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Un an de pandémie vu par le CISSS du Bas-Saint-Laurent

Isabelle Malo est accroupie devant une dame assise sur une chaise. Elles discutent alors que la dame attend de se faire vacciner

La présidente-directrice générale du CISSS du Bas-Saint-Laurent, Isabelle Malo, discute avec une citoyenne qui attend de se faire vacciner contre la COVID-19 à Rimouski

Photo : Radio-Canada / Denis Leduc

COVID-19, pénurie de personnel, soins aux aînés, relations avec les médias, la présidente et directrice générale du Centre intégré de santé et services sociaux du Bas-Saint-Laurent, Isabelle Malo, revient sur les sujets marquants des derniers mois.

La pandémie n’est pas terminée, mais comme un peu partout dans le réseau de la santé, la pression tombe peu à peu au CISSS du Bas-Saint-Laurent. Mardi, aucun nouveau cas n'a été rapporté dans la région.

Il n’y a pas eu de moment d’arrêt au cours des 16 derniers mois. L’année fut titanesque , commente la PDG du CISSS. Ce n’est pas encore terminé. On est encore au rendez-vous sept jours sur sept. On est encore au travail pour de longues heures , dit-elle. C’est encore vrai, ajoute Mme Malo, à tous les niveaux de l’organisation.

Malgré la lourdeur de la tâche, la PDG parle d’une année riche et pleine d’apprentissages. De devoir mobiliser toute une communauté régionale pour faire face à la pandémie, ça a dépassé et de loin les frontières du réseau de la santé et des services sociaux.

Le CISSS a grandi dans l’expérience. On a su faire la démonstration non pas seulement de répondre présent, mais de s’ajuster de manière continue pour répondre aux impératifs de la situation. On a développé beaucoup d’agilité.

Une affiche à l'entrée de l'hôpital indique les règles de temps de visites et les consignes pour les rendez-vous médicaux.

Les indications à suivre dans l'hôpital de Rimouski pour éviter la propagation de la COVID-19 dans l'établissement.

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

C’est à l’automne 2020 que le nombre de décès dans la région a été le plus élevé. Jusqu'à maintenant, 51 personnes sont mortes dans la région après avoir été infectées par la COVID-19

Par contre, c’est au printemps, lors de la troisième vague que la région a été le plus durement frappée, notamment en raison du nombre de personnes infectées et de gens hospitalisés.

Isabelle Malo attribue cette recrudescence de la contamination à un certain relâchement des mesures de prévention dans la population. Les gens ont cru que c’était terminé alors que le variant faisait son chemin au Bas-Saint-Laurent, observe Mme Malo.

Soins aux aînés

La situation épidémiologique a mis en relief la place des personnes âgées dans nos sociétés.

En février dernier, un rapport accablant sur les soins offerts aux Bâtisseurs, une résidence privée pour aînés de Matane, était rendu public par le CISSS. La PDG admet que le CISSS a agi après l’intervention de la ministre Marguerite Blais puisque la divulgation du rapport n’était pas une obligation légale.

Elle souligne que c’est le CISSS qui avait commandé l’enquête, après une première intervention dans l’établissement en 2019.

La résidence des Bâtisseurs de Matane a connu une explosion de cas de COVID en une semaine.

La résidence des Bâtisseurs de Matane, qui a connu une importante explosion de cas de COVID à l'automne, a aussi été au centre d'une enquête sur les soins offerts aux personnes âgées.

Photo : Radio-Canada

Elle assure que le CISSS a toujours agi avec diligence dans le dossier. La situation s’était beaucoup améliorée en 2019, dit-elle, mais la pandémie et le manque de personnel ont rapidement provoqué une détérioration de la situation.

Le plan de redressement de la ressource d’hébergement a été appliqué et le CISSS a reçu, la semaine dernière, le rapport de fin d’accompagnement. On pense que ça va aller pour le mieux, mais on suivre ça de très, très près , commente Mme Malo.

Le CISSS profite maintenant de l’accalmie sur le plan viral pour relancer sa politique contre la maltraitance envers les aînés.

La politique touchera aussi les personnes plus vulnérables comme les gens qui souffrent de déficience ou qui vivent avec un handicap. C’est un drapeau rouge qu’on lève comme organisation. Plusieurs situations ont été portées à notre attention au cours de la dernière année. Ça se passe partout.

Manque de personne et ruptures de services

La pénurie de personnel demeure une réalité. Les difficultés de recrutement, de disponibilité entravent le bon fonctionnement des services.

À Matane, notamment, les interruptions du services d’obstétrique ont été très fréquentes au cours de la dernière année. C’est d’ailleurs encore le cas, cette semaine et la semaine prochaine. On n’est pas rendu à l’étape de remettre en question les soins et services à la population. On souhaite vraiment continuer à faire une offre de services de proximité et on valorise l’occupation du territoire.

Une médecin dans son équipement de protection, assise sur un lit, regarde par la fenêtre.

La pénurie d'infirmières continue d'être un problème.

Photo : Getty Images / skaman306

Différentes stratégies sont aussi en cours pour contrer les besoins de personnel, dont le développement de la formation médicale universitaire en région. C’est vrai pour les médecins, relève Mme Malo, mais on veut aussi être un employeur de choix en misant sur cette stratégie pour d’autres professionnels et techniciens de la santé.

Communiquer le message

Les communications avec les médias ont parfois été difficiles.

La discrétion de la santé publique notamment lors d’événements comme l’éclosion survenue au printemps à l’usine Viandes du Breton de Rivière-du-Loup n’a pas été comprise par tous et conséquemment critiquée. Isabelle Malo rappelle que des décisions très complexes ont dû être prises.

Il n’est pas du tout question de manque de transparence. On ne doit pas gérer une organisation de notre envergure sur la place publique.

Une citation de :Isabelle Malo, PDG du CISSS du Bas-Saint-Laurent.

C’est la nuance que certains citoyens doivent mieux comprendre, ajoute Mme Malo. La PDG considère que beaucoup a été fait quant à la présence dans les médias et que la stratégie de communication a été très, très bonne .

Elle reconnaît que le CISSS n’a sans doute pas répondu à toutes les demandes. Il faut aussi faire des choix, notre principale responsabilité est d’assurer la saine gestion et la gouvernance de l’établissement.

L'après pandémie

La pandémie laissera des traces dans le fonctionnement du CISSS. Déjà des projets sont en marche. Un réseau d’éclaireurs est en constitution. Des professionnels de la santé travaillent à constituer un réseau qui pourra détecter rapidement d'éventuelles problématiques post-pandémiques parmi la population.

Un travail similaire s’effectue aussi auprès du personnel. On est conscient qu’on a étiré tous les élastiques possibles auprès du personnel. Il faudra revenir à un niveau de travail plus raisonnable tout en répondant aux impératifs de notre mission, de notre responsabilité.

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