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Des médecins s'unissent pour éviter un quatrième confinement

Ils pressent le gouvernement Legault d'utiliser des moyens jusqu'ici mis de côté, comme les tests rapides, pour contrer une éventuelle quatrième vague à l'automne.

Des clients sont assis à la terrasse d'un restaurant de Montréal.

Un groupe de médecins, d'épidémiologistes et d'experts en santé publique appelle à la plus grande vigilance malgré le déconfinement.

Photo : Radio-Canada / Olivier Lefebvre

Un groupe de médecins, d'épidémiologistes et d'experts en santé publique rappellent que le Québec n'est pas à l'abri d'une quatrième vague de coronavirus. Pour la contrer sans reconfiner, ils estiment que le gouvernement Legault pourrait en faire davantage, et maintenant.

Le Dr en santé publique Carl-Étienne Juneau, appuyé par une vingtaine de signataires, a pris la plume ce mardi afin de demander à l'État québécois de faire preuve de plus de proactivité dans sa lutte contre la quatrième vague de la pandémie.

Bien que le Dr Horacio Arruda jugeait cette recrudescence possible mais peu probable au Québec, lors d'un point de presse le mois dernier, ces experts sont d'avis qu'il ne faut pas sous-estimer la transmission des variants. Même les pays les plus vaccinés au monde ne sont pas à l’abri de nouvelles vagues de COVID-19, écrit le Dr Juneau, prenant pour exemple l'Angleterre, notamment.

Dans ce pays, où plus de la moitié (57 %) de la population a reçu deux doses de vaccin, le variant Delta continue d'alimenter la transmission, forçant même le premier ministre Boris Johnson à ralentir son plan de déconfinement.

S'il convient que les vaccins limitent les formes graves de la maladie, le groupe d'experts constate qu'ils n'empêchent pas la contamination à 100 %. Les résultats préliminaires d’études scientifiques [...] suggèrent que les vaccins seraient moins efficaces contre certains variants.

Un gros plan d'une main tenant une seringue et une dose de vaccin contre la COVID-19.

Les vaccins sont efficaces pour contrer les complications de la COVID-19, mais tant que deux doses n'ont pas été administrées à 75 % de la population, la contamination demeure probable.

Photo : Radio-Canada

Moyens peu utilisés

En tenant pour acquis que la transmission est possible même avec une bonne campagne de vaccination, le Dr Juneau demande au gouvernement de prendre des moyens efficaces, mais surtout moins contraignants qu'un confinement.

Il faut éviter d'être pris au dépourvu et de revenir avec les mêmes interventions qu'on a depuis un an. Alors qu'on en a d'autres qui seraient moins coûteuses et moins difficiles à supporter, a-t-il affirmé en entrevue à Radio-Canada, en faisant référence aux stratégies sévères de la dernière année.

C'est pas certain [qu'il y aura une quatrième vague], mais si ça arrive, il faut vraiment être prêts.

Une citation de :Carl-Étienne Juneau, Dr en santé publique

S'il a bon espoir que les Québécois pourront passer un bel été, Carl-Étienne Juneau rappelle que la deuxième vague a frappé dès la rentrée d'automne en 2020. La courbe actuelle de contagion est en chute libre, comme au printemps dernier. Il est probable qu'il y ait un effet saisonnier au Québec, dit-il. Raison de plus pour appliquer les leçons tirées de la deuxième vague.

Le groupe d'experts invite la population à signer une pétition (Nouvelle fenêtre) réclamant l'utilisation des tests rapides en certaines circonstances, le criblage des variants dans toutes les régions de la province et une meilleure ventilation des écoles ainsi que des lieux de travail.

Moyens préconisés par les signataires

  • Mieux contrôler les entrées aux frontières (y compris celles avec les provinces canadiennes, en particulier quand les cas remontent).
  • Dépister les cas et isoler leurs contacts plus rapidement.
  • Permettre aux laboratoires régionaux de cribler les variants.
  • Faciliter l’accès aux tests de dépistage rapides antigéniques (en Slovaquie, ces tests ont permis de réduire la transmission de 70 %).
  • Appuyer les quartiers défavorisés les plus touchés.
  • Mieux ventiler nos écoles et nos lieux de travail.

Ne pas brûler d'étapes

Les auteurs de la lettre ouverte diffusée mardi souhaitent également demander au gouvernement de maintenir une approche graduelle dans son déconfinement.

Lundi, le premier ministre François Legault disait mettre une certaine pression sur la santé publique pour obtenir davantage de spectateurs au Centre Bell, mais aussi dans d'autres salles de divertissement par souci d'équité.

Les bars ont quant à eux obtenu la permission de servir de l'alcool jusqu'à minuit et de fermer à 2 h, un peu plus tard qu'initialement prévu dans les mesures de déconfinement du gouvernement québécois.

Le Québec et l'Ontario ont finalement convenu de rouvrir leur frontière commune cette semaine.

Des éprouvettes de dépistage de la COVID-19 dans un laboratoire.

Le variant Delta n'est pas criblé systématiquement au Québec, selon la professeure Maude Laberge.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Maude Laberge, professeure à l'Université Laval et chercheuse en santé des populations, appelle à ne pas brûler d'étapes. On pourrait voir une recrudescence [du virus] si on fait un déconfinement trop rapide, a averti Mme Laberge dans une entrevue accordée à l'émission Première heure, de Radio-Canada, mardi matin.

L'experte souligne que le variant Delta, bien présent en Ontario, n'est pas séquencé au Québec. En ouvrant les frontières avec nos voisins, elle croit donc que le Québec s'expose à un risque de le voir se propager.

Bars et espaces fermés

Elle s'inquiète tout autant d'un laisser-aller dans les bars et autres espaces clos puisqu'une grande majorité de Québécois fréquentant ces lieux n'ont pas encore reçu leur deuxième dose. Elle y voit donc un risque d'éclosions accru, même en période estivale.

Des propos semblables ont aussi été tenus par Carl-Étienne Juneau. Je pense que le gouvernement veut se montrer rassurant, a-t-il noté sans être contre la stratégie. Si on veut en profiter, c'est maintenant, parce que ce ne sera peut-être plus le temps cet automne ou cet hiver.

Mais [il faut] peut-être y aller plus graduellement si on veut être prudent, a par la suite précisé le Dr Juneau. C'est très délicat. Il faut d'un côté prévenir la transmission, mais de l'autre côté, il y a des coûts à faire ça. Il faut continuer de vivre, conserver une qualité de vie et un bien-être.

Dans tous les cas, les experts invitent la population à se faire vacciner et à devancer leur deuxième dose, la vaccination étant toujours considérée comme le meilleur moyen de freiner la pandémie.

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