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L'Union européenne et les États-Unis s'entendent sur Airbus et Boeing

Un Boeing 737 MAX.

Airbus et Boeing sont à couteaux tirés depuis 17 ans devant l'OMC.

Photo : Reuters / Lindsey Wasson

Agence France-Presse

L'Union européenne (UE) et les États-Unis se sont entendus mardi sur un armistice de cinq ans pour régler le vieux conflit Airbus/Boeing qui empoisonnait leur relation, signe tangible d'un apaisement entre les deux blocs après les années Trump.

Nous avions décidé conjointement de résoudre cette dispute. Aujourd'hui, on a tenu promesse, a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Cette percée a été obtenue durant une visite du président américain Joe Biden à Bruxelles pour un sommet UE/États-Unis, première rencontre de ce type depuis 2017.

Cet accord ouvre un nouveau chapitre dans notre relation, car nous passons d'un contentieux à une coopération sur l'aéronautique, après 17 ans de dispute, s'est réjouie Mme von der Leyen.

Les deux parties ont accepté de suspendre pendant cinq ans les droits de douane punitifs qu'ils s'infligent dans le cadre de ce contentieux, a expliqué le président américain Joe Biden, saluant une percée majeure.

Il en a aussitôt profité pour rallier l'UE dans son bras de fer avec la Chine. Nous sommes convenus de travailler ensemble pour contester et contrer les pratiques non commerciales de la Chine dans le secteur (aéronautique), qui donnent aux entreprises chinoises un avantage déloyal, a-t-il commenté. C'est un modèle sur lequel nous pouvons nous appuyer pour relever d'autres défis posés par le modèle économique de la Chine, a-t-il insisté.

Washington et Bruxelles s'opposent depuis 2004 devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC) sur les aides publiques illégales versées à leurs deux avionneurs.

Sous l'administration Trump, Washington avait été autorisé en octobre 2019 à imposer des taxes sur près de 7,5 milliards de dollars de biens et services européens importés chaque année, à hauteur de 25 % pour les vins et spiritueux, et de 15 % pour les avions Airbus.

L'OMC avait aussi permis à Bruxelles d'instaurer 4 milliards de dollars de taxes sur des produits importés des États-Unis.

Le ministre français de l'Économie, Bruno Le Maire, s'est réjoui de ce bon accord, appelant à conclure définitivement le dossier, tandis que son homologue allemand saluait un signal important pour la coopération transatlantique.

C'était un des plus anciens et des plus coûteux conflits dans l'histoire de l'OMC, et les deux parties ont montré que même les différends apparemment les plus inextricables peuvent être résolus.

Une citation de :Ngozi Okonjo-Iweala, directrice générale de l'OMC

Les principaux intéressés satisfaits

L'accord a été salué par Boeing. [L'entreprise] soutiendra pleinement les efforts du gouvernement américain pour garantir le respect des principes de cet accord, a ajouté le constructeur dans un communiqué.

L'accord, remarque Boeing, engage l'UE à s'occuper des aides accordées aux lancements de nouveaux programmes et laisse en place les règles nécessaires pour garantir que l'UE et les États-Unis respectent cet engagement, sans nécessiter d'autre action de l'OMC.

Il crée les conditions d'une concurrence équitable entre les deux avionneurs, s'est réjoui Airbus.

Le ministre espagnol de l'Agriculture, Luis Planas, s'est félicité de la fin de droits de douane qui taxaient de manière injuste le secteur agroalimentaire espagnol, en particulier l'huile d'olive, le vin, les fromages et les agrumes. Les exportateurs de vins et spiritueux français se sont déclarés soulagés.

Entente entre Washington et Bruxelles

Outre le conflit Airbus/Boeing, l'UE et les États-Unis s'opposent encore sur une série d'autres dossiers, notamment celui des exportations d'acier et d'aluminium européens pour lequel l'UE souhaite un règlement d'ici décembre.

Mme von der Leyen a annoncé un groupe de travail sur ce dossier. Je suis confiante sur le fait que nous trouverons une solution, a-t-elle dit.

Le sommet a été un moment important avec de premiers actes qui ont été posés au-delà des messages généraux ou généreux. Nous allons continuer dans cet esprit, en étant lucides sur le fait que certains sujets seront bien sûr plus difficiles, a souligné Charles Michel, le président du Conseil européen qui représente les 27 États membres de l'UE.

Le mandat de Donald Trump avait été marqué de fortes tensions avec l'UE que le prédécesseur de Biden considérait comme un ennemi.

Emmanuel Macron a salué mardi l'accord trouvé, y voyant les premiers résultats de la nouvelle relation avec l'administration de Joe Biden.

Le nouveau président américain veut désamorcer les contentieux commerciaux afin de se concentrer sur sa priorité, la Chine, souligne de son côté Eric Maurice de la fondation Schuman.

L'UE et les États-Unis resserrent aussi les rangs contre la Russie, qu'ils accusent de tentatives de déstabilisation en Ukraine et en Géorgie, deux pays de son voisinage tentés par un rapprochement avec les Européens.

À la veille d'un sommet avec Vladimir Poutine à Genève, M. Biden a quitté Bruxelles, fort du symbole d'union qu'il était venu chercher.

Les pays européens sont clairement unis dans leur approche vis-à-vis de leur plus grand voisin, a affirmé Mme von der Leyen, en constatant que la relation UE-Russie est actuellement plutôt dans une spirale négative.

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