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Porcherie à Maricourt : le ministre ferme la porte à une évaluation du BAPE

Des cochons dans une porcherie.

Cette porcherie aura 3996 porcs, soit 4 de moins que la limite nécessitant une évaluation du BAPE.

Photo : Associated Press / Gerry Broome

Thomas Deshaies

Le ministre de l’Environnement ne répondra pas favorablement à la demande du conseil municipal de Maricourt de soumettre le projet de porcherie de Gestion Isadan inc., situé sur le rang 8, à une évaluation par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

C’est ce qu’a fait savoir lundi soir par courriel l’attachée de presse du ministre de l’Environnement, Benoit Charrette. Le certificat d’autorisation ayant été donné et toute la procédure maintenant complétée, la question du recours au pouvoir discrétionnaire du ministre ne se pose plus, a déclaré Rosalie Tremblay-Cloutier.

Le projet de porcherie prévoit l’engraissement de 3996 porcs, soit 4 de moins que la limite de 4000 qui aurait enclenché automatiquement un processus d’évaluation par le BAPE.

Le ministre de l’Environnement aurait toutefois pu user de son pouvoir discrétionnaire pour imposer cette évaluation malgré tout, si les préoccupations du public et les enjeux environnementaux le justifiaient. Il aurait toutefois dû agir dans les trois mois suivant le dépôt de la demande d’autorisation du projet. Or, le projet de porcherie a été déposé le 17 décembre 2020, et autorisé par le ministère de l’Environnement le 17 mars 2021.

Une résolution de la Municipalité

Le conseil municipal avait pourtant adopté une résolution à l’unanimité, le 11 mai dernier, pour réclamer une évaluation du projet par le BAPE.

Les élus jugeaient leur demande justifiée, puisqu’il s’agit du troisième projet de porcherie d’envergure à prendre forme en quelques mois sur le bassin versant de la rivière Saint-François et de la Yamaska. Chaque fois, les promoteurs ont proposé un projet tout juste sous le seuil des 4000 porcs.

Qu’est-ce qu’un bassin versant?

Le bassin versant désigne le territoire drainé par un cours d'eau principal et par ses tributaires.

Source : COBARIX

L’Union paysanne ainsi que des citoyens avaient ajouté leurs voix aux élus pour réclamer une évaluation du BAPE. La majorité des terres agricoles du Québec servent à faire pousser du maïs et du soya pour nourrir des porcs destinés à l’exportation, a mentionné la coordonnatrice de l’Union paysanne, Marie-Josée Renaud, par voie de communiqué.

Mme Renaud juge qu’il est temps de mener à nouveau une réflexion collective sur l’utilisation de nos terres agricoles.

Un processus de consultation jugé inadéquat

L’attachée de presse du ministre a précisé par courriel que les citoyens avaient eu l’occasion de s’exprimer lors d’une consultation publique. Des séances d'informations publiques ont toutefois été tenues par la MRC Saint-François [sic], permettant ainsi aux citoyens de s’exprimer et de faire part de leurs commentaires. D’ailleurs, des mesures de mitigations ont été mises en place, précise Rosalie Tremblay-Cloutier.

L’un des citoyens membres du collectif Vers un Val vert, opposé au projet de porcherie, Pierre Avignon, rappelle que cette consultation a été jugée inadéquate par les élus, les citoyens et le promoteur. Notre demande, c’est qu’il y ait un véritable espace pour débattre du fond des projets, s’exclame-t-il.

Il rappelle que l’agronome Louis Robert a confirmé certaines de leurs craintes. Il dit qu’il faut effectivement débattre du nombre de têtes d’animal par bassin versant, et mesurer l’effet du phosphore sur l’ensemble des bassins versants, explique-t-il.

Confusion en lien avec une déclaration de la ministre des Affaires municipales

La ministre des Affaires municipales avait réagi lors de la période de questions du 2 juin à l’Assemblée nationale au projet de porcherie à Maricourt. Elle avait répondu à des questions de l’opposition en lien avec le projet minier de Sayona Mining et de la porcherie de Maricourt. Il va y avoir étude du BAPE pour ce projet-là, et évidemment, on va étudier tout le développement du territoire par rapport à la porcherie que vous dites, avait déclaré la ministre Andrée Laforest. La déclaration avait été interprétée comme une prise de position en faveur d’un BAPE par des citoyens; l’attachée de presse de la ministre affirme aujourd’hui que ce n’était pas le cas. Les propos de la ministre relatifs au BAPE portaient sur le projet minier, non pas sur la porcherie, mentionne par courriel Bénédicte Trottier-Lavoie.

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