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Autochtones menottés à Vancouver : l'Union des chefs de la C.-B. saute dans l'arène

Une vidéo de l'arrestation d'un grand-père autochtone et de sa petite-fille rendue publique.

Maxwell Johnson et sa petite-fille.

Maxwell Johnson et sa petite-fille disent qu'ils essaient de trouver des moyens de faire face à l'anxiété, à la peur de la police et des banques depuis qu'ils ont été soupçonnés de fraude et menottés devant la Banque de Montréal à Vancouver.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms (CBC)

Plaidant que l’incident s’inscrit dans un contexte de racisme systémique, l'Union des chefs autochtones de la Colombie​-Britannique (UBCIC) demande à intervenir devant le Tribunal des droits de la personne en soutien à Maxwell Johnson et à sa petite-fille, menottés alors qu’ils tentaient d’ouvrir un compte bancaire à Vancouver.

Représentée par l’avocate Mary Ellen Turpel-Lafond, qui signe un récent rapport faisant état d’un racisme systémique envers les Autochtones dans le système de santé, l’UBCIC rend publique une vidéo de l’arrestation survenue en décembre 2019.

Menottés. Humiliés. Maltraités. Leurs droits bafoués. Ce sont des événements très sérieux qui ne seront pas tolérés, lance d’emblée l’avocate.

C’est une démonstration absolument horrible de l’abus des droits de la personne de base, dénonce le grand chef Stewart Phillip. C'est terrible qu’une fillette de 12 ans soit menottée dans une rue passante en plein jour.

Arrestation de Maxwell Johnson et de sa petite fille

Depuis, l'adolescente souffre d’anxiété et reçoit des soins, témoigne son grand-père, Maxwell Johnson, visiblement ému.

La vidéo est très, très difficile à regarder. [...] Le plus difficile était de la voir pleurer. Ça va rester avec nous encore un moment.

Une citation de :Maxwell Johnson

Soupçonnés à tort

Le 20 décembre 2019, Maxwell Johnson se rend dans une succursale de la BMO à Vancouver pour ouvrir un compte pour sa petite-fille, alors âgée de 12 ans. Le personnel appelle alors le 911 pour pour dénoncer une fraude présumée, la police intervient et les deux membres de la Première Nation Heiltsuk sont menottés en pleine rue puis relâchés.

Dans une transcription de l'appel au service d'urgence, l'employé de la banque affirme avoir vérifié leurs pièces d'identité, des cartes fédérales de statut d'Indien et soutient qu'elles sont contrefaites. Leurs identifications sont fausses et ils essaient d'ouvrir un compte, dit-il au 911, selon le document.

Un homme tient deux cartes dans les mains.

Maxwell Johnson montre les cartes de statut d'Indien de sa petite-fille et de lui.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms (CBC)

La BMO a été complice dans la mesure où elle fait l’hypothèse qu’un Autochtone qui a une grande quantité d’argent est en train de commettre un crime.

Une citation de :Grand chef Stewart Phillip, président, UBCIC

Le service de police de Vancouver, lui, doit être condamné pour le racisme qui a guidé cette intervention, ajoute-t-il. Les forces de police croient que, si vous avez la peau brune, vous êtes coupables, affirme le grand chef Phillip.

Il est choquant et profondément consternant de voir le traitement que Maxwell et [sa petite-fille] ont reçu alors qu’ils ont été ciblés et discriminés pour avoir utilisé une carte de statut d’Indien, ce qui est parfaitement normal, soutient Mme Turpel-Lafond.

Cette affaire incarne le racisme systémique que nous devons, tous ensemble, éliminer, ajoute-t-elle.

Pas d'excuses du service de police de Vancouver

Bien qu’il ait trouvé l’incident regrettable, le service de police de Vancouver n’a jamais eu la décence de présenter ses excuses, déplore Mary Ellen Turpel-Lafond. En minimisant l’incident et en niant qu’il s’inscrive dans un contexte de racisme, il ne crée pas les conditions pour s’y attaquer .

Depuis longtemps, l’organisation fait preuve d’abus de pouvoir et de profilage racial, répète Stewart Phillip, qui réclame davantage que des excuses.

Il doit y avoir des conséquences pour enrayer une fois pour toutes cette attitude juvénile et cahoteuse de cowbows qui rampent au sein des forces de l’ordre. Ils devraient perdre leur retraite .

En réponse à une demande d'entrevue, le service de police de Vancouver rappelle qu'une enquête du Bureau du commissaire aux plaintes contre la police est en cour et qu'il ne fera donc pas de commentaires sur le dossier.

Un long processus de guérison

L’affaire est devant les tribunaux depuis le dépôt d’une plainte le 20 novembre dernier. L’application pour l'intervention de l'Union des chefs de la Colombie-Britannique a été déposée cette semaine, confirme Mary Ellen Turpel-Lafond.

La BMO n’a pas répondu aux demandes d’entrevues de Radio-Canada.

Il s'agit d'une journée difficile pour Maxwell Johnson.

C'est la bonne chose à faire. Non seulement pour ma propre guérison, mais aussi pour ma famille, ma communauté, et toutes les personnes victimes de racisme, où qu'elles se trouvent.

Une citation de :Maxwell Johnson

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