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Le Manitoba réticent à payer pour chercher des tombes anonymes de pensionnats

Une plaque datant de 1970 avec l'inscription en anglais : lieu de sépulture d'enfants autochtones.

Cette plaque a été placée dans un cimetière près du pensionnat autochtone de Brandon, après que le terrain fut devenu un parc municipal.

Photo : Jennifer Rattray

Radio-Canada

Alors que plusieurs provinces canadiennes promettent de financer la recherche de tombes anonymes sur les sites d’anciens pensionnats autochtones, le Manitoba ne veut pas s’engager dans cette voie pour le moment.

Le premier ministre Brian Pallister a été interrogé à ce sujet mardi. On lui demandait si la position de son gouvernement pourrait changer et s’il était prêt à financer de telles recherches. Sa réponse a été catégorique : Nous ne changerons pas notre point de vue. Notre position n’a jamais été de refuser de mettre de l’argent pour financer de telles recherches, mais plutôt de nous associer avec le fédéral et les communautés des Premières Nations pour plusieurs projets. Nous continuerons de le faire, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à la fin de la Conférence des premiers ministres de l’Ouest et du Nord.

Brian Pallister n’a cependant pas spécifié à quels projets il faisait référence, et son bureau n’a pas répondu à une demande de précisions envoyée par CBC.

Brian Pallister est vu de profil, avec en arrière-plan une affiche montrant le logo du Manitoba.

Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, en conférence de presse

Photo : La Presse canadienne / David Lipnowski

Cette question a été soulevée après l’indignation générale qui a secoué le pays à la suite de la découverte des restes de 215 enfants enterrés sur le site d’un ancien pensionnat autochtone à Kamloops, en Colombie-Britannique. Depuis, de nombreux groupes de pression ont lancé des appels aux provinces pour qu’elles financent des recherches similaires sur leur territoire.

L’Ontario a d’ailleurs promis 10 millions de dollars, mardi, pour identifier, enquêter, protéger et commémorer les lieux de sépulture des pensionnats autochtones de la province, devenant la première province à prendre une telle décision. 

Le gouvernement fédéral, pour sa part, a récemment alloué 27 millions de dollars pour chercher des tombes non identifiées.

Lors de la conférence de presse à la fin de la Conférence des premiers ministres de l’Ouest et du Nord, les premiers ministres de la Colombie-Britannique et de la Saskatchewan ont aussi promis de fournir toutes les ressources nécessaires pour des recherches sur d’anciens sites de pensionnats autochtones, tandis que le premier ministre yukonnais a dit vouloir suivre les recommandations des Premières Nations de son territoire pour savoir comment procéder.

L'opposition dénonce le manque d'engagement

Le manque d’action de la part du gouvernement manitobain est décourageant, selon le chef du Nouveau Parti démocratique, Wab Kinew.

Le fait qu'on ne voit aucun engagement de la part du Manitoba reflète les vraies priorités de ce gouvernement. Cela montre qu’il ne fera pas de recherches pour des tombes sans subir de pressions.

Plusieurs Premières Nations du Manitoba ont annoncé qu’elles allaient mener des recherches. La Première Nation de Sioux Valley, près de Brandon, affirme avoir trouvé 104 tombes anonymes potentielles près du site de l’ancien pensionnat autochtone dans la deuxième ville en importance de la province.

Mardi, Brian Pallister a déclaré que son gouvernement restait déterminé à respecter les appels à l'action de la Commission de vérité et réconciliation. Il a décrit les partenariats communautaires comme la voie à suivre pour guérir efficacement.

S'il y a quelque chose de bon qui se dégage de la tragédie de Kamloops, c'est la vraie histoire et la vraie réalité que notre pays doit examiner, et cela doit être examiné ensemble dans un esprit de partenariat , a dit le premier ministre.

C'est ainsi que nous avons construit ce pays, mais nous ne l'avons pas construit parfaitement et nous devons le reconnaître.

Selon des informations d'Ian Froese

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