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Ottawa impose une évaluation environnementale aux mines de charbon métallurgique

Une mine de charbon.

Les projets de mines à ciel ouvert sur les flancs est des Rocheuses inquiètent de nombreux Albertains.

Photo : Bighorn Mining

Le gouvernement fédéral imposera une évaluation environnementale à tous les projets de mines de charbon qui pourraient relâcher du sélénium dans les cours d'eau.

La décision annoncée mercredi inclura toutes les propositions provenant des huit projets exploratoires en cours dans la région des contreforts des Rocheuses, dans le sud-ouest de l’Alberta, a précisé le ministre de l’Environnement, Jonathan Wilkinson. 

Je pense que tous les Albertains s’attendent à ce qu’une question comme le sélénium et ses effets sur les cours d’eau et la faune aquatique fassent l’objet d’une évaluation , a-t-il indiqué.

Le sélénium est un oligoélément qui peut créer des malformations chez les poissons s’il s’accumule en trop grande quantité. On le retrouve dans les cendres issues de l’extraction du charbon.

La mine Teck, dans le sud de la Colombie-Britannique, a ainsi contaminé les cours d’eau de la région. La population d’un poisson rare s’est effondrée.

Nous devons prendre en compte les effets sur les poissons et leur habitat, qui sont des domaines fédéraux. Il est donc approprié pour le gouvernement fédéral d’imposer une évaluation environnementale , a souligné M. Wilkinson.

Le ministre souligne que la Loi sur l'évaluation d'impact s'applique automatiquement aux projets qui prévoient produire plus de 5000 tonnes de charbon par jour, mais qu'il peut également désigner d'autres projets à sa guise.

Un débat houleux en Alberta

Les risques de contamination au sélénium sont une des raisons qui poussent de nombreux propriétaires terriens, membres de Premières Nations et environnementalistes à s’opposer aux projets proposés dans le sud-ouest de l’Alberta.

Ces projets sont au coeur d’une controverse depuis que le gouvernement albertain a révoqué la politique de 1976 qui excluait les mines à ciel ouvert dans les contreforts est des Rocheuses.

Celui-ci est, depuis, revenu sur sa décision, mais plusieurs municipalités, de nombreux Albertains et membres de Premières Nations ont demandé à Ottawa de s’impliquer dans le dossier.

Ils estiment que les évaluations fédérales sont plus rigoureuses que les évaluations provinciales et permettent plus de participation du public.

Jonathan Wilkinson a annoncé sa décision dans une lettre à la députée fédérale néo-démocrate Heather McPherson, qui lui avait demandé en mars d’imposer une évaluation environnementale pour l'ensemble des mines de charbon dans les Rocheuses. Elle s’appuyait sur une pétition de 18 000 signatures.

Quand le ministre Wilkinson m’a joint, j’étais ravie. C’est un excellent premier pas pour protéger les Rocheuses de l’Alberta , a-t-elle réagi. Ce n’est toutefois pas suffisant.

Des effets cumulatifs oubliés

La députée d’Edmonton Strathcona souligne qu’une évaluation régionale comme celle qu’elle avait demandée aurait permis d’évaluer les effets cumulatifs de tous ces projets.

Le ministre a exclu une telle évaluation pour des raisons de temps.

Étant donné le rythme de développement [en Alberta], nous avons déterminé que ce ne serait pas l’outil le plus approprié, a-t-il souligné.

Maintenant que nous avons cette protection pour faire face à l’urgence de la situation, prenons le temps de faire une évaluation cumulative des projets , a répliqué Mme McPherson. 

L’avocat d’Écojustice David Khan est également déçu qu’une évaluation régionale n’ait pas lieu. Selon lui, cette requête également provenant de membres de Premières Nations était la seule façon d’évaluer les impacts de l’exploitation minière sur les droits autochtones.

Cela fait longtemps que l’on s’inquiète d’un manque d’examen des effets cumulatifs lorsque les évaluations environnementales se font seulement projet par projet , a-t-il expliqué.

Des projets de plus en plus étudiés

Selon M. Wilkinson, la nouvelle politique donnera plus de certitude à l’industrie sur le type de projets qui feront l’objet d’une évaluation et la manière dont celle-ci se déroulera. 

Nous ne disons pas non à tous les projets. Nous nous assurons que ces projets sont réalisés de la meilleure manière pour l’environnement.

Une citation de :Jonathan Wilkinson, ministre de l'Environnement

La semaine dernière, le ministre a annoncé qu'il rendrait plus difficile l’exploitation de nouvelles mines de charbon thermique. Le gouvernement prépare également de nouvelles réglementations sur les rejets des mines comme le sélénium.

Le gouvernement albertain a mis en place des consultations sur la meilleure politique à adopter pour développer cette ressource. Le groupe doit rendre son rapport en novembre.

Avec les informations de La Presse canadienne

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