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Exceldor : des euthanasies « honteuses » et évitables, selon les oppositions

Vue en perspective à l'intérieur d'un vaste bâtiment où l'on élève des poulets, qui se comptent par milliers. Des abreuvoirs et des mangeoires sont disposés en rangées. On voit de dos une personne vêtue d'une combinaison de plastique blanche qui marche au milieu des jeunes poulets.

Un million de poulets d'élevage ont été euthanasiés depuis le début du conflit de travail chez Exceldor.

Photo : iStock / roibu

Le gouvernement caquiste et la direction de l'usine Exceldor de Saint-Anselme auraient pu agir plus rapidement pour éviter l'euthanasie d'un million de poulets, selon les partis d'opposition à l'Assemblée nationale, qui appellent à légiférer, voire à faire un examen de conscience de l'industrie agricole québécoise.

Après avoir vu le premier ministre François Legault faire pression sur le syndicat représentant les travailleurs de l'usine Exceldor de Saint-Anselme, mercredi, les partis d'opposition ont à leur tour blâmé le gouvernement d'avoir tardé à agir dans ce conflit de travail, déclenché le 23 mai dernier.

Le Parti libéral du Québec rappelle qu'il a interpellé le gouvernement Legault une semaine après le début de la grève, le 30 mai. Les députés Monsef Derraji et Jean Rousselle voulaient connaître la stratégie des ministres André Lamontagne (Agriculture) et Jean Boulet (Travail) en cas de prolongement du débrayage.

Les deux ministres en conférence de presse avec le Dr Richard massé de la santé publique.

(Archives) Les ministres André Lamontagne (au milieu) et Jean Boulet (à droite) ont été interpellés dès le début du conflit de travail.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

L'opposition officielle déplore maintenant que le conflit ait dégénéré et qu'un million de poulets aient été euthanasiés en moins d'un mois. Le PLQ dénonce les impacts dans l'industrie alimentaire, en particulier les éleveurs, d'autant plus qu'aucun de ces poulets ne s'est retrouvé dans les assiettes des Québécois.

C’est horrible de voir la terrible façon dont les poulets sont tués actuellement. [...] Les impacts négatifs de ce conflit pour les éleveurs et dans la chaîne d’approvisionnement sont nombreux, a déclaré mercredi la porte-parole du parti, Alexandra Régis.

Examen de conscience

Chez Québec solidaire, la députée Émilise Lessard-Therrien voit dans le conflit chez Exceldor suffisamment de matière pour lancer une vaste réflexion sur l'industrie agricole.

Il est grand temps pour le ministre Lamontagne de procéder à un véritable examen de conscience, a réagi la critique solidaire en matière d'Agriculture. Et si c’était notre modèle agricole le problème? a-t-elle ensuite suggéré.

Mme Therrien soutient que 70 % des fermes ont disparu depuis les années 60, y compris de nombreux abattoirs. On a assisté à la disparition tranquille de nos petites fermes familiales et à l’essor accéléré de l’agriculture industrielle. Par conséquent, poursuit-elle, deux entreprises, soit Olymel et Exceldor, se partagent aujourd'hui 90 % de la production de volaille au Québec.

Il suffit maintenant d’une fermeture de frontière, d’une éclosion de COVID ou d’un conflit de travail pour que toute la chaîne déraille.

Une citation de :Émilise Lessard-Therrien, députée solidaire de Rouyn-Noranda–Témiscamingue
L'usine Exceldor de Saint-Anselme

Émilise Lessard-Therrien déplore « un monopole » de la production de volaille au Québec, fragilisant l'industrie en cas de conflit de travail.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Québec solidaire invite donc le gouvernement à reprendre le contrôle de notre agriculture et à le faire sans casser du sucre sur le dos des travailleurs agricoles. Ce n’est pas en forçant les travailleurs à renoncer à de bonnes conditions de travail qu’on va mettre fin au gaspillage alimentaire, mais en déconcentrant la chaîne de production et de transformation, a-t-elle plaidé.

Le PQ veut une loi

Même son de cloche du côté du Parti québécois, qui croit pour sa part que le gaspillage alimentaire vu dans les dernières semaines devrait tout simplement être interdit par la loi.

Le gouvernement du Québec aurait pu et aurait dû intervenir plus tôt dans ce conflit de travail, alors que les employés sont sans contrat depuis juillet 2020 et que le mandat de grève a été voté le 9 mai dernier, a déclaré le député Sylvain Gaudreault.

Il était possible de voir venir à l'avance les éventuelles euthanasies massives de poulets. Ces euthanasies de masse sont non seulement inacceptables, mais constituent également un gaspillage alimentaire colossal.

Une citation de :Sylvain Gaudreault, député péquiste de Jonquière

Jugeant la situation honteuse, Sylvain Gaudreault blâme également l'employeur, Exceldor, qui aurait aussi dû prévoir que le conflit allait perdurer et limiter au maximum le gaspillage de sa production.

Des poussins dans un poulailler.

Sylvain Gaudreault estime qu'Exceldor aurait pu minimiser la production en prévision du conflit de travail.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Selon le Parti québécois, la Coalition avenir Québec devrait faire une proposition législative afin d'empêcher qu'un tel gaspillage se reproduise dans le futur au Québec. Mais ce sans affecter le droit de grève des travailleurs, a précisé le député de Jonquière.

M. Gaudreault croit que des mécanismes pourraient s'enclencher en cas de conflit de travail dans les abattoirs, par exemple en forçant le producteur touché à offrir ses animaux à des acteurs qui peuvent les reprendre.

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