence sanitaire.

Va-t-on publier tous les détails de tous les contrats? s'est-il interrogé sur Twitter. Il demande aussi s'il y aura une clause d'achat québécois.

En 2020, le réseau de la santé a acheté pour 350 millions de dollars de matériel médical à des entreprises étrangères.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !