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Cohabitation sur la rivière Bonaventure : les détails d'une entente demeurent inconnus

Des usagers de la rivière Bonaventure sont attroupés aux abords du cours d'eau, près de leurs embarcations.

On ignore toujours dans quelles mesures les descentes de la rivière offertes par Cime Aventures seront limitées cet été et si celles-ci feront l'objet d'une nouvelle tarification.

Photo : Dylan Stewart Page

Radio-Canada

Le Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) a donné une autorisation de commerce le 11 juin à Cime Aventures. L’entreprise récréotouristique a ainsi pu commencer sa saison estivale à cette date. Par contre, l'entente est confidentielle, de sorte qu’on ignore toujours dans quelle mesure les activités seront ou non limitées et si un nouveau tarif sera appliqué aux descentes.

Ces deux aspects faisaient partie intégrante du Plan global de cohabitation pour la rivière Bonaventure qui a fait couler beaucoup d’encre ce printemps. Une douzaine de partenaires se sont unis en 2020 afin d’élaborer une stratégie visant à préserver le cours d’eau et à faciliter la cohabitation entre pêcheurs, baigneurs et canoteurs. Certains débordements avaient en effet été constatés l’été dernier lors de l’affluence massive de touristes.

Déposé au MFFP à la fin mars par la ZEC de la rivière Bonaventure, ce plan proposait notamment de limiter quotidiennement les descentes commerciales de Cime Aventures, dès cet été, à 100 embarcations ou 150 personnes. On y suggérait aussi l’imposition d’un nouveau tarif quotidien de 12 $ par usager commercial.

Cime Aventures obtient, chaque année, une autorisation de commerce du MFFP afin de pouvoir opérer sur le cours d’eau; certains critères y sont assortis, notamment le nombre de canoteurs autorisés à le descendre. Sollicitée vendredi dernier, la compagnie privée a refusé de partager ce document avec Radio-Canada.

Élodie Brideau, photographiée aux abords de la rivière Bonaventure.

Élodie Brideau est directrice générale chez Cime Aventures.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

En entrevue mardi avant-midi, Mme Brideau a expliqué que le contenu de l’entente était confidentiel. Par contre, je peux dire qu’on est très heureux de commencer une 33e saison avec une autorisation de commerce pour accueillir nos visiteurs de partout au Québec. [Ça nous permet] de commencer un été en beauté et de revenir, un peu, vers la vie normale.

Peu de réponses du MFFP

Dans un courriel acheminé aux médias lundi, la direction régionale du MFFP a quant à elle été avare de détails. N’abordant pas la question du quota imposé à Cime Aventures ni celle d’un potentiel tarif, elle s’est limitée à annoncer que les descentes ne seraient pas interdites, un élément qui n’a jamais été revendiqué par les différents intervenants dans ce dossier.

En raison du caractère navigable de la rivière Bonaventure au sens de la loi fédérale, le ministère et son délégataire ne peuvent interdire la descente de rivière en embarcation, peut-on y lire.

Des canoteurs sur la Bonaventure

La rivière Bonaventure : un élément important du territoire de la municipalité de Bonaventure

Photo : Radio-Canada / Radio-Canada/Léa Beauchesne

Toujours par courriel, la direction régionale du ministère rappelle que la saison estivale 2021 en sera une transitoire et que les travaux se poursuivront dès l’automne pour mettre en place des solutions plus durables pour l’avenir.

On y mentionne par ailleurs que d’autres mesures comprises dans le Plan global de cohabitation pour la rivière Bonaventure pourront être appliquées par la ZEC. On parle notamment de l’enregistrement obligatoire des usagés, entériné lors de l’assemblée générale annuelle de l’organisation, le 27 avril. La ZEC, qui compte interdire la baignade à proximité de 22 des 98 fosses à saumons de la rivière, pourra aussi aller de l’avant à ce chapitre.

Plus de transparence demandée

Gestionnaire du territoire, la ZEC de la rivière Bonaventure a obtenu copie de l’autorisation de commerce liant Cime Aventures et le MFFP comme elle l’obtient chaque année. Néanmoins, Québec l'enjoint de garder son contenu secret. Ne pouvant commenter la question davantage, le président du conseil d’administration de la ZEC, André Hébert, exhorte Québec de rendre public le contenu du document.

Un pêcheur dans la rivière Bonaventure

Un pêcheur dans la rivière Bonaventure

Photo : Radio-Canada

Évidemment, on aimerait beaucoup qu’il y ait de la transparence dans le dossier. On demande donc au ministre, […] en tout respect de la population de la Baie-des-Chaleurs, de dévoiler les détails de cette entente-là. Il s’agit d’un territoire public, rappelle M. Hébert.

Le député de Bonaventure, Sylvain Roy, s’est déjà adressé au ministre du MFFP, Pierre Dufour, afin d’obtenir une copie du document. Joint par téléphone mardi matin, l'élu gaspésien dit lui souhaiter que les informations qu’il contient soient rendues publiques.

Sylvain Roy.

Le député de Bonaventure à l'Assemblée nationale, Sylvain Roy.

Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois

On veut de la transparence et que les gens sachent à quoi s’en tenir. C’est un dossier qui traîne en longueur.

Une citation de :Sylvain Roy, député de Bonaventure

Au moment de publier ce texte, le MFFP n’avait pas donné suite à la demande d’entrevue de Radio-Canada. Aucun détail supplémentaire n’avait non plus été acheminé.

Un texte de Roxanne Langlois

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