•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Télétravail : la Chambre de commerce invitée à se mêler de ses affaires

Le complexe G et une vue sur Québec.

Près de 4000 fonctionnaires travaillent dans l'édifice Marie-Guyart en temps normal.

Photo : Radio-Canada / André-Pier Bérubé

Les syndicats de la fonction publique n'ont pas aimé voir le président de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec s'immiscer dans le plan de retour au bureau des employés de l'État. Ils invitent gentiment Steeve Lavoie à se mêler de ses affaires.

Radio-Canada rapportait lundi le contenu d'une lettre ouverte signée par le dirigeant de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec. Steeve Lavoie demandait un plan rapide des gouvernements provincial et fédéral afin de ramener des travailleurs de la fonction publique dans les tours de bureaux, notamment pour dynamiser les artères commerciales.

La sortie n'a pas été particulièrement bien accueillie au Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), qui en a pris connaissance dans les médias.

On ne comprend pas pourquoi la chambre de commerce veut s'immiscer dans les conditions de travail de nos membres, a affirmé mardi Caroline Bouffard, présidente régionale du syndicat représentant les fonctionnaires provinciaux de la région de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches.

Steeve Lavoie accorde une entrevue à l'extérieur, sur la Grande Allée, à Québec, lors d'une journée de printemps ensoleillée.

Steeve Lavoie invite le gouvernement Legault à jouer un rôle de leader en ramenant le plus grand nombre possible de fonctionnaires en travail présentiel.

Photo : Radio-Canada

Mme Bouffard considère qu'il est impossible de ramener les dizaines de milliers de travailleurs de la fonction publique sur leurs lieux de travail du jour au lendemain. Ça doit se faire de façon ordonnée. On ne veut pas que ça fasse trop rapidement, a-t-elle affirmé en entrevue téléphonique.

Elle rappelle que, seulement pour l'édifice Marie-Guyart (complexe G), 4000 employés y circulent quotidiennement en temps normal. Elle doute de la possibilité, sans un plan précis et détaillé, de ramener tout le monde au bureau. On ne peut pas pousser les gens à retourner rapidement sur les lieux de travail, dit-elle.

Le syndicat mentionne que des étages complets d'immeubles de bureaux n'ont pas été occupés depuis 15 mois et qu'il faut penser à ramener le matériel qui se trouve dans les chaumières.

D'autres moyens

Sur l'argument que les travailleurs de la fonction publique, nombreux à Québec, pourraient contribuer à la santé économique des commerçants, le SFPQ n'est pas insensible. De faire revivre les centres-villes, on ne peut pas être contre la vertu, convient Caroline Bouffard.

Mais il y a selon elle d'autres moyens que de précipiter un retour au travail physiquement pour les employés de l'État. À son avis, il faudra attendre le plan gouvernemental, lequel est attendu quelque part à la fin de l'été, probablement au mois d'août.

On ne sait pas comment ça va s'orienter. On ne sait pas c'est quoi la politique-cadre du gouvernement. [...] Est-ce que ça va se faire sur deux ou trois jours? On ne sait pas, résume-t-elle.

Sur le souhait de Steeve Lavoie de voir le gouvernement rendre la politique-cadre publique, le SFPQ y voit à nouveau une ingérence. De rendre publique la politique de télétravail, ce n'est pas pour la population, réplique la représentante syndicale.

Line Lamarre accorde une entrevue en visioconférence dans son bureau.

La présidente du SPGQ, Line Lamarre

Photo : Radio-Canada

Volonté claire

Au Syndicat des professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), on rappelle que la volonté des employés est claire pour la suite des choses.

Nous avons sondé nos membres et 94 % d’entre eux souhaitent poursuivre le télétravail au moins 60 % du temps. Leur refuser cette flexibilité, c’est courir le risque de les voir aller travailler ailleurs, a indiqué la présidente, Line Lamarre.

Les syndicats ne se mêlent pas de la manière dont les commerçants gèrent leur entreprise, alors la Chambre de commerce et d’industrie de Québec n’a pas à se mêler des conditions de travail de nos membres.

Une citation de :Line Lamarre, présidente, Syndicat des professionnelles et professionnels du gouvernement

Comme le SFPQ, Mme Lamarre dit ne pas être insensible au sort des commerçants, mais elle ne croit pas qu'il faille mettre de la pression sur les fonctionnaires.

Nous sommes sensibles à la situation des commerçants, mais il faut cesser de voir les travailleurs de l’État uniquement comme des consommateurs et la responsabilité de sauver des commerces ne devrait en aucun cas reposer sur leurs épaules, a-t-elle plaidé.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !