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La cheffe du Parti vert dénonce une campagne de dénigrement pour la faire partir

Annamie Paul lors d'un point de presse.

La tension est vive depuis quelques semaines au sein du Parti vert.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Radio-Canada

En pleine tourmente, la cheffe du Parti vert Annamie Paul a défendu son leadership en mettant en avant son profil de femme politique pionnière et victime de discrimination lors d’une conférence de presse houleuse qui s’est tenue à Ottawa mercredi après-midi.

Au lendemain d’un processus interne qui aurait pu mener à sa destitution, Mme Paul a dénoncé le sexisme et le racisme dont elle se dit être la victime à titre de première femme de couleur, première personne noire et première femme juive à diriger un parti fédéral.

La cheffe du Parti vert a déclaré que la tentative de destitution était le fait d'un petit groupe de dirigeants du parti qui sont sur le point de partir.

Les libéraux divisent pour mieux régner, a-t-elle argumenté, bien déterminés à gagner leur majorité à n’importe quel prix, faisant référence à la défection d'une députée verte Jenica Atwin, qui a rejoint les rangs du Parti libéral.

C'est cynique et lâche. [...] À Justin Trudeau, je voudrais dire que vous n'êtes pas notre allié, vous n'êtes pas féministe.

Une citation de :Annamie Paul, cheffe du Parti vert

Le conseil fédéral du Parti vert – l'organe décisionnel de la formation – a tenu une rencontre d'urgence mardi soir, qui a duré plus de trois heures et demie.

CBC News a obtenu une copie de la lettre qui a provoqué cette réunion et qui contient une critique cinglante du style de leadership de la cheffe des verts. Depuis son élection à la direction, Annamie Paul a agi avec une attitude autocratique d'hostilité, de supériorité et de rejet, manquant à son devoir d'être un membre actif, contributif, respectueux et attentif du conseil fédéral, peut-on y lire.

La lettre lui reproche également d'avoir contribué au changement de camp de la députée Jenica Atwin.

Je ne discute pas des documents internes, a rétorqué Mme Paul en conférence de presse, s'agaçant ouvertement du fait que le document ait fuité dans les médias. Je ne parlerai pas aux médias avant d'avoir parlé aux gens de mon parti, a-t-elle indiqué.

Un vote de confiance évité

Il était prévu que les responsables tiennent un vote quant au déclenchement d'un processus complexe, prévu au sein de la constitution du parti, qui aurait pu mener à un vote de confiance envers Mme Paul. Ce vote n'a finalement pas eu lieu.

À la place, le conseil fédéral a adopté une motion séparée demandant à Mme Paul de répudier publiquement l'un de ses anciens conseillers principaux, Noah Zatzman, qui a accusé plusieurs politiciens, y compris des députés verts non identifiés, de discrimination et d'antisémitisme dans une publication sur les médias sociaux, le mois dernier.

Questionnée sur les commentaires de M. Zatzman, Annamie Paul a rétorqué qu'il ne faisait plus partie de son cabinet et qu'elle ne considérait aucun des députés verts comme étant antisémite.

L'une de nos marques, c'est qu'il y a une grande diversité d'opinions au sein du parti, a-t-elle fait valoir. Je ne suis pas d'accord avec toutes les opinions [exprimées par] nos députés, mais ils doivent pouvoir les exprimer et tout le monde sait que ça correspond à l'éthique du Parti vert.

La motion demandait également à Mme Paul de soutenir explicitement le Parti vert. Dans le cas contraire, précisait le document, la cheffe devra faire face à un vote de confiance le 20 juillet.

Tensions internes

La décision de mardi fait suite à plusieurs semaines difficiles pour le parti, qui est déchiré sur la question du conflit israélo-palestinien.

Devant la flambée des violences au Moyen-Orient, Mme Paul a publié une déclaration dans laquelle elle réclamait un cessez-le-feu et condamnait à la fois les tirs de roquettes palestiniennes et l'utilisation excessive de la force par l'armée israélienne, une possible tentative de mettre de l'avant une position modérée s'approchant de celle du gouvernement Trudeau.

La députée verte Jenica Atwin, qui a depuis traversé la Chambre pour rejoindre les libéraux, a vivement critiqué la déclaration de Mme Paul sur Twitter. C'est une déclaration absolument inadéquate, a-t-elle écrit. Les évictions forcées doivent cesser. Je me tiens aux côtés de la Palestine et je condamne les bombardements impensables à Gaza. Mettez fin à l'apartheid!

Un autre député vert, Paul Manly, a lui aussi déploré la déclaration de sa cheffe, en qualifiant les expulsions de familles palestiniennes d'un quartier de Jérusalem de nettoyage ethnique.

M. Zatzman a répondu sur Facebook en affirmant que les verts veilleront à vous vaincre et à faire élire des champions progressistes du climat qui sont contre le fascisme, pro-LGBT, pro-souveraineté autochtone et sionistes!

Selon un texte de David Thurton de CBC News

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