•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Ô merde!, une expo audacieuse au Musée de la civilisation

Une sculpture en forme de caca, de couleur or.

L'exposition « Ô merde! » est conçue et réalisée par le Musée de la civilisation.

Photo : Radio-Canada / Valérie Cloutier

Elle touche plus d’un tabou, est ludique et sérieuse, et met en lumière des portions d’histoire dont on parle peu souvent. La nouvelle exposition du Musée de la civilisation, Ô merde!, invite les visiteurs à regarder d’un autre œil une ressource inépuisable et au potentiel apparemment sous-estimé.

À l’entrée de l’exposition, l'œuvre Small Gold Shit, une céramique lustrée d’or 24 carats, réalisée en 2020 par les artistes Scott Garrison et Ava Shire, illustre bien l’un des objectifs de cette exposition : la valorisation des déjections humaines.

Pour nous, l’audace, c’était de parler de matières fécales, mais pas uniquement à travers le prisme de la science ou de l’anatomie comme certains musées l’ont déjà fait, explique Coline Niess, chargée de projets d’expositions au Musée de la civilisation.

L’idée, c’était de centrer le sujet sur la matière même et, justement, d’expliquer qu’historiquement parlant et mythologiquement parlant, les humains ont posé un autre regard. Ils avaient une perception et une considération différentes des nôtres, aujourd’hui.

Une citation de :Coline Niess, chargée de projets d'expositions, Musée de la civilisation

Coline Niess cite à titre d’exemples certaines façons de se saluer, en vigueur jusqu’au Moyen Âge, à la Renaissance et même à l’époque de Versailles.

Au 18e, il était courant de parler de selles. De l’expression "Comment ça va?" vient le "Comment ça va à la selle?", cette question de la bienséance, de l’art du "bien chier", comme on l’appelait à l’époque, où l'on se préoccupait de l’état de santé d’une personne en la saluant, raconte Coline Niess.

Une rangée de bols de toilettes.

L'exposition « Ô merde! » traite notamment d'aspects scientifiques et anatomiques.

Photo : Radio-Canada / Valérie Cloutier

Dans cette exposition, diverses pratiques d’époques et de cultures différentes, relatives à l’usage de lieux d’aisance, sont mises en relief. Ainsi, le visiteur pourra y découvrir une reproduction d’une latrine publique romaine antique.

Une portion d'une reproduction d'une latrine romaine antique.

Une reproduction d'une latrine romaine antique

Photo : Radio-Canada / Valérie Cloutier

Plusieurs siècles avant notre ère, et ç'a perduré même quelques siècles de notre ère, les Romains déféquaient en groupe. Les Romains passaient de nombreuses heures par jour à se baigner, à se laver en groupe, et on utilisait, par ingéniosité, l’eau souillée des thermes pour faire s’évacuer les matières solides des latrines collectives, de préciser Coline Niess.

La gestion des matières résiduelles dans le monde, ainsi que les innovations en matière d’écologie, font également partie des aspects traités.

On y souligne le cas de l’Orange County, en Californie. Il faut savoir que là-bas, leurs eaux usées sont traitées au point de devenir potables. Ce sont véritablement les eaux des égouts qui sont entièrement traitées. On parle d’une usine qui peut traiter jusqu'à 300 millions de litres d’eau par jour, explique Vincent Giguère, conservateur au Musée de la civilisation.

Un jeu vidéo coloré sur le thème des microbiotes.

Le jeu vidéo « Super microbiote »

Photo : Radio-Canada / Valérie Cloutier

Le visiteur pourra se mettre au défi dans la section des jeux vidéo, placée sous l’appellation cacarcade. Sous un enrobage léger, cette section apporte également son lot d’informations et de matière à réflexion.

Un bon exemple : dans le jeu Super microbiote, le joueur doit tenter de tuer la bactérie C. difficile en injectant plutôt... de bonnes bactéries.

L’exposition soulève, de différentes façons, les problèmes d’inégalité d'accès à des toilettes dans le monde. Encore de nos jours, plus de 3,5 milliards de personnes n’auraient pas accès à des installations salubres et sécuritaires.

Comme son titre l’indique, soulignons qu’une touche d’humour parsème l’exposition Ô merde! On pourra la découvrir d’ici mars 2023, au Musée de la civilisation.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !