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Des employés noirs accusent la fonction publique de l’Ontario de racisme systémique

Un homme regarde vers l'objectif.

Glendon Thomas, un sergent du Centre de détention du sud de Toronto, affirme que le racisme systémique anti-Noirs est répandu dans tout le réseau pénitencier de l'Ontario.

Photo : CBC/Keith Whelan

Radio-Canada

Entraves à la promotion, heures supplémentaires refusées, pressions pour travailler plus que leurs collègues, commentaires désobligeants : plusieurs fonctionnaires décrivent une culture « persistante » de racisme anti-Noirs dans le service public, soulignée dans une enquête externe révélée dans les médias la semaine dernière.

Glendon Thomas raconte s'être vu interdire l'entrée dans une prison de Toronto le premier jour de son emploi d'agent correctionnel. Il rapporte qu'à l'époque en 2004, le personnel ne croyait pas que lui, un homme noir avec des tresses travaillait là-bas et il s'est fait demander s'il était un détenu.

C'était la première étape pour me briser, affirme Glendon Thomas à CBC News.

Les efforts qu'il dit avoir accomplis par la suite pour se conformer aux attentes du service correctionnel l'ont mené à se couper les cheveux et à postuler à chaque possibilité de gravir les échelons. Malgré une promotion au grade de sergent et instructeur au Centre de détention du Sud de Toronto et l'embauche de plusieurs personnes racisées au fil du temps, M. Thomas affirme que le racisme systémique ne s'est pas amélioré au sein de la prison.

L'intérieur du Centre de détention avec des tables et un escalier qui monte vers un étage de cellules.

Le Centre de détention du Sud de Toronto.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Il ajoute que les décideurs restent blancs, tandis que les officiers noirs ont été exclus de dizaines de chances d'avancement, privés d'heures supplémentaires et contraints de travailler plus que leurs collègues blancs.

Selon lui, sa plainte auprès d'un tribunal des droits de la personne déposée l'an dernier après avoir exprimé son point de vue auprès de ses supérieurs et du syndicat lui a valu d'être qualifié de fauteur de troubles. Depuis février, il est suspendu de ses fonctions, en attendant les résultats d'une enquête.

La raison officielle invoquée est l'utilisation d'une force excessive contre un détenu, mais Glendon Thomas affirme qu'il a utilisé une manœuvre de retenue seulement après que le détenu l'ait frappé à la tête avec une télécommande de télévision - une action qui était nécessaire pour se protéger et protéger les autres. Personne n'a été blessé.

Il pense être plutôt puni pour avoir dénoncé le racisme.

J'en ai marre de travailler dur et de tant donner à cette institution, pour ce ministère, et d'être toujours traité comme un être humain de seconde classe, soutient-il.

Même si ça me tue, je ne vais pas arrêter de parler parce que ce n'est pas comme ça que j'étais censé vivre ma vie.

Une citation de :Glendon Thomas, employé du système correctionnel ontarien

Les excuses de la direction de la fonction publique insuffisantes

Ce témoignage fait écho à un rapport de la société de conseil Employment Matters Consulting dévoilé le 7 juin, qui met en lumière une culture de la peur développée par les gestionnaires et collègues blancs à l'encontre des employés noirs, ainsi qu'un harcèlement et une discrimination persistants et inébranlables.

Le document souligne un écart important entre ce que la fonction publique de l'Ontario (FPO) prétend valoriser - l'équité, la diversité et l'inclusion - et les réalités de ses employés noirs.

Cette enquête a mené à des excuses présentées par le secrétaire du Conseil des ministres de l’Ontario, Steven Davidson.

C'est insuffisant, selon M. Thomas, qui dit que ces excuses du chef de la fonction publique ne tiennent personne responsable en particulier et n'offrent aucun engagement à apporter un changement radical.

Quatre autres témoignages

Quatre employés du ministère du Procureur général décrivent sous couvert d'anonymat à CBC News le lieu de travail comme toxique, où le népotisme, le copinage et le racisme dictent les avancements de carrière.

Au total, ils ont postulé à des dizaines de postes de superviseurs et d'avancements au cours des dernières années, mais n'ont jamais réussi. Dans presque tous les cas, les employés blancs avec beaucoup moins d'expérience ont reçu les postes et les employés noirs, qui ont été jugés inaptes pour l'emploi, ont reçu pour directive de les former.

L'un des employés affirme qu'il a été davantage microgéré que ses collègues, qu'il n'a pas eu le droit à des pauses de 15 minutes en dehors de l'heure du déjeuner et qu'il s'est vu refuser une formation faisant partie intégrante de son travail.

Un autre indique qu'il doit se battre pour obtenir tout temps libre et, dans les heures qui ont suivi un décès tragique dans la famille, son superviseur lui a dit de revenir travailler après le déjeuner. Lorsqu'il se déclare malade, il risque de ne pas obtenir de quarts de travail dans l'horaire suivant.

Ni Steven Davidson, qui quitte le poste ce mois-ci, ni sa remplaçante Michelle DiEmanuele n'étaient disponibles pour une entrevue.

Un plan d'action et des formations contre le racisme dans la fonction publique

Mais un porte-parole provincial a indiqué que davantage sera fait.

Les cadres supérieurs reconnaissent que des excuses sont une étape importante et que d'autres mesures sont nécessaires , affirme Kyle Richardson dans un communiqué au nom du Secrétariat du Conseil du Trésor, de la Direction de la lutte contre le racisme, du ministère du Solliciteur général, du ministère du Procureur général et du bureau du Cabinet.

Le secrétaire du Cabinet et les sous-ministres savent également qu'en vertu des postes qu'ils occupent, ils doivent user de leur autorité individuelle et collective pour opérer un changement culturel et systémique durable dans la FPO.

Une citation de :Porte-parole du gouvernement

D'ici l'année prochaine, tous les employés de la FPO devront suivre un cours de formation en ligne sur le racisme anti-Noirs, précise M. Richardson. Et tous les ministères doivent se concentrer sur le renforcement des compétences et capacités en matière de lutte contre le racisme, diversifier le réseau de talents et se tenir garants d'un lieu de travail inclusif.

Le porte-parole indique que le ministère du Procureur général reconnaît que les employés noirs, autochtones et les autres personnes racisées sont confrontés à des expériences continues de racisme .

Le ministère a récemment embauché un responsable de la lutte contre le racisme, élaboré un plan d'action et continue de prendre des mesures pour lutter contre le racisme systémique sur le lieu de travail , dit-il.

Avec les informations de CBC News

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