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GNL Québec : des avis défavorables de Pêches et Océans ainsi que Parcs Canada

Un béluga dont la blancheur éclate dans la noirceur des eaux profondes

Un béluga

Photo : Meighan Makarchuk

Gilles Munger

Dans des avis déposés le 11 juin 2021, Pêches et Océans Canada (MPO) ainsi que Parcs Canada expriment de sérieuses réserves quant à la construction d'une usine de liquéfaction de gaz naturel à Saguenay. Dans les avis finaux qu'ils ont fait parvenir à l'Agence d'évaluation d'impact du Canada (AEIC), les deux ministères doutent des mesures proposées par GNL Québec pour exploiter un tel terminal sans nuire aux mammifères marins, particulièrement au béluga.

Les deux documents font partie d'une série d'avis finaux demandés par l'agence fédérale aux parties concernées. Santé Canada, Ressources naturelles Canada et la Garde Côtière ont aussi émis leurs avis.

Lors de l'évaluation environnementale provinciale, le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) avait estimé que le projet représentait plus de risques que d'avantages.

Parcs Canada estime qu'il vaut mieux ne pas aller de l'avant avec le projet qui représenterait automatiquement une augmentation du trafic maritime sur le Saguenay.

Parcs Canada préconise la prudence et le principe de précaution. Parcs Canada considère que la précarité de la population du béluga du Saint-Laurent, les efforts de protection soutenus et d'acquisition de connaissances passés et présents, ainsi que l'état actuel des connaissances sur les risques pour les mammifères marins sont des raisons suffisantes pour éviter toute prise de décision qui pourrait potentiellement avoir des effets irréversibles sur l'environnement marin du fjord du Saguenay et de l'estuaire du Saint-Laurent, statue le ministère.

Dans le document émis par le secteur Protection du poisson et de son habitat, Pêches et Océans Canada indique être en désaccord avec l'interprétation des résultats et les conclusions du promoteur quant aux impacts du projet sur les mammifères marins et le béluga en particulier. Le ministère fédéral juge que les effets environnementaux potentiels du transport maritime ont été sous-estimés dans l'étude d'impact, ajoutant que le promoteur aurait dû présenter le pire scénario d'effets potentiels considérant le statut précaire de cette espèce en péril qu'est le béluga.

Sur le risque de collision, le MPO estime que le béluga est peu menacé compte tenu de son agilité. Par contre, le risque de blessures ou de collision mortelle est réel et serait accru pour les baleines de grande taille, telles que les rorquals [...] dans le secteur emprunté par les navires du projet, prévient l'avis.

Le bruit des méthaniers

Le ministère s'inquiète aussi du bruit des grands méthaniers sur les populations de femelles et de jeunes bélugas qui fréquentent la portion est de la rivière Saguenay, à proximité de son embouchure. Les jeunes mammifères marins ont un espace de communication plus faible que les adultes et peuvent être plus sensibles au bruit, écrivent-ils. Une étude récente démontre que les appels des veaux auraient une portée de 360 mètres contre 6,7 kilomètres dans le cas des adultes. L'étude ajoute que l'arrivée d'un navire aurait pour conséquence de réduire encore de moitié cette portée auditive.

Pêches et Océans rappelle qu'il reste moins de 900 bélugas dans le fleuve Saint-Laurent et dans le Saguenay alors que l'embouchure de cette rivière est l'un des derniers endroits où le bruit du trafic maritime est relativement bas. Il ajoute que la réduction de la vitesse proposée par GNL Québec et ses navires dits plus silencieux, selon l'entreprise, ne permettent pas avec certitude de réduire les effets du bruit de la navigation sur les mammifères marins.

Dans un communiqué publié mercredi matin, GNL Québec réitérait son engagement de réduire le bruit de ses navires. GNL Québec entend redéfinir les standards en matière de réduction du bruit subaquatique, assure l'entreprise.

Des doutes pour le Parc marin

De son côté, Parcs Canada fait siennes les conclusions de Pêches et Océans Canada sur la faune aquatique. L'accroissement du nombre de passages de la marine marchande dans le parc marin pourrait entraîner des risques accrus pour les espèces en péril du Saint-Laurent, précise Parcs Canada, ajoutant que ce risque compromettrait la capacité du Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent de rencontrer son mandat d'améliorer la protection des écosystèmes.

Parcs Canada se dit aussi préoccupé par l'effet des opérations des navires-citernes sur l'expérience de visite et la sécurité des visiteurs. Le ministère reproche d'ailleurs à GNL Québec de ne pas avoir suffisamment documenté les conflits d'usages avec les autres utilisateurs. Ainsi, [...] des déplacement obligatoires pourraient être éventuellement demandés aux autres usagers maritimes afin de respecter une zone de sécurité autour des navires-citernes.

Espèces envahissantes

Pêches et Océans Canada émet quelques craintes au sujet des espèces envahissantes qui pourraient être introduites accidentellement dans la rivière Saguenay. Il croit d'autre part qu'il est peu probable que l'arrivée des méthaniers n'aurait pas d'effets importants sur les poissons et sur le phoque du Groenland qui fréquentent le secteur.

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