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Accident de travail à Saint-Martin : l'adolescent ne portait pas de ceinture de sécurité

L'entreprise pour laquelle il travaillait, PJB industries inc., recevra une amende qui peut s'élever à plusieurs dizaines de milliers de dollars.

Scène de l'accident, un chariot élévateur est renversé près d'un conteneur.

L'adolescent a été éjecté du chariot élévateur lorsqu'il s'est renversé (archives).

Photo : CNESST

La CNESST conclut que le jeune de 14 ans décédé dans un accident de travail à Saint-Martin en Beauce le 15 juin 2020 n'avait pas suffisamment reçu de formation. L’adolescent, qui ne portait pas sa ceinture de sécurité, a été écrasé par un chariot élévateur qu'il conduisait et qui s'est renversé.

Presque un an jour pour jour après la mort du jeune homme, la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a rendu les conclusions de son enquête sur les circonstances de l’accident.

De cette enquête, elle a pu établir trois conclusions principales. Tout d’abord, le jeune homme de 14 ans n’était pas suffisamment formé à la conduite de chariots élévateurs et était même trop jeune pour le faire fonctionner légalement.

Selon la Loi sur la santé et la sécurité du travail, l'utilisation des chariots élévateurs est généralement réservée aux plus de 16 ans, sauf sur les chantiers de construction, où il faut être âgé de plus de 18 ans.

Ceinture de sécurité

De plus, pendant la manœuvre qui a mené à l’accident, l’adolescent ne portait pas de dispositif de retenue (ceinture de sécurité).

Christian Roy, qui était chargé de l’enquête, croit que le port de la ceinture de sécurité aurait pu complètement changer le cours des choses, puisqu’il aurait permis au jeune de demeurer dans la structure de protection du chariot élévateur. Il aurait possiblement eu des blessures, mais somme toute des blessures mineures, estime-t-il.

Des enquêteurs discutent près d'une fourgonnette stationnée dans la cour d'un atelier de Saint-Martin en Beauce.

La Sûreté du Québec et la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité au travail ont dépêché des enquêteurs sur les lieux de l'accident.

Photo : Radio-Canada

Manœuvre risquée

L’accident est survenu lorsque l’employé devait vider le contenu d’un bac de résidus métalliques dans un conteneur situé dans la cour de l’entreprise. Après la manœuvre, il a reculé, puis le bac a glissé et s’est retrouvé au fond du conteneur. Un collègue a alors récupéré une élingue — une chaîne munie d’un crochet — puis l’a fixée au bac et a enroulé l’autre extrémité à l’une des fourches du chariot.

Par la suite, le jeune a soulevé au maximum la fourche pour sortir le bac. La hauteur n’étant pas suffisante, la sortie du bac a provoqué le relâchement soudain de la tension de l’élingue et ainsi entraîné le renversement du chariot élévateur.

Selon Christian Roy, ce type de manœuvre est toujours un peu risqué, mais elle l’était encore plus dans cette situation particulière. Compte tenu de la longueur de l’élingue, c’est sûr que ce qu’il aurait dû ou pu être fait, c’est soit prendre un autre équipement, comme un chargeur sur roue, ou attacher le bac de résidus de façon à ce qu’il sorte immédiatement lorsqu’on soulève la charge, explique-t-il.

Constat d’infraction

L'entreprise pour laquelle il travaillait, PJB industries, a reçu un constat d'infraction dont le montant n’a pas encore été déterminé.

Il devra vraisemblablement payer une amende pouvant aller de 17 505 $ à 70 027 $ pour une première offense. Lors d’une récidive, une entreprise peut s’exposer à une amende allant jusqu’à 350 136 $.

Le rapport de l’enquête de la CNESST sera transmis dans tous les centres de formation qui offrent les cours d’opération de chariot élévateur, afin de les sensibiliser les futurs travailleurs. Un avis sera également transmis aux différents milieux de travail.

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