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Crise à l'Université Laurentienne : la commissaire aux services en français va enquêter

Kelly Burke, commissaire aux services en français de l’Ontario, lors d’une conférence de presse.

Kelly Burke, commissaire aux services en français de l’Ontario, va lancer la première enquête du Bureau de l'Ombudsman en vertu de la Loi sur les services en français.

Photo : Radio-Canada / JULIA KOZAK

Radio-Canada

La commissaire aux services en français de l'Ontario, Kelly Burke, a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête sur la suppression de plusieurs programmes en français de l'Université Laurentienne dans le cadre d'une restructuration massive.

Le 12 avril, une centaine de professeurs de l’université située à Sudbury ont été licenciés, alors que l'établissement souffre de problèmes financiers; 69 programmes, dont 28 de langue française, ont été abolis.

Dans un communiqué, Mme Burke a précisé que ses services ont reçu une soixantaine de plaintes relatives à ces suppressions de cours, qui soulèvent des questions quant à l'équité et à la transparence des processus ayant mené aux coupes.

De nombreux étudiants et étudiantes franco-ontarien(ne)s et d’autres dans la communauté nous ont dit que cette situation affectait profondément leur capacité d’être éduqué(e)s et de travailler en français.

Une citation de :Kelly Burke, commissaire aux services en français de l'Ontario

Il s'agira de la première enquête en vertu de la Loi sur les services en français (LSF) attribuée à l'Unité des services en français, qui relève du Bureau de l'Ombudsman.

Trois questions seront soulevées, peut-on lire dans le communiqué :

  • Si l’Université Laurentienne a respecté ses obligations en tant qu’organisme partiellement désigné en vertu de la LSF.
  • Si le ministère des Collèges et des Universités a respecté ses obligations en vertu de la LSF dans le cadre de la restructuration financière de l'université.
  • Si le ministère des Affaires francophones a respecté son rôle d'administration de la LSF dans le cadre de la restructuration financière de l'université.

Les enquêteurs de l'unité prévoient de s'entretenir avec des membres de l’Université Laurentienne, du personnel des deux ministères, et des plaignant(e)s, et s'appuieront sur de la documentation, selon le communiqué.

L'Université Laurentienne assure sa pleine coopération à l'enquête. L’Université Laurentienne s’engage à remplir les attentes aux termes de la Loi sur les services en français et nous sommes convaincus que le Bureau de l’Ombudsman saura le confirmer, écrit le porte-parole Shaune Malley dans un courriel.

Nous avons hâte de continuer à subvenir aux besoins de nos quelque 1200 étudiants francophones et de toute la communauté francophone.

Une citation de :Shaun Malley, porte-parole de l'Université Laurentienne
Une bâtisse avec des gens qui marchent

L’Université Laurentienne croule sous les dettes et s’est récemment placée sous la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Le gouvernement collaborera à l'enquête

Le ministère des Affaires francophones de l'Ontario a réagi auprès de Radio-Canada au sujet de l'ouverture de cette enquête.

Il est très inquiétant que l'Université Laurentienne se soit retrouvée dans une position où des mesures aussi radicales étaient nécessaires. Notre gouvernement travaillera en collaboration avec la commissaire dans le cadre de son enquête.

Une citation de :Bureau de la ministre des Affaires francophones de l'Ontario, Caroline Mulroney

Le ministère, de même que celui des Collèges et Universités, est en communication avec la Laurentienne afin de bien saisir l'impact des coupes de programmes sur les obligations de la Laurentienne, ainsi que sur le respect des dispositions de la Loi sur les services en français liées à la désignation partielle.

L'université aurait informé le gouvernement que deux diplômes désignés en vertu de la Loi sur les services en français ne sont plus offerts à la suite des compressions.

De son côté, le NPD se réjouit du fait que la commissaire des services en français de l'Ontario se penche sur le dossier. Pour le parti d'opposition, il est clair que le gouvernement a manqué à ses obligations.

Il a ignoré leur responsabilité de protéger l'éducation en français, affirme Guy Bourgouin, porte-parole de l'opposition pour les Affaires francophones. Le député demande au gouvernement Ford d'agir sans plus tarder en remettant sur pied les programmes en langue française coupés de la Laurentienne et en leur fournissant un appui financier immédiat.

Il n'est pas trop tard. Le gouvernement peut encore faire la bonne chose et protéger l'éducation en français en Ontario.

Une citation de :Guy Bourgouin, porte-parole de l'opposition pour les Affaires francophones et député de Mushkegowuk—baie James
Guy Bourgouin en conférence de presse à Queen's Park.

Guy Bourgouin « implore » la ministre Caroline Mulroney d'être « agressive » sur le dossier de l'Université Laurentienne.

Photo : CHAÎNE DE QUEEN'S PARK

Un test pour la Loi sur les services en français?

Le titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie canadienne en droits et enjeux linguistiques à l’Université d’Ottawa François Larocque accueille favorablement l'enquête de la commissaire aux services en français.

Je pense que ce sera très important pour l'Université Laurentienne et pour l'ensemble du milieu postsecondaire francophone, qui a, en principe, des protections en vertu de la LSF. On va enfin apprendre la juste valeur de cette protection-là.

Une citation de :François Larocque, professeur et titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie canadienne en droits et enjeux linguistiques à l’Université d’Ottawa
L’avocat François Larocque, titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie canadienne en droits et enjeux linguistiques de l’Université d’Ottawa.

Le professeur François Larocque estime que l'Université Laurentienne n'a pas respecté la Loi sur les services en français.

Photo : Valérie Charbonneau/Université d’Ottawa

Selon le professeur, les établissements d'enseignement francophones et bilingues de l'Ontario ont entrepris des démarches en vertu de la LSFpour se protéger si les choses allaient mal.

C'est une protection contre des coupures éventuelles du gouvernement, une protection des décisions internes des universités qui ne respecteraient pas les droits de la minorité linguistique, énumère-t-il.

Toutefois, l'étendue de cette protection n'est toujours pas établie, selon lui.

L'Université Laurentienne était la première à obtenir une désignation en vertu de la LSF. Et maintenant, c'est l'Université Laurentienne qui va encore servir de cas de figure pour nous aider à comprendre la valeur juridique de cette loi-là, conclut-il.

Trop tard, disent des militants

Pour la Coalition nord-ontarienne pour une université francophone, qui regroupe des organismes francophones de la région, l'enquête débute un peu tard.

Peu importe ce que la commissaire va trouver dans son enquête, peu importe les conclusions, ça ne ramènera pas les profs, ça ne ramènera pas les étudiants qui ont déjà quitté Sudbury, qui ont déjà des plans pour le mois de septembre.

Une citation de :Denis Constantineau, porte-parole de la Coalition nord-ontarienne pour une université francophone
Un homme qui porte des lunettes

Denis Constantineau espère également que la comissaire aux services en français va s'intéresser aux impacts des compressions à l'Université Laurentienne sur l'Université de Sudbury, également protégée par la LSF.

Photo : Radio-Canada

N'empêche, Denis Constantineau a hâte de voir les conclusions de l'enquête. Il espère que celles-ci vont convaincre la province de transférer tous les programmes de langue française à l'Université de Sudbury, un établissement autrefois lié à l'Université Laurentienne.

Celle-ci a fait part de son intention de devenir une université par et pour les francophones en mars.

Avec les informations de Natasha MacDonald-Dupuis, et Zacharie Routhier

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