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Un prêtre jette les chaussures laissées en hommage aux victimes des pensionnats

Des chaussures d'enfants sur le porche d'une église.

Sammie Ne Hiyawak affirme avoir pris une photo des chaussures quelques heures avant qu'elles ne soient jetées à la poubelle.

Photo : offerte par Sammie Ne Hiyawak

Radio-Canada

Une famille autochtone de Dunnville, en Ontario, a laissé des chaussures d’enfants sur le porche d’une église catholique en mémoire des victimes des pensionnats, le 7 juin. Quelques heures plus tard, le prêtre les avait jetées à la poubelle.

Aujourd’hui, Sammie Ne Hiyawak exige des excuses du prêtre Sunny Sebastian, de l'église St. Michael the Archangel.

Le père de Sammie Ne Hiyawak est un survivant des pensionnats de l'Ontario.

Le prêtre affirme qu’il n’était pas au courant de la signification des chaussures et qu’il les a jetées parce qu’il craignait que quelqu’un ne trébuche sur celles-ci.

Sammie Ne Hiyawak n’en croit pas un mot.

Sammie Ne Hiyawak, qui utilise les pronoms ils et elles, pense que M. Sebastian était au courant de l'existence des chaussures en tant que monuments commémoratifs au Canada.

Le prêtre a aussi ajouté que les chaussures étaient sales et en mauvais état.

Pas même une de ces chaussures était assez bonne pour quoi que ce soit… Elles étaient déchirées, elles ne pouvaient servir à personne, a-t-il déclaré en entrevue vendredi.

Si vous faites un mémorial, vous mettez de belles chaussures… Quand une personne meurt, vous ne mettez pas de fleurs artificielles sur un cercueil.

Or, selon Sammie Ne Hiyawak, l'état des chaussures était symbolique de ce que ces enfants ont vécu. On leur a fait vivre un enfer. [...] Ces enfants ont été traités comme s'ils étaient sales.

Le père de Sammie Ne Hiyawak, d'origine crie et abénakise de la baie James, avait 10 ans, et l'oncle de Sammie Ne Hiyawak avait cinq ans lorsqu'ils ont été forcés de fréquenter le pensionnat Cecilia Jeffery de Kenora. Selon Sammie Ne Hiyawak, l'école a mené des expériences médicales et nutritionnelles sur son père et son oncle.

[Mon père] racontait des histoires où il avait été frappé au visage avec une de ces cloches à main et où on lui avait tiré les oreilles si fort qu'elles s'étaient détachées du côté de sa tête, a déclaré Sammie Ne Hiyawak.

Pas au courant

M. Sebastian a déclaré qu'il n'avait pas réalisé au départ que les chaussures servaient de mémorial. Il a ajouté que des personnes avaient déjà laissé des ordures et des bouteilles de bière devant l'église.

Il a également déclaré que personne ne l'avait prévenu et qu'il n'y avait aucun signe indiquant que les chaussures étaient destinées à constituer un mémorial.

Un nouveau mémorial

Le 8 juin, au moins une douzaine de personnes se sont présentées avec des chaussures, des jouets et d'autres souvenirs pour créer un second mémorial devant l’église. M. Sebastian a accepté que ces nouveaux objets y soient laissés.

Des chaussures sur un banc.

Un nouveau mémorial a été mis en place devant l'église.

Photo : offerte par Sammie Ne Hiyawak

M. Sebastian affirme avoir prié pour les enfants autochtones. Il ajoute être proche de la communauté des Six Nations de la rivière Grand.

Un malentendu

Margaret Jong, vice-chancelière du diocèse de St. Catharines, a qualifié la situation de malentendu très regrettable et a déclaré qu'elle ne savait pas que les chaussures avaient été jetées.

Je suis très triste d'entendre cela, a-t-elle déclaré lors d'une entrevue samedi.

Nous sommes vraiment désolés si ces actions ont offensé.

Sammie Ne Hiyawak affirme toujours vouloir des excuses de M. Sebastian. Il doit des excuses à ma famille.

Avec les informations de CBC News

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