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La présence de métaux et métalloïdes lourds dans les potagers à Rouyn-Noranda sera étudiée

Deux paires de mains tiennent des carottes au-dessus de plants

Les carottes, tomates et laitues des potagers du quartier Notre-Dame seront étudiés. (archives)

Photo : Cory Correia/Radio-Canada

Des résidents de Rouyn-Noranda participeront cet été à un projet de science citoyenne afin d'évaluer l'absorption de métaux lourds et de métalloïdes dans les légumes qui poussent dans leur potager.

Des échantillons de terre et de légumes seront prélevés dans les potagers des participants.

Le directeur scientifique du laboratoire sur l’agriculture urbaine et professeur associé à l’Université du Québec à Montréal, Éric Duchemin, indique que les échantillons seront ensuite analysés en laboratoire pour y mesurer la présence de métaux et métalloïdes lourds.

On va vraiment couvrir l’ensemble des métaux lourds, l'ensemble des contaminants et regarder s’il y a un lien avec les légumes qui ont poussé, et quel type de légume. Est-ce qu’il y a des approches, des pratiques qui vont favoriser la réduction de l'exposition des personnes qui auraient un potager? Donc c’est vraiment une question de voir les pratiques, explique-t-il.

Les analyses mesureront la présence de plus de 40 métaux et métalloïdes lourds. Nicole Desgagné, membre du comité ARET, est l’instigatrice du projet.

Les consignes générales, actuellement, c'est de bien laver les plantes. C’est correct, mais il reste que peut-être qu'au-delà de ça, il y a peut-être d'autres choses à faire. L’idée, c’est de comprendre, de voir si on s’inquiète pour rien, ou s’il y a quelque chose à faire, peut-être de faire des choix de plantes différents. Ça dépendra des résultats de l’étude, indique-t-elle.

Comment mesurer la contamination dans les légumes?

Éric Duchemin souligne qu’à Rouyn-Noranda, la contamination s’effectue en général par dépôt atmosphérique, parce que la Fonderie Horne émet les substances dans l’air.

Trois types de légumes seront analysés dans le cadre du projet : les carottes, la laitue et les tomates. Ce sont des plantes qui n’ont pas les mêmes types d’éléments que l’on va consommer. Un c’est la racine, ou le tubercule, un autre c’est la feuille et le troisième c'est le fruit, précise Éric Duchemin.

Le Conseil régional de l’environnement en Abitibi-Témiscamingue contribue financièrement au projet de recherche, avec une somme de 7600 $. La directrice adjointe du CREAT, Bianca Bédard, croit que ce projet permettra de donner davantage de visibilité au dossier de l’arsenic à Rouyn-Noranda.

C’est très préoccupant et je pense que c’est un enjeu qui ne fait pas assez de bruit sur la scène provinciale, affirme-t-elle.

La tomate Mémé de Beauce

Les tomates seront également étudiées (archives)

Photo : courtoisie : Terre Promise

La direction de la santé publique et la députée Émilise Lessard-Therrien contribuent aussi au projet de recherche.

La co-porte-parole du comité ARET, Mireille Vincelette, espère que le gouvernement mettra davantage de pression sur la Fonderie après cette étude.

Le but ultime de cette recherche, c’est de voir les impacts des émissions sur les citoyens. On sait déjà que les citoyens sont déjà imprégnés, donc on veut savoir s’ils s’imprègnent davantage avec leurs habitudes de vie. Un argument de plus pour accélérer la mise en place de mesures plus restrictives plus rapidement, conclut-elle.

Les échantillons de terre et de légumes seront analysés à l'automne et les résultats de l'étude devraient paraître au printemps prochain.

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