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Malgré la présence du variant Delta, une possible 4e vague inquiète peu en C.-B.

En date du 5 juin, 7 % des infections dans la province étaient attribuables au variant Delta du coronavirus.

Des piétons au centre-ville de Vancouver.

Le nombre de nouvelles infections continue de diminuer en Colombie-Britannique, et le nombre de personnes vaccinées augmente. (archives)

Photo : Ben Nelms/CBC

La présence du variant Delta en Colombie-Britannique, et au Canada en général, n’inquiète pas trop les experts malgré sa plus grande contagiosité, et ce, même s’il a forcé l’Angleterre à repousser d’un mois la levée de ses dernières restrictions sanitaires.

Le 5 juin, ce variant préoccupant détecté d’abord en Inde était à l'origine d'environ 7 % des infections actives en Colombie-Britannique, selon le Centre de contrôle des maladies de la Colombie-Britannique (BCCDC). Ce dernier dit maintenant séquencer les virus de tous les tests de dépistage positifs.

Les variants Alpha (B.1.1.7, identifié au Royaume-Uni) et Gamma (P.1, identifié au Brésil) constituaient alors chacun un peu plus de 35 % des nouvelles infections.

Au Royaume-Uni, la santé publique estime que le variant Delta, qui cause une flambée des infections que plusieurs qualifient de quatrième vague, est en cause dans 90 % des nouvelles infections.

Nous n’observons pas une transmission continue et un essor de cette souche [ici], a déclaré la médecin-hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique, Bonnie Henry, lundi.

Lettre ouverte pour prévenir une 4e vague

Dans une lettre ouverte publiée mardi, des experts en santé publique du Québec mettent les gouvernements en garde contre un excès de confiance et disent qu’il vaut mieux mettre tout de suite en place certaines mesures qui aideront à prévenir un nouveau confinement.

Selon son instigateur, le docteur en santé publique Carl-Étienne Juneau, la situation au Royaume-Uni fait office d’avertissement pour le Canada.

En effet, ce pays européen fait meilleure figure pour l’immunisation : 45 % de la population y ont reçu deux doses de vaccin, comparativement à 13 % ici.

Des étudiants quittent un centre de vaccination situé à Londres.

Le Royaume-Uni a administré une première dose de vaccin à plus de 40 millions de personnes.

Photo : afp via getty images / DANIEL LEAL-OLIVAS

La quatrième vague est relativement peu probable au Canada, selon le Dr Juneau. Mais ce n’est pas parce que c’est peu probable qu’il ne faut pas se préparer, ajoute-t-il.

Malheureusement, quand on regarde la performance du Québec et du Canada depuis le début de la pandémie, souligne-t-il, on a été assez lents à réagir, à instaurer des mesures aux frontières, ou d’autres [mesures] comme les tests rapides et la ventilation.

Tout cela doit être fait en parallèle de la campagne d’immunisation, ajoute le spécialiste en santé publique. Plus on va avoir des gens vaccinés avec deux doses, mieux on va être protégé, affirme-t-il.

Selon une étude publiée lundi par l’agence de santé publique de l’Angleterre (Public Health England), dans le cas du variant Delta, les vaccins sont efficaces pour prévenir les cas graves de la maladie, en particulier après deux doses.

Menée auprès de 14 000 personnes ayant contracté le virus de souche Delta entre le 12 avril et le 4 juin, elle a fait apparaître que les vaccins Pfizer-BioNTech et AstraZeneca (les deux vaccins utilisés au Royaume-Uni) sont efficaces à plus de 90 % pour prévenir les hospitalisations. Après une seule dose, Pfizer-BioNTech était déjà efficace à 94 %, et AstraZeneca, à 71 %.

Découvrez-vous comment fonctionnent les vaccins contre le SRAS-CoV-2.

Objectif : deux doses d’ici la fin de l’été

Selon la titulaire de la Chaire de recherche Canada 150 en modélisation mathématique, Caroline Colijn, une quatrième vague n’est pas impossible en Colombie-Britannique, mais elle devient de moins en moins probable à mesure que se poursuit la progression rapide de la campagne d’immunisation.

Si on peut vacciner tout le monde avec les deux doses bientôt, cet été et dans les semaines qui viennent, je pense que cela va prévenir une quatrième vague [attribuable au variant] Delta, estime-t-elle.

Celle qui est aussi professeure de l’Université Simon-Fraser (SFU) ajoute cependant que la transmissibilité du variant au sein d’une population sans protection immunitaire pourrait déclencher une forme de quatrième vague.

L’idéal serait l’atteinte d’un niveau d’immunisation de 90 %, et même plus, dit-elle.

Caroline Colijn estime que la probabilité qu'apparaissent des variants plus contagieux et plus virulents que le variant Delta augmente l’importance de vacciner le plus de personnes possible et de continuer à séquencer les tests positifs dans la province.

Une forêt plus résistante grâce aux vaccins

Selon Caroline Colijn, il faut voir la pandémie comme un feu à éteindre et non comme une vague incontrôlable.

Avant le début de la campagne d’immunisation, on devait se contenter de tuyaux et d’eau – les différentes mesures sanitaires – pour contrer l’incendie, explique la professeure.

Maintenant, c’est différent [...] : c’est comme si on avait une forêt humide et pas une forêt sèche, poursuit-elle. Jusqu’à maintenant, on a eu une forêt sèche tout le temps, donc, le feu allait et venait, mais, maintenant, on a une forêt humideé Donc, on a quelque chose de vraiment différent [qui peut ralentir les flammes].

Avec des informations de Raluca Tomulescu

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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