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Démissions dans l'armée : pas de tolérance pour l'inconduite, martèle Trudeau

Justin Trudeau.

Le premier ministre Justin Trudeau a dû répondre à des questions sur la série de démissions qui secouent les Forces armées canadiennes.

Photo : Associated Press / Francisco Seco

Radio-Canada

Pas question de tolérer des comportements « malsains » au sein des institutions canadiennes, y compris dans l'armée, a réitéré le premier ministre Justin Trudeau. Celui-ci participe à un sommet à Bruxelles, après la réunion des pays du G7, au Royaume-Uni, la fin de semaine dernière, mais la politique canadienne a rapidement rattrapé le chef du gouvernement.

Taraudé par les journalistes à propos de la série de démissions et d'enquêtes pour comportements déplacés, voire des allégations de harcèlement ou d'inconduite sexuelle, le premier ministre a estimé que ce que nous voyons en ce moment dans nos forces armées, mais aussi dans des institutions à travers le Canada et même à travers le monde, c'est qu'il n'est plus possible de tolérer des institutions qui maintiennent des environnements malsains.

Le premier ministre a aussi rappelé la nomination en avril, par son gouvernement, de l'ancienne juge de la Cour suprême Louise Arbour pour réaliser un « examen indépendant » du traitement par l'armée des agressions sexuelles, du harcèlement et d'autres inconduites.

Parallèlement, la Défense a été un peu plus fragilisée lundi avec la démission du lieutenant-général Mike Rouleau, le no 2 de l'armée, après avoir disputé une partie de golf en compagnie de Jonathan Vance, l'ancien commandant en chef des Forces armées canadiennes.

L'ancien poste de M. Rouleau lui donnait l'autorité de donner des ordres à la plus haute autorité policière de l'armée. Ce sont ces mêmes autorités militaires qui mènent actuellement une enquête sur M. Vance. Il y a donc apparence de conflit d'intérêts, ce qu'a reconnu M. Rouleau.

Le vice-amiral Craig Baines était lui aussi présent lors de cette ronde de golf.

Bien qu'il reconnaisse sa responsabilité, M. Rouleau se défend d'avoir commis un acte répréhensible et il assure que toute la controverse provient d'une perception erronée d'une possibilité de conflit d'intérêts.

Il s’agissait d’une activité privée, et je peux assurer tous les membres des FAC [Forces armées canadiennes] qu’aucun d’entre nous n’a discuté de questions relatives aux enquêtes en cours de la PM [police militaire], ni des FAC ou du MDN [ministère de la Défense nationale] en général, explique-t-il dans sa lettre de démission.

Plus tôt ce mois-ci, un rapport sur le système de justice militaire recommandait que les autorités policières militaires soient placées sous contrôle du ministère de la Défense, plutôt que du chef d'état-major.

Nombreuses enquêtes

M. Rouleau est le cinquième haut gradé de l'armée à démissionner ou à se voir retirer ses fonctions en lien avec des gestes ou des comportements inappropriés.

L'un de ces hauts gradés, le major-général Dany Fortin, a annoncé lundi qu'il contestait son limogeage de la campagne de vaccination nationale. Il était auparavant responsable de l'aspect logistique de cette vaste démarche, auprès de l'Agence de santé publique du Canada.

M. Fortin est lui aussi sous le coup d'une enquête militaire pour une inconduite sexuelle alléguée.

Outre MM. Fortin, Vance et Rouleau, le vice-amiral Haydn Edmunson a été placé en congé payé pour une durée indéterminée à la fin mars; il est soupçonné d'avoir commis un viol il y a plusieurs dizaines d'années.

Enfin, l'amiral Art McDonald, qui venait tout juste de prendre le relais de Jonathan Vance à la tête des Forces armées, a quitté temporairement son poste, le temps que soit menée une enquête liée à une allégation d'inconduite sexuelle.

Critiques de l'opposition

Autant le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) que celui du Parti conservateur accusent le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, et le premier ministre Trudeau de ne pas prendre la situation au sérieux et de ne pas faire preuve de leadership dans ce dossier.

Aux yeux d'Erin O'Toole, le ministre Sajjan fait partie d'une opération de dissimulation d'allégations de harcèlement sexuel pendant trois ans – date à partir de laquelle les comportements allégués de M. Vance auraient été signalés aux autorités.

Quant à Jagmeet Singh, il estime que les deux hommes ont laissé s'empoussiérer un rapport de 2015 évoquant un système de justice militaire indépendant.

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