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Québec investit 100 M$ dans la lutte contre l'exploitation sexuelle des mineurs

La ministre Geneviève Guilbault s'adresse aux médias.

Le gouvernement du Québec consacrera 100 millions de dollars de plus pour contrer et prévenir l'exploitation sexuelle des enfants.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, et son collègue de la Justice, Simon Jolin-Barrette, annoncent l'octroi de près de 100 millions de dollars sur cinq ans pour lutter contre l’exploitation sexuelle des mineurs, dont 80 millions destinés au renforcement de la lutte intégrée contre le proxénétisme.

Selon la ministre Guilbault, qui rencontrait mardi matin les médias au quartier général de la Sûreté du Québec, à Montréal, cet argent sera réparti pour financer trois initiatives destinées à pousser plus loin les efforts des forces policières et judiciaires pour protéger les enfants du Québec des proxénètes et des abuseurs.

Pour commencer, 80 millions de dollars seront consacrés au renforcement de l'Équipe intégrée de lutte contre le proxénétisme (EILP), dont les effectifs passeront à une centaine de personnes, dont des techniciens, des policiers et des enquêteurs spécialisés.

Cet argent permettra également de former deux équipes relais, une à Québec et l'autre à Gatineau, pour prêter main-forte à l'EILP qui est actuellement basée à Montréal.

En plus de s'attaquer aux proxénètes, Québec compte augmenter la pression sur les clients qui consomment de la prostitution juvénile en ajoutant à son arsenal une équipe d'enquête spécialement consacrée à la traque des clients abuseurs d'enfants.

Les réseaux de proxénétisme se développent et s'ils font de l'argent, c'est parce qu'il y a des clients, il y a une demande. Donc, il faut pouvoir s'attaquer aux clients abuseurs aussi.

Une citation de :Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique du Québec

Mise sur pieds en 2017, l'EILP est coordonnée par la Sûreté du Québec en collaboration avec les autres corps policiers de la province.

Prostitution et pornographie juvénile

Parallèlement aux réseaux de proxénétisme, Québec compte également s'attaquer à la prostitution juvénile en consacrant 12,6 millions de dollars à la création de l'Équipe intégrée de lutte contre la prostitution juvénile (EILPJ).

Cette nouvelle équipe sera composée de 17 personnes spécialement formées à la lutte contre la pornographie juvénile et la cyberprédation sexuelle.

C'est la première fois au Québec qu'on va avoir une équipe intégrée exclusivement dédiée aux enquêtes virtuelles avec des spécialistes de la cybersurveillance qui vont entièrement se consacrer à détecter la distribution et la production de pornographie juvénile en ligne.

Une citation de :Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique du Québec

Pour la ministre Guilbault, il est urgent d'agir de ce côté, car la pornographie juvénile et la cyberprédation sont des phénomènes qui se sont aggravés pendant les mois de confinement où de nombreux adolescents se sont retrouvés à passer des journées entières devant un écran, à naviguer sur Internet ou sur les réseaux sociaux.

Nos enfants sont sur Internet de plus en plus tôt […] Et il y a beaucoup de prédation sexuelle, de publicités sexuelles, d’exploitation sexuelle, de leurre d’enfants, de distribution d’images intimes […] pour nous, c’est une évidence qu’il fallait agir là-dessus, a expliqué la ministre Guilbault, qui est elle-même mère de famille.

Cette nouvelle équipe sera composée de membres de la Sûreté du Québec, mais également des corps policiers de Montréal, Québec, Laval et Gatineau.

Plus de ressources judiciaires

Dans la mesure où il augmente la répression contre l'exploitation sexuelle, le gouvernement du Québec doit également être en mesure de traduire en justice et de punir adéquatement les coupables.

Pour ce faire, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) recevra une enveloppe de 8,1 millions de dollars sur cinq ans pour créer une équipe spéciale spécifiquement attitrée aux dossiers d’exploitation sexuelle.

Au moins neuf procureurs et un technicien juridique seront embauchés pour s'acquitter de cette tâche. Ils seront en poste dans les districts judiciaires de Montréal, Longueuil, Laval, Québec et de Gatineau.

Ces nouvelles ressources auront notamment le mandat de conseiller et de former les policiers ainsi que les équipes spécialisées pour s’assurer que les pratiques soient les mêmes partout au Québec et que l’information circule, a expliqué le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette.

Cet effort de 100 millions de dollars du gouvernement Legault pour lutter contre l'exploitation sexuelle des enfants s'inscrit dans la foulée du rapport de la Commission sur l’exploitation sexuelle des mineurs déposé en décembre dernier et dans lequel on proposait 58 recommandations pour lutter contre ce fléau.

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