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L’Alberta doit améliorer son autonomie alimentaire, selon une experte

Une moissonneuse-batteuse dans un champ transfère du grain vers un camion.

Le Canada compte énormément sur les travailleurs étrangers pour combler ses besoins de main-d'oeuvre.

Photo : Reuters / MIKE STURK

La pandémie de COVID-19 a mis en lumière le besoin d’accroître l’autonomie alimentaire de l’Alberta, selon une experte en système alimentaire durable.

Dans un récent article publié dans le magazine albertain Alberta Views, la professeure à l’École de santé publique de l’Université de l’Alberta, Mary Beckie, soutient que la province doit miser davantage sur l’autosuffisance alimentaire.

Selon elle, la crise sanitaire a exposé les inégalités engendrées par la mondialisation des systèmes alimentaires. Elle cite notamment les conditions de travail difficiles à l’usine de transformation de viande de l’entreprise Cargill, dans la ville albertaine de High River, où des centaines d'employés ont contracté la COVID-19.

C’est un système caractérisé par des chaînes d'approvisionnement "juste à temps", le mouvement mondial des produits et de la main-d'œuvre et la concentration du pouvoir et des profits dans les mains de quelques grandes entreprises transnationales, explique-t-elle dans son article.

Dépendance à la mondialisation

Mary Beckie soutient que l’accès difficile à certains produits cultivés à l’étranger pendant la pandémie a démontré le besoin de s'approvisionner localement.

Nous sommes vraiment dépendants d’un système alimentaire globalisé parce que nous nous sommes dirigés vers un système agricole orienté vers les exportations, a-t-elle expliqué sur les ondes de l’émission Radio Active de la radio de CBC .

Selon l’experte, le Canada est le 5e plus important exportateur de produits agroalimentaires au monde et le 6e plus important importateur.

En 2019, le Canada a importé pour 26,8 milliards de dollars de produits alimentaires, dont 15,7 milliards des États-Unis.

Près de 80 % des fruits et légumes consommés au Canada sont importés.

Un plan de fraises.

La grande majorité des fraises vendues pendant l’hiver au Canada sont importées, principalement des États-Unis et du Mexique.

Photo : Radio-Canada

Retour vers le local

Dans les décennies précédentes, les fermes canadiennes étaient plus autosuffisantes et davantage de Canadiens cultivaient leurs propres légumes, selon Marie Beckie.

De nos jours, dit-elle, l’écart entre les petits agriculteurs et les géants de l’industrie est de plus en plus grand.

Malgré tout, l’intérêt pour une agriculture à plus petite échelle semble avoir gagné du terrain au cours des dernières années.

La demande pour les produits alimentaires locaux en Alberta est parmi les plus élevées au pays. En 2016, les dépenses dans les marchés fermiers, les restaurants du terroir et directement chez les fermiers ont atteint 1,6 milliard de dollars, affirme Mary Beckie dans son article.

Des stands dans un marché fermier intérieur.

Le marché fermier Bountiful à Edmonton (archives).

Photo : Radio-Canada

L’experte ajoute que le recensement de 2016 a démontré pour la première fois une augmentation du nombre de petits agriculteurs.

Beaucoup d’entre eux sont de jeunes femmes sans expérience dans le domaine agricole, précise-t-elle.

La pandémie, dit-elle, a également engendré un regain d’intérêt pour l’achat de produits cultivés localement.

Le rôle de la province

Vendredi, la province a annoncé avoir simplifié le processus d’application pour l’obtention de subventions du Partenariat canadien pour l'agriculture dans le but de faciliter l’accès au financement pour les agriculteurs et fabricants alimentaires.

Des petites semences qui percent la terre

Le Partenariat canadien pour l'agriculture est un investissement de 3 milliards de dollars sur cinq ans (2018-2023) effectué par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux (FPT) pour renforcer et faire croître le secteur canadien de l'agriculture et de l'agroalimentaire.

Photo : iStock

Le gouvernement joue un rôle important dans la relocalisation de la production alimentaire, selon Mme Beckie qui ajoute que les subventions sont une des solutions surtout pour les nouveaux agriculteurs qui entrent dans l’industrie et qui n’ont pas accès au crédit.

Elle ajoute qu’il est également nécessaire de mettre sur pied un plan directeur pour le développement de l’industrie agricole au cours des 30 prochaines années dans la région d'Edmonton.

Si la pandémie nous a appris une chose, c’est que nous devons être plus autosuffisants, qu’il s'agisse de production alimentaire ou de vaccins. Soutenir le développement de la chaîne d’approvisionnement locale va contribuer à créer un système agroalimentaire plus renouvelable, sécuritaire et équitable pour tous les Canadiens, conclut-elle dans son article.

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