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Exploitation sexuelle de mineurs : le SPVG se réjouit de l’annonce de Québec

Un téléphone cellulaire sur le lit d'une jeune femme.

La police de Gatineau estime qu’une dizaine de ressources pourront être ajoutées dans la région.

Photo : Getty Images / sestovic

L’octroi de 100 millions de dollars du gouvernement Legault pour des initiatives de lutte contre le proxénétisme et à l’exploitation sexuelle des mineurs va aider le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) à redoubler d’efforts à ce chapitre.

Le directeur du SPVG, Luc Beaudoin, a indiqué en entrevue, mardi, qu’une dizaine de ressources pourront être ajoutées dans la région.

Gatineau aura notamment ses propres intervenants pour faire partie de la nouvelle Équipe intégrée de lutte contre la prostitution juvénile (EILPJ). Ce groupe sera composé de 17 personnes spécialisées en enjeux de pornographie juvénile et de cyberprédation sexuelle.

C’est une excellente nouvelle pour le Service de police de la Ville de Gatineau, a dit M. Beaudoin au sujet de l’annonce du gouvernement Legault sur les 100 millions de dollars qui seront débloqués, sur cinq ans.

Luc Beaudoin à la table du conseil municipal

Le directeur du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG), Luc Beaudoin (Archives)

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

Le directeur du SPVG a noté que le corps de police a souligné les bienfaits des équipes de travail intégrées durant les travaux de la Commission sur l’exploitation sexuelle des mineurs. Ces équipes regroupent les intervenants de différentes régions du Québec, ce qui permet notamment un meilleur partage d’information dans des dossiers qui peuvent être complexes.

Ce genre de criminalité là, comme plusieurs autres, n'a pas de frontières. On peut avoir un prédateur à un endroit qui prend des images intimes, qui les transfère finalement, et celles-ci se ramassent à Gatineau, a expliqué M. Beaudoin.

C'est la même chose pour l'exploitation sexuelle. Il y a des gens qui tombent sous l'emprise d'un proxénète et ils sont amenés dans une autre région. C'est donc important pour l'ensemble des corps de police de communiquer, a-t-il ajouté.

Une collaboration essentielle

La position géographique de Gatineau rend la communication avec le corps de police d’Ottawa d’autant plus importante. De plus, la ville est située dans le corridor Montréal-Ottawa-Niagara-Gatineau, de sorte que les victimes d’exploitation sexuelle sont souvent transportées ailleurs par leurs proxénètes.

M. Beaudoin a aussi insisté sur la collaboration nécessaire des corps policiers avec des organismes tels que le Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) afin d’établir une relation de confiance avec les victimes.

Ces gens-là sont sous l'emprise d'un proxénète, donc il faut vraiment établir ce lien de confiance et trouver des alternatives pour les sortir de ce milieu et éviter qu'ils retournent dans le même pattern. [...] Le service de police ne peut pas faire ça seul.

Selon un expert en technologies d’extraction de données informatiques sur la criminalité, la quantité de contenus de pornographie juvénile en circulation sur le web a connu une hausse fulgurante avec la pandémie de COVID-19.

Le nombre d'images et de vidéos est en très, très forte explosion, a dit Antoine Normand, président de l'entreprise BlueBear LES, établie à Gatineau.

Il a fait remarquer que cette tendance à la hausse s’observe un peu partout dans le monde. Il a donné en exemple le cas de la Suisse, où les autorités ont mis la main sur 45 millions d’images.

Bien souvent, les ressources sont insuffisantes pour traiter ces grands volumes de données au sein des corps policiers, a affirmé M. Normand.

Il estime qu’au Québec, l’investissement de 100 millions de dollars permettra de mener davantage d’enquêtes et de pousser celles-ci plus loin.

Avec des informations de Jérôme Bergeron

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